Le Boudoir Littéraire et thèâtral la plume et l'encrier

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Colette vie et oeuvre

 

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« J’appartiens à un pays que j’ai quitté »

Le 28 janvier 1873, à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), naissance de Sidonie Gabrielle Colette, fille de Sidonie Landoy, la future «Sido» de l’œuvre (1835-1912), veuve Robineau-Duclos, remariée en secondes noces (1865) avec Jules Joseph Colette (1829-1905), ancien capitaine de zouaves, amputé d’une jambe, percepteur à Saint-Sauveur depuis 1860. Celle qui vient de naître a une demi-sœur du premier lit, Juliette (1860-1908), la «sœur aux longs cheveux» de La Maison de Claudine, un demi-frère, Achille (1863-1913), «l’aîné sans rivaux», et un frère Léopold (1866-1940), l’un des «sauvages», le «sylphe» qui sera évoqué dans Sido (1930).

Colette est (bonne) élève à l’école (laïque) de Saint-Sauveur. Elle a notamment pour institutrice, à partir de la rentrée 1887, Olympe Terrain (cette remarquable pédagogue, caricaturée, deviendra Mlle Sergent, dans Claudine à l’école, 1900). En 1885, certificat d’études primaires; en 1889, brevet élémentaire.

Entre-temps, en 1884, Juliette, l’aînée de la famille, s’est mariée avec le Dr Roché (1855-1914) ; celui-ci demande des comptes sur la gestion de l’héritage Robineau-Duclos, suscitant une brouille entre Juliette et les Colette, qui connaissent des difficultés financières croissantes.

En 1889, Colette aurait fait, selon Pierre Varenne, la connaissance d’Henri Gauthier-Villars (1859-1931), alias Willy, dans les bureaux des éditions familiales, quai des Grands-Augustins, lors d’un voyage à Paris.

Vente aux enchères publiques d’une bonne partie du mobilier et de la bibliothèque, qu’on attribue soit aux difficultés financières de la famille, soit au déménagement dans une maison plus petite. Colette quitte définitivement Saint-Sauveur à l’automne 1891. Elle n’y reviendra plus que deux ou trois fois, mais la maison ne sera pas vendue avant 1925, contrairement à la légende. Départ de la famille pour Châtillon-sur-Loing (actuellement Châtillon-Coligny, dans le Loiret) auprès d’Achille, qui vient d’y installer son cabinet de médecin. Colette ressent très douloureusement ce départ, qui clôt une période heureuse.

 

Suivez Colette Fellous lors de sa visite de la maison natale :

Apprentissage

Deux séjours de Colette à Paris, en avril et en novembre, qui décideront de son mariage. Probables fiançailles officieuses au mois d’avril 1892. Le 15 mai 1893, à Châtillon-Coligny, mariage (sans dot) avec Willy. Colette devient la belle-mère du petit Jacques Gauthier-Villars (enfant adultérin né en 1889, il avait été, à la mort de sa mère, mis en nourrice pendant quelques mois, précisément à Châtillon-Coligny ; il mourra en 1975), et la femme d’un journaliste connu, et qui le sera bientôt davantage, dans le domaine de la critique musicale, mais aussi – grâce à d’innombrables «collaborateurs» – dans celui du roman.

Départ pour Paris, chez Willy, 55, quai des Grands-Augustins, dans «cet appartement impudique, agencé pour la commodité et la négligence d’un célibataire dissolu» (Mes apprentissages), puis pour le Jura, avant l’installation au 28, rue Jacob : «Point de soleil. Trois pièces, un cabinet sombre, la cuisine de l’autre côté du palier, le tout coûtait quatorze cents francs l’an. […] Sombre, attrayant comme sont certains lieux qui ont étouffé trop d’âmes, je crois que ce petit logis était triste » (Mes apprentissages). Colette y lit beaucoup. Elle est affectée par les infidélités de Willy. Dans son sillage elle accède aux salons littéraires et musicaux, chez Mme de Caillavet, Rachilde, Mme de Saint-Marceaux : elle y croisera Anatole France, Proust, Montesquiou, Fauré, Debussy, Ravel, Jacques-Emile Blanche, etc. Elle se liera avec Marcel Schwob, Marguerite Moreno (qui sera sa meilleure amie, sa vie durant), Pierre Louÿs, Sacha Guitry, Jean de Tinan, entre autres.

Colette contracte une grave maladie de plusieurs mois. Convalescence pendant l’été à Belle-Île-en-mer, en compagnie de Willy et de Paul Masson (le «Masseau» de L’Entrave, 1912). En février, «Colette Gauthier-Villars» écrit, sans doute en collaboration avec Willy, ses premiers articles de critique dramatique et musicale dans La Cocarde, quotidien que dirige Barrès, et auquel Willy, mais aussi Maurras collaborent. En mai, puis en juillet, voyages à Saint-Sauveur, avec Willy. Á la demande de Willy, premières ébauches de Claudine à l’école (1900) : « Un an, dix-huit mois après notre mariage, M. Willy me dit : – Vous devriez jeter sur le papier des souvenirs de l’école primaire. N’ayez pas peur des détails piquants, je pourrais peut-être en tirer quelque chose… Les fonds sont bas. » (Mes apprentissages, 1936).

Willy et Colette se rendent au festival de Bayreuth. Le manuscrit de Claudine à l’école, alors terminé, aurait été «enfoui» dans un tiroir par Willy. Séjour dans le Jura, puis en Isère, à Uriage, (l’«Ariège» de Claudine s’en va, 1903) puis à Bayreuth. Colette et Willy déménagent de la rue Jacob au 93 rue de Courcelles. Séjour en été à Lons-le-Saunier, dans la famille Gauthier-Villars après des «mois d’hiver trempés de pluie et de musique dominicale» (Mes apprentissages, 1936). Colette et Willy se rendent à Bayreuth, et Willy (selon le récit de Colette) redécouvre, à la fin de l’année, le manuscrit de Claudine à l’école. Mise en vente, en mars, de Claudine à l’école, signé du seul Willy. Grand succès. Willy achète, près de Besançon, le parc et la maison des Monts-Boucons («Casamène» dans La Retraite sentimentale, 1907), où Colette se plaît particulièrement.

Publication de Claudine à Paris (1901). Séjour à Bayreuth, avec Willy et Georgie Raoul-Duval (la «Rézi» des Claudine). Avec cette dernière, et peut-être quelques autres représentantes de Lesbos, Colette a probablement des relations très intimes. En 1902, au théâtre des Bouffes-Parisiens, création de Claudine à Paris, avec Polaire dans le rôle de Claudine. Succès. Publication de Claudine amoureuse (édition achetée et détruite par Georgie Raoul-Duval), puis de Claudine en ménage (version remaniée de Claudine amoureuse).

Willy et Colette s’installent au 177 bis, rue de Courcelles. Séjour d’été aux Monts-Boucons. En 1903, mise en vente de Claudine s’en va. Séjour de Colette aux Monts-Boucons. «Je m’éveillais vaguement à un devoir envers moi-même, celui d’écrire autre chose que les Claudine. Et goutte à goutte j’exsudais les Dialogues de bêtes, où je me donnais le plaisir, non point vif, mais honorable, de ne pas parler de l’amour» (Mes apprentissages, 1936). Sous le nom de «Colette Willy», signature qu’elle gardera jusqu’en 1913, publication des Dialogues de bêtes. Séjour aux Monts-Boucons. Publication, sous le nom de Willy, de Minne.

Ecoutez Colette parler de cette période de sa vie en cliquant ici

La scène ou l’écritoire

En 1905, Colette prend des leçons de danse et de pantomime (avec Georges Wague, le «Brague» de La Vagabonde). Elle rencontre, à l’intersection de Lesbos et des milieux du spectacle, la marquise de Belbeuf, née Mathilde de Morny, dite «Missy» (la «Chevalière» du Pur et l’Impur). Le Damier, une revue confidentielle, consacre une partie de son second numéro, en avril, à un hommage à Colette. Publication, sous le nom de Willy, des Égarements de Minne. Séjour d’été aux Monts-Boucons.

Mort du Capitaine Colette. En 1906, débuts publics de Colette sur scène, en faune dans Le Désir, l’Amour et la Chimère, mimodrame. Séjour à Nice avec Willy chez la poétesse Renée Vivien, qu’elle évoquera dans Le Pur et l’Impur. Séjour d’été au Crotoy, avec Missy. Colette joue dans La Romanichelle, pantomime.

Willy et Colette se séparent. Elle va habiter 44, rue de Villejust (rue Paul-Valéry), près de Renée Vivien – et aussi chez Missy, 2, rue Georges-Ville. Rédaction, sans doute au cours de 1906, et peut-être dès l’été franc-comtois de 1905, de La Retraite sentimentale. Scandale du Moulin-Rouge : le 3 janvier 1907, Colette et Missy se produisent sur scène dans une pantomime écrite par la marquise et intitulée Rêve d’Égypte. La représentation est très mouvementée : insultes, jets d’objets… Le blason des Morny figurait sur l’affiche et provoque une vive réaction de la part des bonapartistes et des amis de la famille Morny. Le spectacle sera interdit après la seconde représentation par le préfet Lépine.

