Le Boudoir Littéraire et thèâtral  la plume et l'encrier

Civilisation Maya

 

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Mayas, Aztèques :

les peuples du Soleil

Malheur aux vaincus ! Mayas et Aztèques ont chèrement payé leur – mauvaise – rencontre avec les conquistadors. Les Indiens, médusés par la cupidité des hommes venus de l’Océan, se laissent décimer par les armes ou les maladies importées. Pire, ils sont ignorés : l’envahisseur passe à côté de leurs richesses culturelles sans même les soupçonner. Les Mayas mettent-ils au point une écriture hiéroglyphique ? Elle n’a pas encore été entièrement déchiffrée. Les Aztèques bâtissent-ils dans la vallée de Mexico l’immense cité de Tenochtitlán sur le modèle de Teotihuacán, « le lieu où les dieux sont nés » ? Il faudra attendre des lustres avant que l’on s’y intéresse vraiment.

Oui, vraiment, malheur aux vaincus ! Elles ont pourtant tant à nous apprendre : une société où du Guatemala au Honduras actuels, les Mayas travaillaient avec brio la céramique, ou peaufinaient une arithmétique élaborée ; où les connaissances des savants aztèques en astronomie auraient sans nul doute impressionné Galilée.

Histoire de la civilisation Maya

En traversant les contrées d’Amérique centrale, les conquistadores espagnols sont passés à proximité des plus grands centres mayas sans en soupçonner l’existence. L’Empire aztèque était alors à son apogée, et la civilisation maya en pleine décadence, ses grandes citées ayant été abandonnées cinq siècles auparavant.

Reconstituer l’histoire des Mayas est une quête difficile, car les manuscrits hiéroglyphiques ont quasiment tous été détruits par les prêtres espagnols au XVIème siècle. Seuls quatre codex ont traversé les âges. L’étude de la civilisation maya a pu se faire grâce aux fouilles d’une centaine de sites archéologiques dégagés de la végétation tropicale et par l’observation ethnologique des populations actuelles telles que les Lacandons qui ont su préserver d’anciennes coutumes.

 

Géographie et carte du territoire Maya

Le territoire Maya (400 000 km2) s’étend sur les états actuels du Guatemala, du Belize, une partie du Mexique (états du Yucatan, du Campèche, du Quintana Roo et du Chiapas), une partie du Salvador et du Honduras.

Classiquement, il se subdivise en trois grandes régions :

- les Hautes Terres : au relief montagneux et climat tempéré, elles joueront un rôle prépondérant au Pré-classique,

- les Basses Terres du Sud : recouvertes d’une forêt tropicale dense et humide, elles seront le cœur de la civilisation Classique,

- les Basses Terres du Nord : dépourvues de cours d’eau, recouvertes d’une végétation éparse et au climat sec, elles connaîtront leur apogée au Postclassique.

 

Les 3 grandes périodes de la civilisation Maya

L’histoire de la civilisation maya est classiquement découpée en trois grandes périodes :

- Pré-classique de -600 à +300 : la formation (Kaminaljuyù, Uaxactùn, Izapa, …),

- Classique de 300 à 900 : l’apogée (Copán, Tikal, Palenque, Uxmal, Bonampak, …),

- Postclassique de 900 à 1500 : le déclin (Chichen Itza, Tulum, Mayapán, …).

Les premiers peuplements mayas connus se situent dans l’actuel Belize vers 1000 av.J.C. Entre 600 et 500 av ;J.C., ils s’installent dans une région comprise entre le Mexique et le Guatemala. C’est là, dans cette région à la végétation dévorante, où tout semblait hostile à l’homme que vont surgir les plus belles cités : Tikal et Palenque qui connaissent leur apogée entre 300 et 900.

Mais ce défi à la nature devait avoir une fin au IXème siècle lorsque les grand centres sont abandonnés pour le Yucatan et les cités de Chichen Itza et Uxmal. Plusieurs causes ont été évoquées pour expliquer cette migration : changement climatique, guerres intestines, épuisement du sol, lassitude des paysans à lutter contre l’emprise de la forêt.

