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les Contes

 

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Inventer un conte est un exercice merveilleux. On a tous en mémoire un conte qui nous a particulièrement marqué. Dans les petites classes, en maternelle, en cm2 ou au collège.

Mais, pas seulement. Par exemple, « La petite sirène », « Peau d’âne » ou encore « Riquet à la houppe ». Et il y en a beaucoup d’autres. Avec des fées, des sorcières, des rois et des reines.

Entre autres. Si on y fait attention, on a vite fait de voir que la structure et le déroulement de ces contes ont toujours les mêmes bases. Il est donc très intéressant de les connaître, car non seulement cela facilite l’écriture d’un conte, mais aussi, celle d’un roman.

Eh oui, un conte peut être vu aussi comme le prélude à l’écriture d’un roman moderne.

1 – Structure d’un conte avec un ou plusieurs univers

L’univers dans lequel se déroule un conte est la première pierre de sa construction. Elle va en définir l’atmosphère, en général, fantastique et orienter l’intrigue. Dans « La petite sirène« , par exemple, la nature de l’univers joue un rôle fondamental.

En effet, le conte se déroule successivement dans trois univers : l’univers marin, l’univers terrestre et in fine, l’univers aérien. Grâce à l’aide d’une sorcière, la petite sirène parvient à passer du premier au deuxième par amour du jeune prince qu’elle a sauvé de la noyade. Mais cela, au prix de sacrifices inouïs. En vain, car le prince ne la reconnait pas.

Cependant, son abnégation se révèle payante, car elle y gagne l’immortalité. Dans ce conte, tout est magique et la volonté des protagonistes est soumise à des forces qui les dépassent. Les univers leur imposent leur loi.

A noter que toute l’histoire de ce conte danois écrit par Hans Andersen tient en 16 pages.

 

2 – Créer un conte à partir de ses différents protagonistes

Ils constituent la deuxième pierre sur laquelle repose la fondation d’un conte. On l’a vu, si l’univers joue un rôle de premier plan, il en est bien évidemment de même, sinon plus, des protagonistes. Indépendamment de l’intrigue. Prenons le cas, par exemple, de « Riquet à la houppe« .

Le conte a été écrit par Charles Perrault. Il ne fait pas plus de 5 pages et fait partie du recueil des Contes de ma mère l’Oye. Mais, quelle intensité !

D’un côté, on a Riquet à la houppe, jeune homme contrefait, mais très intelligent, rusé, avec le pouvoir de rendre intelligentes les personnes qu’il aime.

 

Créer un conte à partir de ses différents protagonistes
Créer un conte à partir de ses différents protagonistes

 

De l’autre, une très jolie princesse, malheureusement, d’une grande sottise, mais avec le pouvoir de rendre très belles les personnes qu’elle aime. Toute l’histoire tourne autour de la  rencontre improbable entre les deux héros  du conte et de leur transformation respective grâce à l’amour qu’ils finissent par éprouver l’un pour l’autre. Soyons honnête, l’histoire est un peu plus complexe.

C’est ce qui apparaît à la fin. Et l’idée qui en ressort est que l’amour parvient à transfigurer les défauts de l’être aimé. Autrement dit, avec les yeux de l’amour, la réalité peut être plus belle qu’on ne pense. Tout ça en 5 pages, grâce au poids des protagonistes.

 

3 – Comment écrire un conte

L’intrigue d’un conte se déroule toujours en 5 points. Ces 5 points sont d’autant plus notables que le conte est long. Prenons, comme exemple et comme guide, ce monument de la littérature anglaise qu’est « Alice au pays des merveilles« . Le conte a été écrit par Lewis Carroll en 1865.

État initial du conte ou à quel temps écrire un conte

Il est rapidement abordé par Lewis Carroll. Très vite il fait entrer son lecteur dans le vif du sujet et le plonge dans un temps passé.

Alice, assise auprès de sa sœur sur le gazon : une ou deux fois, elle avait jeté les yeux sur le livre que lisait sa sœur. Mais, quoi ! pas d’images, pas de dialogues ! « La belle avance » pensait Alice.