Séparation de corps entre Colette et Willy. Publication de La Retraite sentimentale. Nouveau séjour chez Renée Vivien, à Nice. Été au Crotoy, avec Missy. Willy vend les droits des Claudine. Colette se produit à Paris dans La Chair, mimodrame.

Willy vend les Monts-Boucons au tout début de 1908. Colette joue dans La Chair sur diverses scènes de province. Séjour au Crotoy, avec Missy. Suicide de sa demi-sœur Juliette, le 9 septembre 1908. Déménagement rue Torricelli (rue de Saint-Senoch). Publication des Vrilles de la vigne (1908). Colette joue le rôle de Claudine à Bruxelles et à Lyon. En 1909, double activité, sur scène (danse, théâtre, pantomime), et en littérature : En camarades (pièce où elle joue elle-même le premier rôle), début de la rédaction de La Vagabonde (1910), refonte des deux Minne de 1904 et 1905, sous le titre L’Ingénue libertine (1909). 1910 : tournées en province et à l’étranger (théâtre, pantomime). Divorce entre les époux Gauthier-Villars. Achat de la maison de Rozven à Saint-Coulomb entre Saint-Malo et Cancale. Cette maison et son site inspireront plus tard des passages de L’Entrave (1913), de La Maison de Claudine (1922), du Blé en herbe (1923).

Publication de La Vagabonde. Brève liaison avec Auguste Hériot (un des inspirateurs du personnage de Chéri) ; elle se rend avec lui à Naples en novembre 1910, à Nice en février 1911).

Colette journaliste

Colette collabore depuis décembre 1910 au Matin («Contes des mille et un matins»). Liaison avec Henry de Jouvenel (1876-1935), l’un des rédacteurs en chef. Pantomime et théâtre. Willy se remarie avec Meg Villars (pseudonyme de Marguerite Maniez, 1885-1960). Rupture de Colette avec Missy et Hériot. Séjour en août au château de Castel-Novel, près de Brive, chez Henry de Jouvenel. Colette s’installe chez lui, en octobre, 57, rue Cortambert. Elle joue dans L’Oiseau de nuit, mimodrame. Colette joue dans La Chatte amoureuse, et encore dans L’Oiseau de nuit.

Mort de sa mère. Colette ne se rend pas à l’enterrement. Brouille avec Achille, peut-être à l’origine de la destruction des lettres de Colette à sa mère. « Sido » deviendra «un personnage qui peu à peu s’est imposé à tout le reste de mon œuvre» (préface de 1948 à La Maison de Claudine). Séjour à Castel-Novel, Colette épouse Jouvenel en décembre. Publication de L’Envers du music-hall, sous la signature, dont elle usera jusqu’en 1923 «Colette (Colette Willy)». Naissance en juillet 1913, de Colette de Jouvenel (la future «Bel-Gazou», 1913-1981).

Publication de L’Entrave. Mort d’Achille. Publication de textes brefs, sous le titre Prrou, Poucette et quelques autres (ils reparaîtront dans La Paix chez les bêtes en 1916). Première publication, à Bruxelles, aux éditions le Thyrse, d’un bref ouvrage consacré à «Colette Willy», par André de Ridder. Henry de Jouvenel est mobilisé : Colette le rejoint quelque temps à Verdun.

Reportage en Italie, pour Le Matin. Nouveau séjour à Verdun. Colette déménage dans un hôtel particulier, 69, boulevard Suchet, près du Bois de Boulogne. Elle y demeurera jusqu’en 1926. Nouveau séjour romain. Rédaction des Heures longues (1917), chroniques de guerre parues dans la presse qui seront éditées en fin d’année. Un film, tiré de La Vagabonde, est tourné à Rome, avec Musidora. Il sortira à Paris en 1918. Colette contribue activement à l’adaptation du roman. Il ne reste aucune copie connue du film.

Séjour d’été à Castel-Novel. On parle de Colette pour l’Académie Goncourt. Critiques dramatiques dans L’Éclair. Publication de Dans la foule, recueil d’articles sur l’actualité d’avant-guerre. Mésentente entre Colette et Henry de Jouvenel, qui ira croissant : la carrière politique de Jouvenel, peu compatible avec celle de Colette, et ses diverses infidélités, en sont une cause probable.

Colette Castel Novel

La reconnaissance

Publication de Chéri et de La Chambre éclairée (chroniques de guerre). Colette prend en charge Bertrand de Jouvenel – né en 1903 d’un premier mariage de Henry de Jouvenel –, qui passe l’été avec elle, à Rozven. Elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur. Adaptation théâtrale de Chéri avec la collaboration de Léopold Marchand (1891-1952). Pendant l’été, à Rozven, début d’une liaison avec Bertrand de Jouvenel (1903-1987).

Premières ébauches de La Maison de Claudine (1922).Publication du Voyage égoïste, (articles d’avant-guerre) et de La Maison de Claudine. Rédaction du Blé en herbe (1923). Voyage en Algérie avec Bertrand. Séjour à Rozven. Version théâtrale de La Vagabonde écrite en collaboration avec Léopold Marchand. Publication du Blé en herbe (sous la signature «Colette», qui sera adoptée définitivement).

Conférences en province. Séparation de Colette et de Henry de Jouvenel. Colette quitte Le Matin. Elle va collaborer régulièrement au Figaro, puis au Quotidien, à L’Éclair, etc. Séjour à Rozven. Séjours en Suisse, avec Bertrand. Elle joue le rôle de Léa dans l’adaptation théâtrale de Chéri. Rédaction de La Fin de Chéri (1926). Décembre 1924, numéro spécial consacré à Colette par la revue Le Capitole. Une plaque est apposée sur la maison natale de Saint-Sauveur. Publication en 1924 de La Femme cachée, recueil de brèves nouvelles, et d’Aventures quotidiennes, recueil d’articles et de chroniques publiés au cours de l’été dans Le Figaro. Création de L’Enfant et les sortilèges de Ravel, sur un livret écrit par Colette dès 1913. En février 1925, Colette rencontre Maurice Goudeket. Rupture avec Bertrand de Jouvenel. Divorce d’avec Henry de Jouvenel.

Texte alternatif

Colette Rozven

La maturité littéraire

Publication de La Fin de Chéri. Séjour au Maroc. Achat de « La Treille Muscate », à Saint-Tropez, que Colette gardera jusqu’en 1938 (en compagnie de Maurice Goudeket, elle avait découvert cette région en 1925). En novembre, elle s’installe dans un entresol du Palais-Royal, 9, rue du Beaujolais : elle y restera jusqu’en 1930. Elle joue au théâtre le rôle de Renée Néré (La Vagabonde) et fait, avec succès, une tournée de conférences, sur «L’envers et l’endroit du théâtre et du music-hall», elle achète une chatte, la future « Chatte Dernière », qui inspirera en partie le roman La Chatte (1933).

Publication d’un ouvrage de Jean Larnac, Colette, sa vie, son œuvre (éditions Krâ). Colette, à qui les acquéreurs de sa maison natale ont offert l’usufruit de ce bien, se rend à Saint-Sauveur : « Trente-trois ans, songez donc, trente-trois ans que je n’avais revu ni l’intérieur de la maison, ni le jardin ! Une émotion si grande, une telle impression de temps aboli ! » (lettre à Germaine Patat, coll. part.). Séjour à Saint-Tropez. Début de la rédaction de La Naissance du jour (1928). Publication de La Naissance du jour. Séjours à la Treille Muscate.

Achat de «Souci», qui sera, jusqu’en 1939, la dernière chienne bull de Colette. Voyage en Espagne et au Maroc. Colette travaille au scénario de La Vagabonde (le film ne sortira qu’en 1931). Elle loue une maison près de Montfort-l’Amaury. Visite au zoo d’Anvers (elle s’en souviendra dans Paradis terrestres, 1932). Publication de Regarde, illustré par Méheut, un des chefs-d’œuvre du livre illustré du XXe siècle. Publication de La Seconde. On reparle de Colette pour l’Académie Goncourt. Conférences à Berlin. Publication de la première partie de Sido chez Krâ, dans la collection «Femmes» (les deux autres parties paraîtront en 1930). Séjours à la Treille Muscate. Critique dramatique à La Revue de Paris. Achat de «La Gerbière», près de Montfort-l’Amaury : cette maison sera revendue dès l’année suivante. Bref séjour à Berlin (visite du cirque Sarrasini). En juillet, croisière en mer du Nord sur le yacht de Henri de Rothschild. Séjour à Saint-Tropez.