A la fin du Xème siècle, les vestiges de la civilisation maya sont largement fécondés par l’apport culturel des Toltèques récemment arrivés.

Vers la fin du XIIème siècle, des querelles intestines entraînent la décadence de Chichen Itza. La dernière cité maya indépendante tombera aux mains des espagnols en 1697.

Influence des civilisations voisines

Avant de disparaître, la civilisation olmèque influença les autres civilisations mésoaméricaines : les Zapotèques de Monte Alban, la civilisation de Teotihuacan, les Toltèques de Tula et finalement les Aztèques.

Les mayas empruntèrent aux Olmèques le calendrier long, l’écriture avec des glyphes et les principes de base de leur religion. Ils furent également influencés par Teotihuacan qui contrôla les hautes terres du Mexique du Ier au VIIème siècles.

Après un âge d’or de près de cinq siècles (300 à 900), la civilisation maya déclina avant d’être fécondée par l’arrivée les Toltèques, chassés de Tula vers la fin du Xème siècle.

Organisation sociale et politique des Mayas

Pas de pouvoir politique centralisé chez les mayas, ils étaient organisés en états-cités autonomes collaborant souvent, s’entre-combattant parfois. Au centre de la cité, les temples, monastères, observatoires astronomiques et palais sont organisés autour de vastes places. Les habitations individuelles sont éparpillées dans les faubourgs. Les plus grandes villes regroupent 200 000 à 300 000 personnes.

L’organisation politique est de type « monarchie héréditaire » : la cité est gouvernée par le halac vinic qui dispose des pouvoirs religieux, militaires et civils.

Il choisit, au sein d’une classe aristocratique héréditaire, les batabs (chefs locaux, responsables de bourgs ou de villages) chargés de percevoir les redevances et de veiller à l’exécution des ordres (prescriptions d’écobuage, par exemple). Les batabs et leurs proches forment la couche supérieure de la société : la noblesse.

Le clergé constitue également une classe nombreuse. Les prêtres (Ah Kin) se succèdent de père en fils. Leur responsabilité couvre de nombreux domaines : écriture, chronologie, almanach sacré, médecine, organisation des cérémonies, éducation des futurs prêtres …

La classe des prêtres et des nobles est chargé de pourvoir à la nourriture quotidienne des divinités soit par l’auto-sacrifice, soit par la fourniture de victimes humaines, essentiellement des prisonniers de guerre.

La guerre possède donc une fonction sociale précise : l’approvisionnement en victimes pour les sacrifices.

En bas de l’échelle, le peuple est chargé de pourvoir aux besoins des classes non productives : alimentation, habillement, main d’œuvre pour les travaux publics. Pour cela, ils ne disposent que d’outils en pierre ou en bois ; ils ne connaissent ni le métal, ni la traction animale, ni la roue.

Les esclaves (délinquants de droit commun, prisonniers) constituent une classe à part. C’est souvent parmi eux qu’on cherche les victimes sacrificielles.

Le maïs, source de vie pour la civilisation Maya

Le maïs était cultivé selon le système du milpa (écobuage) : en avril, la végétation desséchée est brûlée ; en mai, avec l’arrivée des pluies, les paysans divisent leur champ en quatre parcelles et y répartissent les graines de maïs pour obtenir quatre récoltes en août, octobre, décembre et mars.

Quinze hectares et une cinquantaine de jours de travail sont nécessaires au paysan maya pour nourrir sa famille (10 personnes) pendant un an ; le reste du temps est consacré à entretenir les prêtres et les guerriers déchargés de travaux manuels.

Les Mayas et la religion : les dieux Mayas

Itzamna 

Itzamna , fils de Hunab, dieu du ciel, de la nuit et du jour a donné aux hommes l’écriture et le calendrier.

Il est représenté sous les traits d’un vieillard aux joues creuses, au nez busqué et proéminent.

Chac 

Chac , dieu de la pluie, du vent, du tonnerre et de la foudre, et par extension de la fertiilté et de l’agriculture.

Il est représenté avec une longue trompe et deux défenses se recourbant en bas de sa bouche .

