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livre et toujours les forêts

 

Et toujours les Forêts par Collette

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Éditeur : 

J.-C. LATTÈS 

Publié

(02/02/2020)

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= Jusqu’à la noirceur extrême de l’être humain. 

‘‘Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon. Les vieilles ignoraient alors à quel point elles avaient raison et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas connaître de malheur et de désastre. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore.’’

C’est avec ces premières phrases très noires, intrigantes que l’autrice plonge d’entrée de jeu son lecteur dans une atmosphère angoissante. Un enfant, Corentin issu d’une relation extraconjugale, non désirée sera ballotté par sa mère de famille d’accueil en famille d’accueil pour finir par trouver son refuge et son équilibre chez son arrière-grand-mère dans la forêt. Il grandira, fera de bonnes études tout en pensant que le pire est derrière lui. Mais il se trompe ! Le pire reste à venir pour lui et l’humanité entière.
Toute la cruauté humaine y est révélée.


A la lecture de ce roman que j’ai dégusté comme un excellent, filme. L’autrice a réussi à faire passer toute une palette de sensation émotionnelle à travers mon esprit et mon cœur. Pour moi, c’est l’un de ses meilleurs romans. Fluide, intrigant, magnifique, horriblement addictif.
Un gros coup de cœur pour moi qu’il ne faut absolument pas rater !

 

Et toujours les Forêts par Collette

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Vos avis

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Le voilà mon premier coup de coeur de l'année et cela pourrait être MON coup de l'année tout court tellement j'ai été percutée par l'intensité de ce roman dès les premières lignes, terribles, sur l'enfance perdue de Corentin.

Et puis l'Apocalypse. Une implosion, un incendie, un monde rendu stérile, sans couleur, sans soleil, sans plante, sans animaux, une population humaine décimée, la sixième extinction. Corentin a survécu.

Oui, le genre post-apocalyptique est fort encombré et a donné lieu à de grands romans, des chefs d'oeuvre même. La Route ( Cormac McCarthy ), Ravage ( Barjavel ), Je suis une légende ( Richard Matheson ), Les Derniers hommes ( Pierre Bordage ), Dans la forêt ( Jean Hegland ), La Peste écarlate ( Jack London ). La liste est longue, j'affectionne tout particulièrement les romans post-apo. Et ce n'est pas le énième. Il est même plutôt inclassable, même si il est question de survivants errants sur la route, même s'il est question de forêts refuge.

Sandrine Collette opte pour la lignée intimiste, rien n'est spectaculaire, tout est crépusculaire. A peine comprend-on que l'apocalypse est climatique. L'auteure joue sa propre partition en se recentrant sur le personnage de Corentin, comme dans un huis-clos de mots pour dire le vide, la solitude, la disparition des couleurs dans ces jours devenus sauvages que va connaître Corentin. J'ai été prise aux tripes par le destin de cet personnage accroché à la vie, pris dans un combat intérieur entre l'animal et l'humain, au bord de la démence, à la fois lâche et courageux, combatif et désabusé. Que faire de cette vie, de cet espoir qui ne meurt pas, de cet amour à donner encore ? Il n'est pas le seul à m'avoir bouleversé, il y le merveilleux personnage de l'Aveugle, ce chiot rescapé devenu compagnon indispensable.

Si ce roman est aussi puissant, c'est parce qu'il est porté par une écriture superbe, tellurique et poétique, un tour de force. Les phrases sont courtes, avec des renvois à la ligne. Des phrases saccadées, qui claquent, cueillent l'émotion sans esbroufe, sans pathos. Authentiques avec leur syntaxe parfaite pour rythmer le parcours de vie de Corentin et son évolution psychologique dans ce chaos.