Colette travaille à Ces Plaisirs… (1932), qui deviendra en 1941 Le Pur et l’Impur. En décembre, Colette s’installe au sixième étage de l’hôtel Claridge, sur les Champs-Élysées. Publication du Voyage égoïste. Rédaction de La Seconde (1929). Colette est promue officier de la Légion d’honneur.Mort de Willy. Tournées de conférences, en Autriche, en Roumanie, en Afrique du Nord. Séjour à Saint-Tropez ; Colette y travaille à Prisons et paradis. Publication du livre témoignage de Claude Chauvière, Colette, chez Firmin-Didot.Publication de Ces Plaisirs… Colette ouvre un institut de produits de beauté au 6, rue de Miromesnil : cette tentative n’aura pas un succès durable.

Séjour à Saint-Tropez, tournée de conférences. Publication de Prisons et paradis et de La Treille-Muscate illustré par Dunoyer de Segonzac. Colette écrit et publie La Chatte. Tournée de conférences. Séjour à Saint-Tropez. Elle écrit les dialogues du film de Marc Allégret, Lac-aux-Dames. Critique dramatique auJournal. Rédaction et publication de Duo. Mise en vente du premier volume de La Jumelle noire (articles de critique dramatique) ; trois autres volumes paraîtront avant la guerre. Séjour tropézien. Colette écrit les dialogues du film de Max Ophüls, Divine (d’après L’Envers du music-hall, 1913). Colette quitte le Claridge pour l’immeuble Marignan, 33, avenue des Champs-Élysées.

Elle épouse Maurice Goudeket pour que cette légalisation simplifie le voyage qu’elle doit faire aux États-Unis. Elle se rend comme reporter du Journal à New-York, pour la traversée inaugurale du Normandie. Sa fille Colette de Jouvenel épouse le Dr Dausse (elle divorcera en 1936). Mort de Henry de Jouvenel. Publication de Mes apprentissages, pamphlet contre Willy qui fixe pour longtemps une image très défavorable du premier mari de Colette et de cette période de la vie de l’écrivain.

Colette Chatte

Colette Saint-Tropez Segonzac

Colette Treille muscate Segonzac

Les honneurs

Colette est promue au rang de commandeur de la Légion d’honneur. Discours de réception à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (elle y succède à Anna de Noailles). Séjours à Saint-Tropez. Rédaction de Bella-Vista. Publication de Bella-VistaClaudine à l’école est porté à l’écran par Serge de Poligny. Colette emménage au premier étage du 9, rue de Beaujolais au mois de janvier 1938. Elle ne quittera plus le Palais-Royal. Elle cesse de collaborer au Journal. Dernier séjour à la Treille Muscate. Adaptation théâtrale de Duo écrite par Paul Géraldy. Bref voyage à Fez, pour un reportage destiné à Paris-Soir, auquel Colette collabore désormais. Premiers symptômes de l’arthrite de la hanche qui peu à peu l’immobilisera totalement. Publication de Paris de ma fenêtre.

Colette est maintenant contrainte à l’immobilité. Nouveau séjour à Genève, pour un traitement sans effet. Début de la publication (qui s’étalera jusqu’en 1950) des Œuvres complètes en quinze volumes aux Éditions du Fleuron, société créée par Maurice Goudeket. Nouveau séjour dans le Var, en juillet. Mort de Marguerite Moreno (1871-1948), sa meilleure et plus ancienne amie. Séjour à Grasse. Publication de Pour un herbier, illustré par Raoul Dufy.

Sortie du film tiré de Gigi par Jacqueline Audry (Colette a rédigé les dialogues). Publications de divers recueils d’anciennes chroniques ou nouvelles : Trait pour trait, La Fleur de l’âge, En pays connu, et de Journal intermittent. Nouveau séjour à Grasse. Publication du Fanal bleu. Reprise au théâtre de Chéri. Sortie du film tiré de Chéri par Pierre Billon (Colette a écrit les dialogues), de Julie de Carneilhan par Jacques Manuel, de Minne par Jacqueline Audry. Colette séjourne à Monte-Carlo, puis à Versailles, où elle travaille avec Léopold Marchand à une adaptation théâtrale de La Seconde. Elle renonce à l’usufruit de la maison de Saint-Sauveur, qui est vendue. Publication du dernier volume de sesŒuvres complètesLa Seconde est jouée au théâtre. Séjours à Monte-Carlo et à Versailles. Séjour à Monte-Carlo puis à Deauville. Colette reçoit le Grand Prix du disque. Présentation du court-métrage Colette tourné en 1950 par Yannick Bellon (le commentaire est écrit et dit par Colette).

Rossellini s’inspire de La Chatte pour le sketch «L’Envie» dans Les Sept péchés capitaux, qui sortira en 1953. Son 80e anniversaire est particulièrement célébré : Le Figaro littéraire lui consacre son numéro du 24 janvier. Séjour à Monte-Carlo. Colette est promue au grade de grand-officier de la Légion d’honneur. Dernier séjour à Deauville. Sortie du film tiré du Blé en herbe par Claude Autant-Lara, film qui suscite le scandale. Création parisienne de l’adaptation théâtrale de Gigi (En 1958, Gigi sera repris au cinéma à Hollywood par V. Minnelli, avec Leslie Caron).

Dernier séjour à Monte-Carlo. Mort de Colette le 3 août. Funérailles nationales (et laïques : l’Église a refusé les obsèques religieuses) suivies d’une inhumation au Père-Lachaise.

1954 : Obsèques de Colette


Paris

55, quai des Grands-Agustins : Le « Vénusberg »
Mai-juin 1893

Après son mariage, le couple Gauthier-Villars habite provisoirement la garçonnière de Willy, au 55 quai des Grands Augustins, au-dessus des éditions Gauthier-Villars, dans le  6ème arrondissement. Colette ne se plaît pas dans « cet appartement impudique, agencé pour la commodité et la négligence d’un célibataire dissolu. »  (Mes apprentissages, 1936)

28, rue Jacob
Fin juin 1893 – 1896

Colette rue Jacob

En juin 1893, le couple s’installe dans un appartement plus grand au 28 Rue Jacob, « au troisième étage, entre deux cours… Du moins l’une des cours, qui regardait le nord et la rue Visconti, m’offrait des toits de tuiles anciennes, qui me rappelaient la tuile de Bourgogne. […]Rue Jacob, je ne me souviens pas d’avoir fait autre chose qu’attendre. » (Trois… Six… Neuf… 1944)

93, rue de Courcelles
1896 – 1902

Trois ans plus tard, Colette et Willy passent de la rive gauche à la rive droite et louent un atelier de peintre au 6ème étage, 93 rue de Courcelles, dans le 17ème arrondissement.

177 bis rue de Courcelles
1902 – 1906

Colette Willy Dornac Courcelles

Dans la même rue, Colette et Willy, enrichis par le succès de Claudine à l’école,  habiteront un appartement plus spacieux, au-dessus duquel Colette transformera un  atelier en salle de gymnastique. Elle s’y exerce souvent seule, lassée des infidélités de Willy.

44, rue de Villejust
1906 – 1908

Séparée de Willy, Colette emménage dans un rez-de-chaussée, 44 rue de Villejust. « Tantôt soulevée d’une allégresse nouvelle, tantôt assoupie dans une sécurité sans borne et sans motif, je sais que je voulus vivre et mourir là. », écrit-elle dans Trois… Six… Neuf… (1944). Mais elle se rend souvent, non loin de là, chez Missy, rue Georges-Ville.

25 rue Saint-Senoch
1908 – 1911

À son grand regret, elle doit cependant bientôt quitter cet appartement, l’immeuble dans lequel il se trouve étant sujet à des transactions. Elle s’installe à contrecœur dans le quartier des Ternes, dans le 17ème arrondissement.

57, rue Cortambert : Le chalet
Octobre 1911 – 1916

Sa nouvelle passion pour Henry de Jouvenel, rencontré au journal Le Matin (auquel elle collabore depuis décembre 1910) la conduit à s’installer chez lui,  au 57 rue de Cortambert, au cœur de Passy, dans un chalet suisse. « De cette exceptionnelle saison du cœur date l’ère de [s]es gîtes exceptionnels. » (Trois… Six… Neuf…)

69, boulevard Suchet
Novembre 1916 –  décembre 1926

Colette Suchet Jouvenel

Le chalet s’avérant une très fragile construction, les Jouvenel s’installent dans un petit hôtel particulier, au 69 boulevard Suchet, dans le 16ème, à la limite d’Auteuil et du Bois de Boulogne. Après leur rupture et le départ d’Henry de Jouvenel, en 1923, Colette y vivra jusqu’en 1926.