Yumtaax 

Yumtaax , dieu du maïs et de l’agriculture.

Il est représenté comme un jeune homme avec la tête ornée d’un épis de maïs.

Ah Puch

 dieu de la mort.

Représenté par un squelette ou un cadavre boursouflé , il est souvent associé à Ah Katun, le dieu de la guerre.

Ek Chuah ,

dieu de la guerre.

Représenté avec un cercle noir autour de son oeil et sur sa joue, il est souvent accompagné du dieu de la mort Ah Puch.

Xaman Ek ,

dieu de l’étoile polaire,

guide et protecteur des marchands.

Il est représenté avec un nez retroussé et des inscriptions noires particulières sur la tête.

Buluc Chabtan ,

dieu de la mort soudaine

et du sacrifice

Ix Chel ,

déesse des inondations et des orages,

épouse d’Itzamna.

Elle est représentée par une vieille femme qui déverse sa fiole de méchanceté sur la terre.

Ix Tab ,

déesse du suicide.

Elle est représentée suspendu au ciel par une corde nouée autour de son cou.

Écriture, numération et calendrier Maya

Les Mayas sont le seul peuple du continent américain à avoir développé une écriture. Leurs livres, les codex, étaient faits de longues bandes de papier d’écorce pliées en accordéon et recouvertes d’une fine couche de chaux.

Les trente langues parlées de nos jours par les six millions de mayas dérivent de la même langue proto maya ancienne de 7000 ans !

Cette évolution implique que les mayas partagent probablement une très ancienne souche génétique commune. Cette situation est très différente de celle des peuples guerriers Aztèques et Incas qui envahirent leurs voisins et en absorbèrent les populations en imposant leurs langage, coutumes et religion.

Les Mayas ont créé une numération de base 20 adaptée au comptage du temps : 0, 20, 400, 8 000, 160 000, … (au lieu de 0, 10, 100, 1 000, … dans notre système décimal).

Ce système vicésimal était également utilisé par les Gaulois et les Basques. Pour les calculs, ils n’utilisent pas les glyphes, mais des signes très simples :  La coquille pour le zéro. Le point pour une unité. Le tiret pour cinq unités.

Les nombres de 0 à 19

Tout nombre supérieur à 20 s’écrit sur une colonne verticale en le décomposant en une somme de puissances de 20. Le 2ème étage est un multiple de 20, le 3ème étage est un multiple de 400 (20×20), le 4ème étage est un multiple de 8000 (20x20x20), …

Le calendrier Maya

Les Mayas suivent un cycle calendaire de 52 années, lui-même issu de deux cycles : le Haab et le Tzolkin, fonctionnant simultanément, mais indépendamment l’un de l’autre.

Dans le Tzolkin ou cercle sacré, 20 noms de jours (roue droite) se combinent avec 13 nombres (roue gauche) pour former une année de 260 jours aux dénominations précises (par exemple 2 Ik).

Le Haab (roue droite) se compose de 365 jours, 18 mois de 20 jours plus 5 jours néfastes ajoutés à la fin.

La date du 13 Ahau – 18 Cumku a deux noms qui se combinent ensemble : 13 Ahau (cycle Tzolkin) et 18 Cumku (cycle Haab). Du fait de la longueur différente des deux cycles, on ne retrouve cette combinaison que tous les 52 ans (le cycle calendaire).

Les points et traits indiquent les jours du mois et le glyphe donne le nom du mois.

Pour les périodes dépassant 52 années, ils utilisent un système différent appelé « Compte long » et des cycles de 5200 tuns (1 tun = 360 jours). Le cycle actuel, dans lequel est compris toute l’histoire des Mayas, a débuté le 13 août 3114 av.J.C. Le compte long se compose de baktuns (400 tuns), de katuns (20 tuns), de tuns (360 jours), de uinals (20 jours) et de kins (jours).