«  La seule couleur était celle du sang.
Corentin s'en aperçut en s'écorchant la main à un morceau de bois, un soir qu'il faisait du feu. Cela roula sur sa paume. Cela coula sur ses doigts. Dans son esprit chaviré, cela prit des teintes d'automne flamboyantes, des lueurs de rubis, des incandescences d'un vermillon inouï. Cela refléta le soleil disparu.
Il fut émerveillé.
Il comprit que cela n'existait pas, avant.
A présent, il savait créer la couleur. Il la portait en lui. Malgré tout le malheur, la chose n'avait pas pu détruire ce qu'il à avait à l'intérieur.
Pas la foi.
Pas son âme.
Mais le rouge.
Mais le sang.
Parfois le long de l'autoroute, il piquait sa peau de la pointe du couteau pour être sûr que c'était toujours là. Deux ou trois gouttes écarlates. Il riait tout bas en les regardant. »

Ecriture et récit sont en symbiose parfaite pour nous faire vibrer jusqu'à l'os. Sandrine Collette ne nous prend pas qu'aux tripes, ses mots résonnent jusqu'à notre tête pour nous pousser à la réflexion sur notre société qui gaspille et consomme, responsable du fléau qui s'abat sur Terre. Il ne s'agit pas pour elle de faire de Et toujours les forêts un roman idéologique ou politique, mais à l'heure où l'Australie brûle, ce récit instinctif prend de l'ampleur et terrifie.

Un grand roman noir où brûle la flamme de la résilience, porté par une écriture sublime, épique et époustouflant, bouleversant d'humanité.

Lu dans le cadre du jury Grand prix des lectrices Elle 2020 - catégorie roman.

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Sandrine Collette trace le parcours de Corentin, du ventre de sa mère où il tremble déjà de froid, ballotté de maison en maison, ce sera auprès de la vieille Augustine en pleine forêt qu'il trouvera enfin un peu de répit. A cette lisière sombre où sa mère Marie lui a dit « File, merde ». Les derniers mots de sa mère. Les rêves, Corentin très vite n'y croit plus, les rêves ce n'est que des mensonges.

Jeune adulte, il part faire ses études en ville, rencontre des jeunes de son âge, fait la fête, arrose ses nuits de whisky, rit d'ivresse jusqu'à l'aube. Tapis au fond d'un tunnel, les amis assistent à un terrible tremblement de terre, à la descente d'un soleil fou qui calcinera tout sur son passage. Les quelques rares rescapés sont ceux qui étaient cachés au sous sol, ils se comptent sur les doigts de la main. le monde a été détruit, l'humanité n'est plus. Ne reste plus que la poussière, les cendres, les larmes pour pleurer.

Corentin partira sur La route rejoindre son Augustine en espérant qu'elle ait survécu. Ce roman en rappelle bien d'autres qui aborde ce thème apocalyptique d'un personnage central qui marche seul dans un monde dissolu. Peu de rencontres ici, celle qui percute le plus est peut-être celle avec l'Aveugle, ce chiot survivant d'une fratrie en agonie. Un jeune chien qui apaisera et accompagnera notre Corentin dans son périple.

J'ai beaucoup aimé ce roman pour sa force évocatrice. La désolation est rendue vivante à travers le caractère onirique de la plume de l'auteure. Un monde apocalyptique « comme si Hercule, au terme de ses travaux, avait succombé à un rhume. Comme si Dieu avait créé le monde puis avait fait un infarctus. »

C'est puissant, imagé à souhait, d'une précision littéraire impressionnante. J'aurai néanmoins aimé que l'auteure fouille davantage dans les décombres, fasse bouillir la rage des protagonistes, la peur, la désespérance. Ça reste à mon sens assez soft et aurait mérité une explosion intérieure comme Sandrine Collette maîtrise si bien. Néanmoins, ça reste un roman choc, vibrant et intense. Mais n'y aurait-il pas saturation dans ce thème si souvent revisité en littérature... Je me questionne...

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Rejeté par sa mère qui n'a jamais voulu de lui, ballotté chez les copines de cette dernière, puis finalement déposé chez Augustine, la grand-mère de son père qu'il n'a jamais connu, Corentin connait une enfance chaotique. Mais heureusement, aux Forêts, entre l'attachement profond qu'Augustine lui manifeste silencieusement et l'amitié de Mathilde et Jeannot, les enfants des fermiers d'à côté, le jeune garçon grandit bon an mal an et finit par quitter le hameau pour s'installer dans la Grande Ville afin d'y poursuivre ses études.