9, rue de Beaujolais (entresol) :
le « tunnel » du Palais-Royal
Novembre 1926 – 1930

Ayant divorcé d’Henry de Jouvenel, s’étant séparé de Bertrand,son beau-fils, ayant rencontré Maurice Goudeket en 1925, Colette ne trouve plus de charme à la maison d’Auteuil. Elle déménage une nouvelle fois pour s’installer, en novembre 1926, 9 rue de Beaujolais, au Palais Royal, dans un entresol. Mais elle rêve déjà de l’étage supérieur.

74, avenue des Champs-Elysées : l’hôtel Claridge
Décembre 1930 – 1935

Colette Claridge Krull

Atteinte de bronchite chronique en raison de l’humidité du « tunnel », Colette doit quitter l’entresol du Palais-Royal pour chercher un air plus sain, sur les conseils de son médecin. Elle s’installe tout en haut de l’hôtel Claridge, sur les Champs-Élysées, où elle jouit de deux pièces,  du confort hôtelier et d’une magnifique vue. Maurice Goudeket, pour la forme, loue une chambre voisine.

33, avenue des Champs-Elysées :’immeuble Marignan
Février 1935 – 1938

Colette Hamon Marignan

La faillite du Claridge oblige une nouvelle fois Colette à déménager : elle « traverse » les Champs-Élysées pour s’installer avec Maurice Goudeket, qu’elle a entre-temps épousé, 33 rue de Marignan, au 8ème étage, dans un 4 pièces neuf… mais pleins de surprises désagréables, la construction en étant fort peu solide.

9, rue de Beaujolais (1er étage) :
« l’étage noble » du Palais-Royal
Janvier 1938 –  4 août 1954

En janvier 1938, Colette réalise son rêve : Gustave Quinson, directeur du théâtre du Palais-Royal lui a cédé son appartement et elle retrouve, 9 rue de Beaujolais, au premier étage, cette fois, la vie du Jardin, immuable et charmante. « J’aime à penser qu’un sortilège conserve, au Palais-Royal, tout ce qui périclite et dure, ce qui s’effrite et ne bouge pas. » (Trois… Six… Neuf…).

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Provinces

Saint Sauveur en Puisaye
– Yonne –
28 Janvier 1873 – automne 1891

La maison natale, « grande maison grave, revêche […], maison qui ne souriait qu’à son jardin » particulièrement célébrée dans La Maison de Claudine (1922) et Sido (1930, irriguera toute son oeuvre, de Claudine à l’école aux derniers écrits, d’une superbe nostalgie littéraire. Colette y aura passé les dix-huit premières années de sa vie. Le départ de la famille pour cause de dettes fut un véritable traumatisme pour la jeune femme qui devenue écrivain n’aura de cesse de la reconquérir par l’écriture. En 1925, François Ducharne, riche soyeux lyonnais, racheta la maison pour la lui offrir. Elle la garda jusqu’en 1950.

Châtillon-Coligny
– Loiret –
Fin 1891 –  mai 1893

Dépossédée de sa relative fortune, la famille Colette quitte Saint-Sauveur pour Châtillon-Coligny à la fin de l’année 1891 et va s’installer auprès d’Achille. Colette y vivra jusqu’à son mariage. Elle n’évoquera guère cette période de sa vie, sauf à se remémorer les tournées lors desquelles elle accompagnait son frère aîné, médecin de campagne. On peut encore y voir la maison d’Achille (rue de l’église), les maisons de Sido (rue de l’égalité) et la tombe où sont enterrés Sido, le Capitaine, Achille et Léo.

« Les Monts-Boucons »
– Franche-Comté –
1901 – 1905

La vente de Claudine à l’école lui ayant beaucoup rapporté, Willy achète en septembre 1901, le domaine des Monts-Boucons à 3 kilomètres de Besançon. Colette, qui s’y plaît beaucoup, en fera le « Casamène » de La Retraite sentimentale. « Le goût de mes heures franc-comtoises m’est resté si vif qu’en dépit des années je n’ai rien perdu de tant d’images, de tant d’étude, de tant de mélancolie » écrit-elle dans Mes apprentissages (1936)

Le Crotoy
– baie de Somme –
1906- 1910

Entre 1906 et 1910, Colette et Missy séjourneront plusieurs fois au Crotoy, Villa « Belle plage » et « Villa des Dunes ». Ces séjours inspirent à Colette quelques belles pages des Vrilles de la vigne (1908).

Rozven
– Bretagne –
1910- 1926

Colette Rozven Bretagne

Entre Saint-Malo et Cancale, près de Saint-Coulomb, Missy achète en 1910 une grande maison qui regarde la mer, et qui, devenue la propriété de Colette après leur séparation, sera un lieu de vacances privilégiées jusqu’en 1926 pour Colette, sa famille et ses amis. Cette belle côte cancalaise sera le décor du Blé en herbe (1923).

Castel-Novel
– Corrèze –
1911 – 1923

Colette Castel Novel Corrèze

C’est à Varetz, près de Brive-la-Gaillarde, que se situe le château de famille des Jouvenel, où Colette, devenue baronne, fera quelques séjours, et où la petite Colette passera une partie de sa petite enfance. Colette évoquera cette région notamment dans Les Heures longues (1917) et La Chambre éclairée (1921).

Curemonte
– Corrèze –
Juin- Juillet 1940

Pendant l’exode, Colette de Jouvenel accueillera sa mère et Maurice Goudeket à Curemonte, village perché de Corrèze, dans les communs de deux châteaux en ruine, que lui prête l’épouse de son frère Renaud, et dont elle deviendra propriétaire en 1940.  Colette y séjourne de juin à septembre 1940, et elle s’y ennuie… Elle y écrit  la première partie de Journal à rebours.

« La Treille Muscate »
– La Provence –
1926-1938

Colette Treille muscate Saint-Tropez

En 1926, conquise par la Provence, Colette vend Rozven et achète une maison sur la route des Cannebiers à Saint-Tropez. Elle y goûte un bonheur toujours renouvelé, y écrit beaucoup et en fait le cadre de La Naissance du jour (1928). Mais Saint Tropez étant, de village de pêcheurs, devenu lieu de villégiature à la mode, Colette revendra sa maison en 1939.

« La Gerbière »
– La Vallée de Chevreuse –
1930-1931

En 1930 Colette et Maurice Goudeket acquièrent une maison à Montfort-l’Amaury, qu’ils revendront moins d’un an plus tard.

Méré
– Yvelines –
1939-1941

En février 1939, Colette achète  la villa « Le Parc », à Méré, près de Montfort-l’Amaury, qu’ils revendront deux ans plus tard, sans que Colette se soit attachée à cette maison, « qui n’avait pas encore capté [s]on cœur » écrit-elle aux petites fermières, en juin 1941.

 

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Ouevres

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Oeuvres

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Colette sur scène

1905

9 juin : Au cours d’une garden-party qu’organise chez elle Natalie Barney, 25, rue du Bois-de-Boulogne, à Neuilly, Colette figure dans une de ces pantomimes pastorales qu’affectionne la maîtresse de maison. C’est à cette occasion que se produit Mata-Hari.
23 juin : De nouveau chez Natalie Barney, Colette joue dans le Dialogue au soleil couchant de Pierre Louÿs. Elle évoque cet événement dans Mes apprentissages : « A force de trac, les r roulants de mon accent bourguignon devinrent russes. »

1906

6 février (9, 10, 13-25) : Débuts publics avec Le Désir, la Chimère et l’Amour, une pantomime de Francis de Croisset et Jean Nouguès créée sur la scène du théâtre des Mathurins. « Je joue un faune qui court après les nymphes, confie Colette Willy au journaliste Michel Georges-Michel, dans le Gil Blas, du 1er février. J’ai du poil aux oreilles, je saute un mur, je danse. »
12-14 mars : Le Désir, la Chimère et l’Amour au Palais des Beaux-Arts de Monte-Carlo.
Deuxième quinzaine de mars : Le Désir, la Chimère et l’Amour est joué à Bruxelles, au Cercle de l’Union artistique.
30 mars-16 avril : Aux innocents les mains pleines, fantaisie boulevardière en un acte de Willy et Andrée Cocote (pseudonyme d’André Trémisot), que Colette joue en travesti au Théâtre-Royal, 23, rue Royale (aujourd’hui disparu).
1er octobre-2 novembre : A l’Olympia, Colette joue La Romanichelle, pantomime de Paul Franck sur une musique d’Edouard Mathé.
18 novembre : Colette Willy participe, salle Hoche, au gala donné au profit de l’Œuvre d’Alphonse XIII. Au même programme, Caroline Otero et Liane de Pougy.
27 novembre : au Cercle des arts et des sports, Colette reprend La Romanichelle. Cette fois, Missy tient le rôle qu’interprétait Paul Franck à la création.
28-30 novembre : à Marigny, où le théâtre de l’Œuvre a provisoirement élu domicile, elle joue le rôle de Paniska dans Pan de Charles Van Lerberghe. Ses partenaires sont Lugné-Poe et, pour la première fois, Georges Wague.
Vers le 6 décembre : Pan à Bruxelles.
15 décembre : Colette et Missy donnent La Romanichelle au Moulin-Rouge, lors d’une fête organisée par le journal Les Sports.