Une date en compte long s’écrit par exemple : 9.13.17.15.12 5 Eb 15 Mac pour 9 baktuns (9x400x360 jours), 13 katuns (13x20x360 jours), 17 tuns (17×360 jours), 15 uinals (15×20 jours) et 12 kins (12 jours), 5 eb (date de Tzolkin) 15 mac (date de Haab). Le 8.14.3.1.12 1 Eb 0 Yaxkin donne le 17 septembre 320 : 32ème jour (20+12) de la 3484ème année (8×400 + 14×20 + 3) de l’ère maya ; ce jour tombant le 1 eb dans le Tzolkin et le mois de Yaxkin étant installé dans le Haab de 365 jours ce jour là.

Les découvreurs des sites mayas

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Diego de Landa

 franciscain débarqué en 1535 et futur évêque du Yucatan, est le premier à décrire les cités en ruines dans sa Relation des choses du Yucatan découverte en 1864.

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Juán Galindo

quitte son Irlande natale pour l’Amérique à l’âge de seize ans ; devenu gouverneur du Petén, il découvre Copán en 1834.Né le 21 mars 1840 dans la ville de Cuacuila dans l'ancien district de Zacatlán,
au nord de l'État de Puebla.
Fils de Don Ignacio Galindo et Doña Maria Galindo, il a appris ses premières lettres à l'école primaire de Tétela de Ocampo, plus tard pour des raisons économiques il est venu vivre dans la ville de Huauchinango, Puebla et a effectué le travail d'un forgeron.
Il est censé rejoindre la milice au début de la guerre de 1847, contre l'invasion de l'armée nord-américaine, il faisait partie de la Compagnie de la Garde nationale de Huauchinango, section Cravioto, brigade Alatriste, commandée par Don Marcos Andrade, tous fidèles au président Benito Juárez.
Alors que Juárez faisait un pèlerinage à travers différentes parties du pays avec les archives de la nation, les forces fidèles à sa cause se battaient sans cesse, obtenant des victoires sporadiques.
Lors de la bataille de Puebla le 5 mai 1862, des gens de Huauchinango étaient présents, soulignant la figure du sous-sergent Juan Galindo, dont les mérites obtenus en campagne lui ont valu la distinction de sous-lieutenant supérieur, continuant à servir dans le Première compagnie du huitième bataillon de la garde nationale de Puebla, sous la direction de Don Herculano Calva.
En novembre 1864, nous le trouvions déjà avec le grade de lieutenant, dont il occupait le grade quand il reçut le quartier général de la compagnie mobile du bataillon Huauchinago, c'est alors qu'il prit une part active et directe à la célèbre bataille des pierres et le plaça parmi les républicains éminents de cette époque.
J'invoque 9 hommes déterminés, de valeur reconnue, de confiance absolue et de fidélité à la cause, dont les noms étaient: Jorge Váldez, Manuel Llorera, Melquíades García, Refugio Escobar, Fidencio Barragán, Gabino Vargas, Antonio Candia, Antonio Aldana et un autre homme du surnom de "les Cachetes"

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Après que la colonne de 100 zouaves français ait été distribuée le long de la route, dans une tactique intelligente, il a ordonné d'attaquer 2 clairons et 2 tambours, situés aux deux extrémités de la route, simulant que 2 forces ont attaqué par l'avant et l'arrière, et brisant les cordes des confinements construits, les pierres contenues roulèrent avec un accident mortel, entraînant les Zuavos et mettant fin à la société, et les quelques-uns qui ont réussi à se sauver sont venus à Huauchinango pour raconter la grandeur de l'armée qui les avait vaincus, dans le désormais connu comme "Epic of the Stones"


Il y avait 440 fusils, 15 canons et 600 baïonnettes, le reste était la désolation et la mort.
Le lieutenant Juan Galindo est promu colonel en 1870, le gouverneur Ignacio Romero lui décerne un diplôme pour avoir contribué à l'indépendance du Mexique et pour avoir participé au siège et à l'assaut de Puebla le 2 avril 1867. Le 3 juin 1870 Le général Francisco Cravioto lui a délivré un certificat attestant ses services éminents dans le pays.
En 1888, il se retire dans la vie privée où il empire en raison d'une maladie et le 17 janvier 1888, il décède, et sa dépouille est retrouvée au Panthéon municipal de Huauchinango.