D'abord en retrait, il réussit à se faire des amis avec qui il passe de longues soirées. Lors de l'une d'elles, alors que tous s'enivrent dans les profondeurs de la Grande Ville, un bruit soudain les fige... Et ce fut la fin du monde. Lorsque les quelques rescapés remontent à la surface, ils découvrent un monde inconnu, dévasté et un tombeau à ciel ouvert. de nouveau seul, Corentin se met en tête de retrouver Augustine...

Un monde méconnaissable, apocalyptique, où tout n'est plus que cendres et cadavres... Voilà l'atmosphère de fin du monde dans laquelle nous plonge Sandrine Collette avec son dernier roman. Dans une ambiance étouffante, pesante, où le gris du ciel se confond avec celui des cendres, où la pluie brûle les peaux, où le silence devient assourdissant, Corentin, un des seuls rescapés, n'a qu'une idée en tête : retrouver Augustine.

Pour ce qui est de l'après, il verra demain... Car, comment survivre dans un monde vide, aussi bien d'humains que d'animaux ? Comment, même, concevoir un futur ? Si le thème central de ce roman a déjà été vu, Sandrine Collette se démarque de par sa façon de l'aborder. Rien de spectaculaire dans cette fin du monde, à peine en connait-on les raisons.

Elle préfère aborder ce nouveau quotidien, auprès de Corentin et quelques autres. Si l'ambiance se révèle sombre, il y a toujours, quelque part, un espoir, aussi infime soit-il. Un huis clos étonnant, parfois oppressant, ardent, servi par une plume vive et des phrases courtes...

 

Et toujours les Forêts par Collette

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Critique Presse

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LeMonde   03 février 2020

Ni lieu de perdition, ni réserve de nourriture, la forêt forme ici l’écrin du conte, un bout du monde. C’est là où grandit Corentin, auprès d’Augustine, une arrière-grand-mère bourrue, « au nez un peu crochu » [...] La romancière livre un conte de fin du monde. Mais où l’espoir, toujours, subsiste.

LIRE LA CRITIQUE SUR LE SITE : LEMONDE

 

Et toujours les Forêts par Collette

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Au fil des pages

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Page 53

(avant la catastrophe) :

"ça ne se voyait pas, qu'il ne manquait qu'une chose minuscule pour que tout s'enflamme. Pour que tout s'écroule...Mais ça ne se voyait pas que la nature crevait, dans la ville.... ça ne modifiait pas la couleur du ciel - parce que personne ne le regardait. Il y avait trop de lumière devant. Des lueurs artificielles. Qu'on éteigne...Le monde comme une ampoule."

Page 172 :

"Les bêtes les premières avaient souffert des changements du monde, et pas un homme ne s'était dit qu'après ce serait leur tout. Où ils avaient été si peu nombreux."


Page 228 :

" Il fallait vivre chaque jour comme s'il était le dernier - pas pour se faire peur mais pour avoir le moins de regrets possible."

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Marie se traînait dans la nuit sans pouvoir s’arrêter de pleurer. Elle finissait par ne plus avoir peur des Forêts, elle n’avait plus la force.
C’était la fin de l’été, il faisait tiède.


D’autres fois, cela l’aurait amusée de marcher en pleine obscurité en tenant la main à Jérémie – ou à Marc, n’importe lequel, pour la différence qu’il y avait. Ils auraient ouvert leurs mains à la brise, ils auraient écouté la chouette qui hululait même si Marie s’en foutait, ils auraient fait la course dans le noir.

Ils auraient inventé des noms aux silhouettes des arbres géants, des noms rien qu’à eux, pour un monde rien qu’à eux.
Tout cela avait volé en éclats.

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Il fallait vivre chaque jour comme s'il était le dernier - pas pour se faire peur, mais pour avoir le moins de regrets possible. De toute façon, il en resterait. De toute façon, la mort n'était jamais parfaite.

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