1907

3 janvier : Première (et dernière) représentation de Rêve d’Egypte, un tableau de la revue du Moulin-Rouge. La pantomime est signée Yssim (pseudonyme transparent de Missy) sur une musique d’Edouard Mathé. La présence d’une Morny sur les planches, le baiser qu’échangent Colette et Missy vont provoquer un énorme scandale. Le préfet de police Lépine interdit alors à Missy de reparaître sur la scène. Le lendemain le titre a changé – Songe d’Orient – et Georges Wague reprend le rôle de Missy, sans que le chahut s’apaise pour autant. Le spectacle est alors définitivement interdit à Paris.
13-16 mars : Rêve d’Égypte au théâtre des Capucines, à Nice.
2 mai-31 juillet : Marigny-Revue, revue en 12 tableau de Jules Oudot, Paul Briollet et Léo Lelièvre.
1er-18 octobre 1907 : première collaboration de Colette avec Sacha Guitry pour Le Crin, comédie en un acte jouée au Tréteau-Royal.
1er-30 novembre : Au théâtre de l’Apollo, 20 rue de Clichy, débuts de Colette Willy dans La Chair – la chair, c’est le sein qu’elle dévoile – qui sera son plus grand succès. Scénario signé Georges Wague et Léon Lambert, musique d’Albert Chantrier. En fait, la pantomime a été créée six mois plus tôt, le 16 juin, au Casino de Paris avec la Belle Imperia dans le rôle de Yulka.

1908

16-19 février : La Chair, au Palais des Beaux-Arts de Monte-Carlo
20-23 février : La Chair, à Nice.
26 mars, jour de la mi-carême : Colette participe, au théâtre des Arts que dirige son ami Robert d’Humières, à la soirée donnée pour fêter la 125e représentation du Grand soir, de Léopold Kampf. Elle fait une entrée triomphale, peu vêtue, portée sur une sorte de palanquin par quatre hommes presque nus.
1er avril-4 mai : Reprise de La Chair, à l’Apollo.
9 mai-2 juin : Au théâtre Parisiana, 27, boulevard Poissonnière, Colette reprend le rôle de Claudine, naguère créé par Polaire, dans Claudine à Paris. Colette a quelque peu modifié l’adaptation de Willy et Luvey (Lugné-Poe et Charles Vayre). Sido à Colette, le 14 mai : « J’ai reçu une carte-portrait de Willy derrière laquelle il me confie combien il est ému de ton interprétation du petit personnage que tu as créé et incarné. »
28-29 août : A Genève, au Casino du parc des Eaux-Vives, Colette joue Son premier voyage, une comédie de Léon Xanrof et Gaston Guérin. Colette à Georges Wague, le 1er septembre: « J’ai touché les deux plus gros cachets de ma vie. »
29 septembre-8 octobre : La Chair, à Bordeaux, au Bouffes Variety Spectacle Hall.
[?] octobre : La Chair, à Royan.
[?] octobre : La Chair, à Vichy.
16-18 octobre : La Chair, à l’Alhambra de Rouen.
[?]-29 novembre : Quinze représentations de Claudine à Paris, à l’Alcazar de Bruxelles.
10-16 décembre : Claudine à Paris à la Scala de Lyon.

1909

9 janvier 1909 : Au théâtre des Arts, Colette danse dans La tour du silence, pièce en trois actes du suédois Gustaf Collijn interprétée par Edouard De Max, Véra Sergine et Lou Tellegen.
22 janvier-4 février : En complément de programme, le théâtre des Arts affiche En camarades, deux actes signés Colette Willy qui interprète le principal rôle féminin.
5 février-1er mars : En camarades poursuit sa carrière à la Comédie-Royale, 25, rue Caumartin. « « Elle n’est pas encore rompue à la discipline du métier d’artiste ; sa voix n’est pas mélodieuse, sa diction n’est pas naturelle ; elle roule les r à la façon des vieux comédiens de l’Ambigu, son allure est contrainte, sa physionomie inexpressive. » (Adolphe Brisson, Le Temps, 15 février 1909).
Jeudi 25 février : Colette participe à une soirée de bienfaisance au théâtre Marigny, au cours de laquelle elle interprète une « danse égyptienne », accompagnée à la flûte et à la harpe.
14 avril-16 mai : Première tournée Baret avec Claudine à Paris. Trente-deux villes en trente-trois jours. Sido à Colette, le 29 mars : « Tu vas bientôt partir pour ta grande tournée, mon pauvre Minet. Je ne vois pas ces déplacements avec plaisir : c’est si fatigant ! » Le 11 avril : « Je suis ravie que Missy parte avec toi et de penser que tu as près de toi quelqu’un qui t’aime pour tout de bon. »

Nevers, 14 avril.
Auxerre, 15 avril. Sido à Colette, le 11 avril : « C’est la représentation à Auxerre à laquelle je voudrais assister ! Ce ne sera pas banal, je crois, mais le voyage est long et coûteux. Je pense que tu feras salle comble ! Peut être irai-je… » .
Belfort, 16 avril : « Si la pièce a été convenablement jouée par tous les acteurs, il faut naturellement mettre hors de pair Mme Colette Willy [qui] nous a charmés par sa spontanéité, sa grâce ingénue, sa voix, dans laquelle résonnaient par instants des accents naïfs et rustiques. » ( Le Haut-Rhin républicain, 25 avril 1909).
Nancy, 17 avril.
Besançon, 18 avril.
Dijon, 19 avril.
Chalon-sur- Saône, 20 avril.
Avignon, 21 avril : « Dans le train qui nous emmène de Chalon-sur Saône à Avignon, je m’endors. Quand je m’éveille, je puis croire, pour un somme de deux heures, avoir vieilli de deux mois… C’est le printemps […] l’exubérant, l’éphémère, l’irrésistible printemps du Midi… »
Marseille, 22 avril.
Toulon, 23 avril.
Nice, 24 avril.
Salon-de-Provence, 25 avril.
Nîmes, 26 avril.
Montpellier, 27 avril.
Toulouse, 28 avril.
Pau, 29 avril.
Bayonne, 30 avril.
Bordeaux, 1er et 2 mai : « Chaleur, fatigue, oh ! fatigue… Trois représentations en deux jours… »
Nantes, 3 mai.
Lorient, 4 mai.
Brest, 5 mai.
Rennes, 6 mai.
Caen, 7 mai.
Cherbourg, 8 mai.
Évreux, 9 mai.
Rouen, 10 mai.
Amiens, 11 mai.
Douai, 12 mai.
Lille, 13 mai.
Liège, 14 mai.
Valenciennes, 15 mai.
Saint-Quentin, 16 mai.

4-7 juin : La Chair, à l’Eldorado-Casino de Marseille.
23 août : Claudine à Paris, au Cercle d’Aix-les-Bains.
24 août : Claudine à Paris à Genève, au Casino du parc des Eaux-Vives.
19-25 octobre : Colette et Georges Wague jouent La Chair au Casino-Kursaal de Lyon. C’est à cette occasion qu’elle fait la connaissance de Maurice Chevalier.
26 octobre : La Chair à l’Éden-Concert de Saint-Étienne.
27 octobre : La Chair à Grenoble.
19 novembre-9 décembre : Colette Willy crée le rôle d’Adèle Glaviault dans C’te pucelle d’Adèle, une acte de Sacha Guitry à l’affiche de la Gaîté-Rochechouart. Sido à Colette, le 5 novembre : « Tu vas jouer une paysannerie dis-tu ? Je crois que tu auras du succès. »
10-21 décembre : La Chair, à la Gaîté-Rochechouart.