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Jean-Frédéric Waldeck

(1766-1875)

découvre Palenque en 1832 ; alors âgé de 60 ans, il va passer toute l’année à dessiner les monuments de Palenque.

A sa mort, à 110 ans, il laisse une oeuvre abondante, en particulier 56 lithographies qui illustrent le texte de Brasseur de Bourbourg, Monuments anciens du Mexique.

Son livre publié 1838 Voyage pittoresque et archéologique dans la province du Yucatan pendant les années 1834 et 1836 est la première description des ruines, mais les images d'inspiration romantiques n'en sont pas très exactes. Le livre fait grande impression sur l'explorateur américain John Lloyd Stephens, qui est de 1839 à 1841 pionnier des recherches sur les Mayas modernes.

Waldeck publie jusqu'à dans sa 100e année de nombreuses lithographies de ses découvertes.

 

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John-Lloyd Stephens

(1805-1853),

diplomate américain, visite Copán, Quiiriguá, Palenque et Uxmal à la fin des années 1830 en compagnie de Frederick Catherwood , architecte anglais et fabuleux dessinateur. Les crayons et les pinceaux de Catherwood immortaliseront des pyramides dévorées par la forêt, des stèles montant une garde inquiétante silencieuse, des façades croulant sous des décors en mosaïque de pierres… Les Mayas sortent de l’ombre, reprennent vie, passionnent bientôt la communauté scientifique. On les trouve comme pétrifiés dans l’écrin de la forêt tropicale, endormis dans des siècles d’abandon.

 

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Alfred Maudslay

(1850-1931),

archéologue britannique et l’un des premiers européens à étudier les ruines Maya.

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Téobert Maler

(1842-1917),

archéologue allemand, complète l’oeuvre de Maudslay en réalisant des photos qui font encore référence de nos jours.

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Désiré Charnay

(1828-1915),

archéologue, photographe et écrivain, est l’un des grands explorateurs français du XIXème siècle. De ses voyages au Mexique entre 1857 et 1886, il ramènera de nombreuses photos et récits de voyage. Il est le premier à photographier les sites mayas en 1859.

Les principales fouilles seront conduites ensuite par la Carnegie Institution de Washnigton (1914-1958) et par l’Université de Pennsylvanie (1956-1970).

Les mayas d’aujourd’hui

Six millions de personnes parlent aujourd’hui l’une des 28 langues mayas réparties au sein de 9 grandes familles parmi lesquelles les Quichés (1 million) et Yucatèques (800 000) sont les plus nombreux alors que les Lacandons ne sont plus que quelques centaines.

Ce sont en grande majorité des paysans vivant dans des communautés villageoises et des hameaux ruraux, même si un nombre croissant d’entre eux va grossir les populations urbaines ou péri-urbaines. Ils s’expatrient aussi en quête de travail ou pour fuir les répressions (Floride, Californie, …).

Si on regarde une carte politique de la région on constatera que les méandres du Rio Usumacinta viennent rompre la rugueur du tracé orthogonal des limites entre le Mexique et le Guatemala. Une ligne droite nord-sud sépare le Belize et le Guatemala – ligne continue pour les Bélizéens et discontinue pour les Guatémaltèques qui n’ont jamais vraiment entériné la marchandage des Caraïbes entre Espagnols et Anglais.

Au Mexique, nation fédérée, la monotone péninsule du Yucatan est découpée en trois états comme un gateau d’anniversaire. La carte ne trompe pas : l’entité maya fut le cadet des souçi des colonisateurs. Plusieurs groupes mayas se sont vus ainsi morcelés : Mopan, Itza et Kekchi à cheval entre Belize et Guatemala, Chorti entre Guatemala et Honduras, Chuj, Tojolabal, Mam, Motozintlec et Jocaltec entre Mexique et Guatemala.

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Une stèle découverte au Guatemala

révèle les débuts de l'écriture maya

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Une stèle sculptée datant d'environ 2.000 ans, découverte au Guatemala, donne des indications sur la naissance de l'écriture dans la culture maya qui a dominé le sud du Mexique et une partie de l'Amérique centrale, a révélé mardi une équipe de chercheurs. La stèle, référencée sous le numéro 87, a été découverte en septembre 2018 sur le site archéologique Tak'alik Ab'aj, dans la commune d'El Asintal, à 125 km au sud-ouest de la capitale Guatemala. Elle date d'environ 100 avant J.C.

Les prémices de l'écriture Maya

« La grande importance de la stèle 87, c'est qu'elle est un exemple précoce du développement de l'écriture en Mésoamérique », a expliqué l'épigraphe allemand Nikolai Grube depuis Mexico, dans une vidéoconférence diffusée au Palais national de la culture, en présence du président guatémaltèque Alejandro Giammattei.

 

Même s'il n'a pas été possible d'arriver à une « lecture linguistique » des caractères, le chercheur a expliqué que la figure sur la stèle d'un dirigeant avec son nom et ses titres met en évidence « un texte maya précoce ». Tak'alik Ab'aj était une citée habitée par les Olmèques (1.500 avant J.C. - 100 après J.C) et par les Mayas (800 à 300 avant J.C). Les Olmèques ont ensuite disparu et les Mayas ont poursuivi leur développement culturel. L'archéologue guatémaltèque Christa Schieber, coordinatrice du site, estime que Tak'alik Ab'aj a joué un rôle de laboratoire pour des expériences d'écriture qui ont ensuite évolué.

En 2012, des archéologues guatémaltèques avaient annoncé la découverte, à Tak'alik Ab'aj, de la tombe d'un roi qui aurait pu favoriser la transition culturelle entre Olmèques et Mayas, entre 700 et 400 avant J.C. La civilisation maya a connu son apogée à l'époque dite classique (250-900 après J.C) en Mésoamérique, région qui comprend le sud du Mexique, le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Belize.

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L'écriture hiéroglyphique

Le système d'écriture maya est considéré par les archéologues comme le plus perfectionné des systèmes de la Méso-Amérique.

Les Mayas utilisaient 800 signes individuels ou glyphes, disposés deux par deux en colonnes se lisant de gauche à droite et de haut en bas. Les glyphes mayas représentaient des mots ou des syllabes se combinant pour désigner n'importe quel concept : un nombre, une période de temps, un membre de la royauté - par son nom ou son titre - un événement survenu au cours de la dynastie, un dieu, un scribe, un sculpteur, un objet, un édifice, une place ou un mets. Les inscriptions hiéroglyphiques étaient soit gravées dans la pierre ou le bois sur des monuments et des œuvres architecturales, soit peints sur du papier, des murs de plâtre ou des objets en céramique.

 

    
  • Des glyphes qui représentent, de gauche à droite, le ciel, un ahau (roi), une maison, un enfant et la ville de Palenque.

L'unité de base du système d'écriture maya est le cartouche de glyphes, qui équivaut aux mots ou aux phrases d'une langue moderne. Les cartouches pouvaient ne renfermer que trois ou quatre glyphes ou au contraire en comporter jusqu'à 50. Certains glyphes avaient aussi valeur de préfixe ou de suffixe. Le système n'était pas alphabétique.

L'écriture maya est difficile à interpréter pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, les glyphes ne représentent pas que des sons ou des concepts, ils sont parfois mixtes, ce qui en rend la lecture difficile. En outre, de nombreux glyphes peuvent avoir plus d'une signification, les concepts pouvant être transcrits de diverses manières. Les nombres, par exemple, peuvent être transcrits à l'aide de symboles numériques ou à l'aide de symboles graphiques représentant le dieu qui leur est associé, ou les deux à la fois. Certains glyphes, tout en illustrant un même concept, correspondent aussi à plus d'un symbole phonétique. Par exemple, le nom du chef de Palenque, Pacal, qui signifie littéralement «masque à main», apparaît parfois sous la forme d'un pictogramme représentant un masque à main, parfois sous forme de transcription phonétique en trois syllabes «pa-cal-la» et parfois des deux façons, picturale et phonétique.