1910

4-17 février : La Chair, donnée à Bruxelles pour l’inauguration des Folies-Bergère, rue des Croisades, à deux pas de la place de Brouckère. « La pantomime La Chair […] a été interprétée avec conviction par Colette Willy, Christine Kerf et Georges Wague. » (Le Soir, 6 février)
24 février-28 février : La Chair, au Casino-Kursaal de Grenoble.
1er et 2 mars : La Nuit sicilienne, de Lucien Mayrargue, musique de Willy Redstone. Réglée par Georges Wague, cette pantomime a été créée par Christine Kerf le 9 mai 1909, au théâtre Michel, à Paris.
4-7 mars : La Chair, à l’Eldorado de Nice.
5 avril-4 mai : seconde tournée Baret, avec trente villes. Au programme, trois pièces en un acte : La Bigotte de Jules Renard ; La Cruche ou J’en ai plein le dos de Margot, de Georges Courteline et Pierre Wolff (avec Colette Willy et Jacques Marey) ; La Peur des coups, de Georges Courteline (avec Colette Willy et Auguste Mévisto). C’est Courteline lui-même qui dirige les répétitions : « Ce grand écrivain se double, vous le savez, d’un acteur inimitable, dont les moindres indications, les moindres intonations sont pour nous des traits de lumière. Avec lui, on travaille avec joie, avec fierté, sans effort. Je vous assure qu’en sortant de ses mains, j’aurai du talent ! » (entretien « Colette Willy en tournée » Comœdia, 3 avril 1910)
Sido à Colette, le 4 avril : « Je regarde la liste de ton itinéraire et je suis effrayée du nombre de villes où tu vas jouer et je crains que tu aies entrepris une tâche au-dessus de tes forces mais… heureusement, Missy est là. »

Lille, 5 avril
Amiens, 6 avril
Saint-Quentin, 7 avril
Reims, 8 avril
Nancy, 9 avril
Verdun, 10 avril
Belfort, 11 avril : « Ma chère maman, ne t’inquiète donc pas de ma fatigue ! Succès personnel extrêmement vif, mais La Bigote (pièce de lever de rideau dont je ne suis pas) éloigne, par son titre seul, le public clérical qui est nombreux. Je m’en fiche, je touche un cachet fixe, sans intêret sur la recette. Et c’est une rude leçon pour Baret, l’impresario, qui m’a fait cette crasse de prendre La Bigote au lieu de ma pièce En camarades. »
Besançon, 12 avril
Saint-Étienne, 13 avril
Marseille, 14 avril
Nice, 15 avril
Cannes, 16 avril
Menton, 17 avril
Toulon, 18 avril
Nîmes, 19 avril
Montpellier, 20 avril
Toulouse, 21 avril
Bayonne, 22 avril
Pau, 23 avril
Tarbes, 24 avril
Bordeaux, 25 avril
Nantes, 26 avril
Brest, 27 avril
Rennes, 28 avril
Évreux, 29 avril
Rouen, 30 avril
Dieppe, 1er mai
Cambrai, 2 mai
Arras, 3 mai
Boulogne-sur-mer, 4 mai

14 juillet : La Chair, à Ostende.
21-29 septembre : Au Royal-Kursaal de Dijon, La Chair. Colette à Missy: « Hier en répétant j’ai conduit l’orchestre et ça allait bien. Le soir ça a été un désastre, non seulement pour nous, mais pour tous les numéros du spectacle, et c’était un concert de hurlements et de malédictions dans les coulisses ! Cela s’explique tout simplement : nous avons appris que le chef d’orchestre n’a jamais été chef d’orchestre, il est marchand de vin ! »
4-6 octobre : La Chair, à l’Alcazar-Léon Doux de Marseille.
[ ?] octobre : La Chair, à Biarritz.
9-[ ?] octobre : La Chair, à la Gaîté-Montparnasse, à Paris.
22 octobre : Claudine à Paris, à Nice, au théâtre des Capucines.
6-[ ?] décembre : De nouveau La Chair à la Gaîté-Montparnasse.
9 décembre : Au théâtre de la Renaissance, à 16h30, 5e vendredi de la Parisienne. Colette Willy se produit dans des « danses improvisées ». Au même programme : Cléo de Mérode, Paul Franck, Lucien Rosenberg.
16-18 décembre : La Chair, au Casino-Kursaal de Lyon.
21-23 décembre : Au théâtre des Capucines, à Nice, Claudine à Paris.
24 décembre-4 janvier 1911 : Au théâtre des Capucines, à Nice, Colette interprète la danseuse Daphnis dans Xantho chez les courtisanes, comédie en vers de Jacques Richepin, musique de Xavier Leroux. Colette à Missy : « Ce soir je joue encore Claudine et à minuit ½ on répète Xantho, il faut que je sois là pour la musique, et pour connaître le plan dont je disposerai pour danser (un fond d’assiette à dessert, à peu près ?)

1911

13-20 janvier : La Chair, à l’Etoile-Palace, 41, avenue de Wagram.
14-22 février : À Nice, Colette reprend Xantho chez les courtisanes au théâtre des Capucines. Elle est accompagnée par Auguste Hériot ; ils séjourneront aussi à Beaulieu et à Monte-Carlo.
Mars : A Tunis, Colette joue Claudine à Paris et danse dans Xantho chez les courtisanes.
14-27 avril : La Chair, à la Gaîté-Montparnasse.
Avril ou mai : La Chair, à Marseille.
23-29 juin : La Chair, à l’Apollo-Théâtre de Genève.
30 juin-2 juillet : La Chair, au Kursaal de Lausanne, où Henry de Jouvenel vient la retrouver.
28 août-11 septembre : À Ba-Ta-Clan, 50, boulevard Voltaire, création de Aux Bat. d’Af ., mimodrame de Georges Wague, tiré d’un roman d’Aristide Bruant et Arthur Bernède, musique d’Albert Chantrier. En jupon court et bas noirs, Colette joue le rôle de la Pouliche, danseuse éprise d’un déserteur de la Légion. Colette à Christiane Mendelys : « Ça s’est très bien passé hier soir, malgré l’orchestre indiscipliné, malgré les répétitions insuffisantes, malgré Colette qui remplace une science chorégraphique par la plus aimable fantaisie et un culot qu’elle ne tient pas de sa mère. Quatre rappels, c’est bien pour Ba-Ta-Clan, tu sais, et pour 28 degrés à l’ombre. »
12-18 septembre : À Ba-Ta-Clan, reprise de La Chair.
29-30 septembre : La Chair, aux Folies-Bergère du Havre.
28 octobre-5 novembre : Colette Willy et Paul Franck dans La Romanichelle, à Ba-Ta-Clan.
17-30 novembre : La Chair, à l’Étoile-Palace.
1er-14 décembre : L’Oiseau de nuit, mimodrame de J.M. Alène et Georges Wague, musique d’Albert Chantrier, danses réglées par Cernusco. À la Gaîté-Rochechouart.

1912

8 février : Au Cercle de l’Union artistique, Colette parle du café-concert, et exécute une « danse assyrienne » puis une « danse montmartroise », avec Christine Kerf.
15-28 février : reprise de En camarades, au théâtre Michel.
3 mars : À 14h.30, La Romanichelle, avec Colette Willy et Paul Franck, au Casino-Palais du Soleil à Monaco. Les mêmes, à 20h.30, au Casino municipal de Beausoleil.
6-7 mars : Colette et Paul Franck jouent La Romanichelle à l’Eldorado-Casino de Nice.
29 mars : Au cours d’un spectacle organisé au théâtre Antoine, en matinée, par la Société des dessinateurs humoristes, Colette Willy interprète un extrait de ses Dialogues de bêtes, avec Firmin Gémier (Toby-Chien) Suzanne Després (Kiki-la-Doucette), Colette étant la petite chienne en visite.
4 avril-4 mai : À Ba-Ta-Clan, dans la revue Ça grise, Colette joue un tableau intitulé La Chatte amoureuse, pantomime humoristique réglée par Georges Wague sur une musique de Roger Guttinguer. Dans la même revue figure Musidora.
18 septembre-4 octobre : À Ba-Ta-Clan, reprise de L’Oiseau de nuit.
25-31 octobre : L’Oiseau de nuit, à l’Apollo-Théâtre de Genève.
Novembre : L’Oiseau de nuit, à la Gaîté-Montparnasse. À ce propos, le chansonnier Georgius ( Au lycée PapillonÇa c’est de la bagnole !) a laissé un curieux témoignage (passé en vente publique à Drouot, le 16 mai 2014). A l’époque jeune chanteur, il est sous contrat à la Gaîté lorsque s’y produisent Colette, Wague et Christine Kerf : « Une fille bizarre un peu bohémienne demandait asile un soir d’orage à un couple de paysans. Le mari tombait amoureux de cette sauvageonne. La femme, jalouse, finissait par tuer cet oiseau de malheur. Pour jouer ce personnage, Colette portait une grande robe de volants. Elle virevoltait, tournait tour à tour dans les bras du rustre qu’elle voulait séduire, ou dans ceux de la femme qui désirait la chasser. Colette, pour faire plus vrai, jouait les pieds nus et, ce qui était plus audacieux, ne portait ni culotte ni cache-sexe, si bien que les spectateurs des premiers rangs plongeaient avec curiosité sur son intimité. Dès la première représentation, les artistes et le directeur en firent le sujet de toutes leurs conversations. A cette époque, la Gaîté-Montparnasse gardait la tradition des vieux caf’conc’. Les spectateurs avaient droit à la cerise à l’eau-de-vie, au bock ou au café crème. Les garçons qui évoluaient au milieu des travées pour déposer les consommations sur des petites planches placées devant les clients se disputaient le droit de desservir le premier rang.[…] Et chaque fois qu’ils rentraient à l’office avec leur plateau vide, ils échangeaient invariablement cette réflexion :
— Qu’est-ce que je t’avais dit ? C’est une vraie brune, hein ?
Dès lors, le directeur, fit réserver les premiers fauteuils à ses habitués. Parmi eux un baryton célèbre de l’Opéra Comique. Comme notre directeur lui demandait son impression, le chanteur répliqua :
— Ça me rappelle ce que je chante dans Carmen : « Un oeil noir me regarde… »
Un soir, il s’adressa à Galtier-Boissière :
— Alors, votre avis ?
— Elle a un indéfrisable. »
Décembre : Sept représentation de L’Oiseau de nuit à Marseille.