Le décryptage des textes a été facilité grâce aux ordinateurs, aux techniques d'illustration et aux connaissances accumulées au cours d'un siècle de recherches scientifiques. Néanmoins, les hiéroglyphes mayas n'ont pu être entièrement déchiffrés : on ne peut que les interpréter, et non les lire. À ce jour, près de 85 pour 100 des hiéroglyphes ont été décryptés.

Chez les Mayas, l'écriture était un don sacré des dieux et la plupart des gens ne pouvaient lire. La connaissance de la lecture et de l'écriture était la chasse gardée d'une élite restreinte qui se croyait nantie du privilège d'entrer en communication directe avec les dieux et de servir d'intermédiaire entre ceux-ci et le petit peuple.


Détail de la cartouche des 96 glyphes, dans la tour du «Palais» à Palenque. On considère qu'il s'agit là des plus belles inscriptions taillées par les Mayas.

Dès les premiers temps de leur histoire, les Mayas ont utilisé l'écriture comme un instrument de propagande plutôt comme une façon de consigner avec force précision les événements historiques. Dans une société hiérarchique où l'élite combattait pour les postes de prestige et de pouvoir, l'écriture servait à renforcer la puissance militaire du chef et à légitimer sa descendance de la noblesse ancestrale et des forces divines. Les inscriptions sur les monuments de pierre avaient pour objet de peindre le chef sous le jour le plus favorable qui soit; elles relataient principalement des événements historiques, les mariages, les naissances, les campagnes militaires et les victoires ainsi que les faits et gestes des dirigeants et les activités de la dynastie.

Les glyphes étaient également peints sur des codex faits de peau de daim ou de pâte à papier blanchie provenant du figuier, recouverte d'une fine couche de plâtre et pliée en accordéon. Les inscriptions sur les codex étaient peintes par des scribes hautement qualifiés qui y consignaient les rituels, les chronologies et les événements importants

La plupart des codex ont été incendiés durant le XVIe siècle par les Espagnols qui tentaient de convertir les Mayas au christianisme. Ceux qui ont été épargnés constituent toutefois une source précieuse d'information sur les croyances religieuses des Mayas et leur cycle rituel, et ils renferment des données sur les dieux associés à chaque jour du calendrier maya et sur les tables d'astronomie décrivant les cycles de Vénus et d'autres corps célestes.

  • Dans une des reconstitutions montées pour le film IMAX, on voit un scribe de la période classique assis dans un temple à Yaxchilán en train d'utiliser une brosse faite de piquants de porc-épic pour consigner des données d'astronomie dans un codex.


 

Après l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle sont apparus nombre de dictionnaires, de glossaires et de livres de prière mayas. Ces recueils facilitent grandement l'analyse linguistique des hiéroglyphes. Les Mayas ont aussi appris à transcrire leur propre langue à l'aide de l'alphabet romain et leurs ouvrages plus récents ne sont plus écrits en hiéroglyphes mais transcrits phonétiquement en caractères latins.

Les quatre codex que nous connaissons portent exclusivement sur la religion et l'astronomie. Ils sont pour la plupart écrits en yucatèque de l'époque, une des 31 langues mayas. Les quatre codex préhispaniques sont les suivants :

  • Le codex de Dresde, comportant 78 pages, a probablement été rédigé à Chichén Itzá entre l'an 1200 et l'an 1250. Certains archéologues estiment qu'il pourrait avoir été écrit un demi-siècle plus tard, ailleurs au Yucatán. Il renferme des almanachs, comptabilisant les jours, des tables d'éclipse, des prédictions, de prophéties et un relevé des mouvements de la planète Vénus. Il mesure trois mètres et demi et il aurait été peint par au moins huit scribes.

     

  • Le codex de Madrid, appelé Codex Tro-Cortesianus, se compose de deux fragments. Il comprend 112 pages d'écrits religieux et de prédictions.

     

  • Le codex de Paris ou codex Peresianus, d'une longueur de 22 pages, renferme des prédictions et un calendrier.

     

  • Le codex Grolier est celui qui a été découvert le plus récemment; il a été pour la première fois présenté au public au Grolier Club de New York. Il semble qu'il ait été découvert dans une caisse en bois, dans une caverne du Chiapas. Il est en piètre état et ne contient que la moitié d'une table de 20 pages traitant des mouvements de la planète Vénus. Il est daté de 1230 apr. J.-C., ce qui en fait le plus ancien des codex connus d'avant la Conquête.

Parmi les autres ouvrages mayas importants, mentionnons les suivants :

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  • Le Popol Vuh est un grand récit épique relatant les événements sacrés et profanes jalonnant l'histoire du peuple maya quiché. Il a été rédigé en caractères latins par les chefs des Mayas Quichés de Chichicastenango entre 1554 et 1560.

La première mention faite du récit mythique du Popol Vuh (« Livre du Conseil » en Maya Quiché) remonterait aux années 1950. Il serait issu de la tradition orale, et aurait été copié au XVIIIème siècle par le père Francisco Ximenez, alors prêtre au Guatemala. Son parcours est compliqué et les différentes traductions qui en ont été faites en Français étaient jusque-là confuses.

La Popol Vuh retrace au travers de nombreux détours et allégories l’épopée des dieux et des hommes avant la création du monde tel que nous le connaissons. Si le récit est attribué aux Quichés, ses principes sont communs aux diverses populations Mayas de Mésoamérique – notamment en ce qui concerne les multiples créations du monde, de l’homme, ainsi que la philosophie du respect de l’environnement et des créatures qui le peuplent. Reconstitué minutieusement, ce récit permet une approche quasi indigène des croyances des Quichés. Ouvrage à la fois philosophique et mythique, il n’est pas toujours facile d’accès pour un public néophyte.

La première partie raconte les aventures des deux frères jumeaux Hunahpu et Ixbalanque, et leurs diverses victoires contre des créatures monstrueuses, grâce à leur ingéniosité.

La deuxième partie, se positionnant dans un temps antérieur, nous narre la descente à Xibalba de leur père et de son frère jumeau et comment ils sont vaincus par les seigneurs de l’inframonde, puis la naissance des jumeaux et comment ils descendent à leur tour dans Xibalba et leur victoire contre les Seigneurs de l’inframonde.

Enfin, les troisième et quatrième parties constituent le récit de la création des Hommes par les dieux, dont la chair et le sang sont faits de maïs, ainsi que des animaux et leur environnement, dans un jeu de pouvoir et défi perpétuel contre les dieux. Elles expliquent l’origine du peuple Quiché et des autres peuples du Guatemala. Pour les Mayas les dieux ne sont pas des bienfaiteurs désintéressés mais réclament adoration et sacrifices.

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  • Les Annales des Cakchiquels ont été d'abord traduites en anglais, puis en espagnol. Elles sont aussi connues sous le nom de Mémorial Solola et elles ont été rédigées en 1605 en langue cakchiquelle. Le contenu de ces annales est semblable à celui du Popol Vuh.

     

  • La Relation des choses du Yucatán a été rédigée par le père Diego de Landa, responsable de l'autodafé d'un grand nombre d'anciens textes, codex et documents mayas. Certains voient dans la rédaction de cette œuvre une explication de la colère destructrice de l'auteur, tandis que d'autres y voient un acte de repentir pour ce geste iconoclaste qui a réduit à néant une si vaste collection de documents historiques.

Il existe en outre 93 comptes rendus divers, portant sur l'histoire et la géographie, rédigés par les Mayas. On y traite tantôt de flore, de faune, de population ou de ruines, tantôt de coutumes, de traditions ou d'événements historiques.

Les hiéroglyphes mayas ont été répertoriés pour la première fois en 1962. Depuis 1980, beaucoup de progrès ont été réalisés dans le écryptage des nouveaux glyphes trouvés à Palenque, à Tikal et ailleurs. Ces travaux, qui se poursuivent, permettent d'espérer qu'un jour seront éclaircis nombre des mystères entourant les Mayas.


Plus de renseignements :
Ecritures précolombiennes : L'écriture maya

 

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