Les Pantomimes

Le Désir, la Chimère et l’Amour (1906)

Mimodrame de Francis de Croisset (argument) et Jean Nouguès (musique). Colette joue le rôle d’un faune. Argument : « Faune égaré dans un délicieux jardin, situé sur la lisière d’un bois, que fréquentent des couples amoureux, Mme Willy se substitue au dieu de marbre dont la beauté séduit les jeunes femmes. Dans sa rigide immobilité, le Faune reçoit à son tour les hommages et les baisers de tout un monde galant venu pour admirer la statue ; et finalement il parvient à faire la conquête d’une des jeunes filles qu’il entraîne au fond du bois. »

La Romanichelle (1906)

Pantomime de Paul Franck. musique d’Édouard Mathé. Colette est la romanichelle. Argument : Pas de résumé précis, on sait qu’elle apparut « sous la forme charmante, mais inattendue, d’une petite bohémienne capricante et sauvage, à peine vêtue de loques qui laissent voir sa nudité blanche… » (selon Curnonsky).

Pan (1906)

De Charles Van Lerberghe, musique de Robert Haas, « drame satyrique en trois actes, en prose ». Colette est Paniska. Sujet de la pièce : « Pan est mort », criait une voix sur la mer, selon Plutarque. Non, il n’est pas mort, dit Van Lerberghe ; la preuve en est qu’il entre dans l’humble maison d’un couple dont il va aimer immédiatement la fille, Paniska, qui le lui rendra bien ; ils s’unissent sans être passés devant M. le bourgmestre et M. le curé : les autorités civiles et religieuses sont bafouées. Un printemps anormal et exubérant salue cette union contractée sous les auspices du libre amour. On veut imposer à Pan un concordat aux termes duquel il pourrait rester dans la commune. Il le refuse. Le rideau tombe sur son triomphe.

Rêve d’Égypte (1907)

Pantomime de Missy, musique d’Édouard Mathé. Argument : Dans un intérieur quelconque, un homme en complet marron consulte un vieux livre. Au fond, un sarcophage laisse apercevoir une momie. Celle-ci s’anime et vient mimer une scène d’amour avec l’égyptologue, vers qui elle s’avance, quêtant le baiser qui doit la rendre à la vie. Colette est la momie à laquelle l’égyptologue enlève les bandelettes.

Aux Bat. d’Af. (1911)

Mimodrame tiré par G. Wague d’un roman d’Aristide Bruant et Arthur Bernède, musique de Chantrier. Elle joue la Pouliche.

La Chair (1908)

Scénario de Georges Wague et Léon Lambert ; musique d’Albert Chantrier. Colette interprète Yulka. Argument : « Yulka vit avec le farouche contrebandier Hokartz qui l’aime de toute la force de son âme sauvage, mais Yulka lui est infidèle de toute la force de sa beauté. Elle reçoit en l’absence d’Hokartz, les visites d’un jeune sous-officier dont elle est amoureuse. Le contrebandier surprend leur rendez-vous, et surgit tout à coup : il désarme et assomme à moitié le séducteur, qu’il jette ensuite dehors. Restés seuls, l’amant exige une explication, il veut savoir. Yulka reste muette ; il la tuerait peut-être si, dans la lutte, son vêtement se déchirant, ne laisse apparaître « la Chair » dont il est sauvagement épris. Yulka fuit, épouvantée, tandis que dans la folie de son désespoir et l’impossibilité de la posséder encore il se tue devant la porte irrévocablement fermée. » – C’est le plus grand succès de Colette ; elle reprend régulièrement, pendant près de cinq ans, le spectacle, à Paris, en province, dans les pays limitrophes (Suisse, Belgique).

Colette interprète une « Danse égyptienne », musique d’Ingelbrecht, dans La Tour du silence, pièce en trois actes du Suédois G. Collijn (1909). Elle est accompagnée à la flûte et à la harpe.
Elle a aussi des scènes dansées dans Xantho chez les courtisanes (1910), comédie en vers de Jacques Richepin, musique de Xavier Leroux.

Colette La Chair sein scandale

L’Oiseau de nuit (1911)

Mimodrame en un acte de J. Alene et G. Wague, musique de Chantrier, danses réglées par Mme Cernusco. Argument : La scène se passe au Pays basque. Après le fandango qui clôt un jour de fête, une étrange visiteuse s’introduit chez une maison où vivent deux couples, les parents et le ménage du fils ; la nuit, elle veut y introduire un complice, mais elle est surprise par le fils. Pour le réduire au silence elle cherche à l’affoler et y réussit ; il perd la tête et veut la violenter : « Il y a là une scène d’une intensité indescriptible… Mais la quiétude du foyer un instant troublée par la venue de cet oiseau magnifique est rétablie ; l’épouse chasse l’aventurière de la maison si tranquille et si heureuse, où elle avait failli semer le désespoir, la trahison et la mort. »

Elle exécute (1912), lors d’une conférence sur le music-hall, une « Danse assyrienne », puis une « Danse montmartroise ».

La Chatte amoureuse (1912)

Pantomime humoristique, musique de Roger Guttinguer, dans la revue Ça grise. Argument : Le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de sa statue, Galatée. Par un concours de circonstance des plus extraordinaire une chatte se trouve près de la statue quand un magicien lui donne vie ; la chatte prend taille humaine, tout en restant chatte, et tombe amoureuse, comme Galatée, non pas de Pygmalion, mais de son bel esclave, Ganymède. La chatte est jalouse quand elle est amoureuse ; elle tente par tous les moyens de déranger les amants et quand ses efforts se révèlent vains, elle les fait surprendre par Pygamalion. Les dieux viennent au secours de l’amoureux bafoué et envoient la foudre qui remet bon ordre : la statue redevient statue et la chatte retrouve sa taille d’animal…

Colette Bataclan ça grise chatte

 

Le Musée Colette aura le plaisir de vous ouvrir ses portes à partir du 20 Juin jusqu’au 14 Novembre, tous les jours de 10H à 18H ( fermeture le mardi ).

Guide du Musée

Guía español
 
Guia português
 

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Randonnée

"Sur les pas de Colette"

"Les petits bonheurs du dimanche", animations variées ( musique, lectures, chansons, histoires …) chaque dimanche à 15H30 dans le jardin de la vinée…

- Le salon de thé vous proposera des trésors gourmands du pays de Colette, servis dans le jardin de la vinée,  avec sa vue imprenable sur la Puisaye...

- La boutique vous fera découvrir  des produits originaux, uniques,  créés par des artisans, artistes et producteurs locaux représentatifs du savoir faire poyaudin .

A bientôt….

Plus d’informations au : 03 86 45 61 95 

Le Musée Colette

Le château abrite depuis 1995, le musée Colette. Il présente l'appartement de l'écrivain au Palais-Royal, une salle de portraits, une bibliothèque et une filmographie retraçant la vie de Colette.

Chaque année, le Centre d'études Colette (Direction des Affaires culturelles du Conseil Général de l'Yonne) réalise une exposition sur sa vie et son oeuvre.

Des fenêtres du musée, un large panorama s'offre à vous sur la campagne environnante et la maison natale de l'écrivain située au pied du château, rue Colette.

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Un village littéraire

Avec l’ouverture de la maison natale, c’est tout un village et une région qui revit à l’heure de Colette, comme c’est le cas, aujourd’hui, dans le Berry avec la maison de George Sand.

De l’enfance à la consécration, de Saint-Sauveur au Palais-Royal, les visiteurs sont invités à mettre leurs pas dans ceux de Colette :
– dans la maison natale, personnage essentiel de toute l’œuvre, qui est au cœur de ce dispositif,
– sur les bancs de l’école, dans la salle de classe de la fin du XIXe siècle, théâtre des aventures de l’espiègle Claudine et de ses camarades,
– dans le musée installé dans le château où a été reconstitué l’appartement du Palais-Royal, dernière demeure de l’écrivain,
– dans la campagne environnante, sur le sentier littéraire et botanique, où l’on retrouvera la faune et la flore que l’écrivain a tant aimées et qu’elle a décrites mieux que personne.

C’est dans la maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye, entre ses murs, dans ses jardins, que Colette a acquis, auprès de sa mère, Sido, sa connaissance des plantes et des bêtes, l’attention aigüe à tout ce qui veut vivre, l’amour de la liberté et cet art de percevoir le monde à travers tous les sens qui deviendront les marques d’un style unique dans toute l’histoire de la littérature. De Claudine à l’école (1900), son premier roman, à Ces dames anciennes (1954), son dernier écrit, en passant par La Maison de Claudine (1922) et Sido (1930), elle n’aura de cesse de reconquérir par l’écriture ce paradis perdu.

Mieux qu’une simple maison d’écrivain, la maison natale est un véritable rouage de la création littéraire, un témoignage unique de notre patrimoine littéraire offert aux générations futures.

La Puisaye pays de Colette invite le grand public et notamment les plus jeunes de découvrir ou redécouvrir la vie et l’œuvre de celle qui, toute sa vie, resta fidèle à un pays et qui fut une pionnière et un exemple dans l’émancipation et la libération de la femme au XXe siècle et qui porta, par son style unique, la langue française à un point de perfection rarement égalé.

À l’image de beaucoup de ses héroïnes, Colette a pris le chemin du retour…

Bibliothèque de Colette

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Claudine à l’école

Claudine à Paris

Claudine en ménage

Claudine s’en va

Dialogues de bêtes
1904

Sept dialogues de bêtes
1905

La Retraite sentimentale
1907

Les Vrilles de la vigne
1908

L’Ingénue libertine

 

La Vagabonde
1910

Prrou, Poucette et quelques autres
1913

L’Envers du music-hall
1913

L’Entrave
1913

La Paix chez les bêtes
1916

Les Heures longues
1917

Dans la foule
1918

Mitsou
1919

Chéri
1921

La Chambre éclairée
1921

Celle qui en revient

Le voyage égoïste
1922

La Maison de Claudine
1922

Le Blé en herbe
1923

La Femme cachée
1924

Aventures quotidiennes
1925

L’enfant et les Sortilèges
1925

Quatre saisons
1925

La Fin de Chéri
1926

Renée Vivien
1928

La Naissance du Jour
1928

La Seconde
1929

Sido
1929

Regarde…
1929

Douze dialogues de bêtes

Supplément à Don Juan
1931

Paradis terrestres

Ces plaisirs…
1932

La Treille muscate

Prisons et paradis
1932

La Chatte
1933

La Jumelle noire

Duo
1934

Les Cahiers de Colette

Mes apprentissages
1936

Discours de réception à l’Académie Royale Belge
1936

Bella-Vista
1936

Le Toutounier
1939

Chambre d’hôtel
1940

Journal à rebours
1941

Mes Cahiers
1941

Le Pur et l’Impur
1941

Julie de Carneilhan
1941

De ma fenêtre
1942

Paris de ma fenêtre
1942

Le Képi
1943

Flore et Pomone
1943

De la patte à l’aile

Nudité

Nudité
1943

Gigi
1944

Trois… Six… Neuf…
1944

Broderie ancienne
1944

Belles saisons
1945

Une amitié inattendue
1945

L’Étoile Vesper
1946

Pour un herbier
1948

Œuvres (Le Fleuron)
1948

Trait pour trait
1949

Le Fanal bleu
1949

Journal intermittent
1949

La Fleur de l’âge
1949

En pays connu
1949-50

Ces Dames anciennes
1954

Paysages et portraits
1958

Contes des mille et un matins

Le Collier
2003

Lettres à Hélène Picard
1958

Lettres à Marguerite Moreno
1959

Lettres de la Vagabonde
1961

Lettres au Petit Corsaire
1963

Lettres à ses Pairs
1973

Lettres à Missy
2009

Colette journaliste

J’aime être gourmande

Un bien grand amour Colette

Un bien grand amour

Colette première guerre mondiale

Une parisienne dans la Grande Guerre

Colette publicité Hermès Philips Ford

Le Second métier de l’écrivain

Colette Paris Palais-Royal

Paris, je t’aime

Colette cadeaux noël

Cadeaux de Noël

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Liste des oeuvres par ordre alphabétique

Mes Apprentissages
Aventures quotidiennes
Bella-Vista
Belles saisons
Le Blé en herbe
Broderie ancienne
Cadeaux de Noël
Mes Cahiers
Les Cahiers de Colette
Celle qui en revient
Ces plaisirs…
Chambre d’hôtel
La Chambre éclairée
La Chatte
Chéri
Claudine à l’école
Claudine à Paris
Claudine en ménage
Claudine s’en va
Colette journaliste
Contes des mille et un matins
Ces Dames anciennes
Dans la foule
De la patte à l’aile

De ma fenêtre
Dialogues de bêtes
Discours de réception
Douze dialogues de bêtes
Duo
En pays connu
L’Enfant et les sortilèges
L’Entrave
L’Envers du music-hall
L’Etoile Vesper
Le Fanal bleu
La Femme cachée
La Fin de Chéri
La Fleur de l’âge
Flore et Pomone
Gigi
Les Heures longues
L’Ingénue libertine
J’aime être gourmande
Journal à rebours
Journal intermittent
Julie de Carneilhan
La Jumelle noire
Le Képi

La Maison de Claudine
Mitsou
La Naissance du jour
Nudité
Œuvres (Le Fleuron)
La Paix chez les bêtes
Paradis terrestres
Paris, de ma fenêtre
Paris, je t’aime
Une parisienne dans la Grande Guerre
Paysages et portraits
Pour un herbier
Prisons et Paradis
Prrou, Poucette et quelques autres
Le Pur et l’Impur
Quatre saisons
Regarde…
Renée Vivien
La Retraite sentimentale
Le Second métier de l’écrivain
La Seconde
Sept dialogues de bêtes

Sido
Supplément à Don Juan
Le Toutounier
La Treille muscate
Trait pour trait
Trois… Six… Neuf…
La Vagabonde
Le Voyage égoïste
Les Vrilles de la vigne
Une amitié inattendue
Lettres à Hélène Picard
Lettres à Marguerite Moreno
Lettres à Missy
Lettres à ses Pairs
Lettres au Petit Corsaire
Lettres de la Vagabonde
Un bien grand amour

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Oeuvre choisie

dans la Bibliothèque

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Claudine à l 'ècole

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Extrait

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Le 14 juillet 1887, le maire de Saint-Sauveur-en-Puisaye, Pierre Merlou, posait la première pierre de la nouvelle école du village. L'inscription est encore visible aujourd'hui et garde la mémoire des aventures de la plus célèbre écolière du village : Claudine... Colette se souviendra dans "Claudine à l'école" de l'inauguration du nouveau groupe scolaire qui eut lieu le 28 septembre 1890.

"Dans la cour débouchent des nuages blancs, enrubannés de rouge, de rouge, de vert et de bleu ; toujours et toujours plus nombreuses, les gamines arrivent, - silencieuses pour la plupart, parce que fort occupées à se toiser, à se comparer, et à pincer la bouche d'un air dédaigneux. On dirait un camp de Gauloises, ces chevelures flottantes, bouclées, crêpées, débordantes, presque toutes blondes... Une galopade dévale l'escalier, ce sont les pensionnaires, - troupeau toujours isolé et hostile - à qui les robes de communiantes servent encore.

La cour s'emplit de petites et grandes fillettes, et tout ce blanc, sous le soleil, blesse les yeux.

Un religieux silence s'établit : nous regardons descendre ces demoiselles posément, marche à marche.

- Où est le drapeau ? demande tout de suite Mademoiselle Sergent.

Le drapeau s'avance, modeste et content de soi.

- C'est bien ! c'est... très bien ! Venez ici Claudine... je savais bien que vous seriez à votre avantage. Et maintenant, séduisez-moi ce ministre-là !

Elle examine rapidement son bataillon blanc, range une boucle ici, tire un ruban là, et ayant tout scruté de son oeil redoutable, saisit le faisceau des fanions légers qui portent en or des inscriptions variées : Vive la France ! Vive la République ! Vive la Liberté ! Vive le Ministre !... etc., en tout vingt drapeaux qu'elle distribue à des élues qui s'empourprent d'orgueil, et tiennent la hampe comme un cierge, enviées des simples mortelles qui enragent.

Nos trois bouquets noués de flots tricolores, on les tire précieusement de leur ouate comme des bijoux.

Nous descendons le perron, nous n'entendons plus ; les banderoles et leurs fanions claquent légèrement sur nos têtes ; suivies d'un piétinement de moutons nous passons sous l'arc de verdure...

Fières comme de petits paons, les yeux baissés, et crevant de vanité dans notre peau, nous marchons doucement, le bouquet dans nos mains croisées, foulant la jonchée qui abat la poussière ; c'est seulement au bout de quelques minutes que nous échangeons des regards de côté et des sourires enchantés, tout épanouies.

- On a du goût* ! soupire Marie." (Claudine à l'école, 1900)

* On s'amuse.

Photo-montages de la salle de la classe :

http://cerisiersdelaube.blogspot.com/2010/07/le-monde-de-colette-1.html?m=0

 

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