Tout tient en une phrase. Mais, le point de départ est très bien singularisé et c’est ce qui importe. Cela souligne aussi que si l’état initial est indispensable, il n’est pas essentiel. Ce qui est essentiel, c’est ce que va vivre le héros ou l’héroïne du conte et la leçon qui en sera tirée.

 

L’élément perturbateur

Quand tout à coup un lapin blanc aux yeux roses passa près d’elle. Il n’y avait rien là d’étonnant et Alice ne trouva même pas très extraordinaire d’entendre le lapin qui disait : « Ah ! j’arriverai trop tard ! »

Avec l’arrivée du lapin, l’aventure ou la randonnée peut commencer. C’est le déclencheur. Alice court après lui et s’enfonce dans un terrier.

Là, elle ne s’étonne de rien et suit les injonctions successives de son environnement, au gré des circonstances. Sans jamais se départir de son regard d’enfant plein de sagesse porté sur un univers complétement délirant.

 

Une ou plusieurs épreuves clés

On peut les écrire à partir d’images ou à plusieurs mains. Cela constitue un excellent exercice de créativité. On peut d’ailleurs l’utiliser aussi bien à l’école qu’en entreprise.

Pour ce qui est de l’œuvre de Lewis Carroll, celle-ci est divisée en 12 chapitres. Cela se comprend, le conte fait plus de 60 pages. Chacun d’entre eux correspond à une aventure particulière d’Alice.

 

Une ou plusieurs épreuves clés
Une ou plusieurs épreuves clés

 

On peut aussi dire qu’ils correspondent à autant d’épreuves. Alice y grandit ou y rapetisse, à mesure qu’elle contrôle ou ne contrôle pas ce qui lui arrive. Peu à peu, elle comprend ce qui lui appartient de faire.

Ce n’est pas de ma faute, dit Alice, doucement, je grandis. – Vous n’avez pas le droit de grandir ici, dit le Loir.

On comprend bien que le fait de grandir pour Alice ne doit pas seulement être pris au sens propre, mais aussi et surtout, au sens figuré.

 

 

Le climax ou la dernière épreuve du conte

Le dernier chapitre, intitulé « Déposition d’Alice », est en quelque sorte le clou du spectacle. Il intervient après une sombre histoire de vol de tartes décrite dans le chapitre précédent. Tout finit par partir en vrille et la reine veut en finir avec Alice, trop raisonnable à son goût.

Qu’on lui coupe la tête ! hurla la reine de toutes ses forces. Personne ne bougea. – On se moque bien de vous, dit Alice (Elle devait avoir alors atteint toute sa grandeur naturelle), vous n’êtes qu’un paquet de cartes.

La chute est remarquable. Elle rappelle celle du conte d’Andersen, « Les habits neufs de l’Empereur« , de la même époque que « La petite sirène » Dans ce conte, un roi, victime de deux tisserands escrocs, s’imagine être vêtu, grâce à eux, d’un habit resplendissant, alors qu’en fait il est nu.

Mais, personne de sa cour n’ose le lui dire. Seul un enfant dans la foule, au moment où le roi sort en procession, finit par crier :

Mais, il n’a pas d’habit du tout ! Le père s’émerveille de la parole de son fils, et la commente en ces termes : « entendez la voix de l’innocence » et le cri de l’enfant est alors repris en chœur par la foule, sur le passage du roi, qui convient à part soi que l’enfant et le peuple ont raison.

 

Le nouvel état

Alice se réveille et sort de ce qui n’était qu’un rêve. Les cartes se révèlent être des feuilles qui lui tombent sur le visage. Et le mouvement que fait sa sœur pour les écarter finit par la réveiller.

Ce retour à la réalité qui la soustrait à un rêve devenu cauchemardesque la satisfait, évidemment, pleinement. Le temps de ce rêve, elle aura continué à grandir.

Une évolution du même ordre a lieu dans le conte d’Andersen. Le roi comprend qu’il a été berné et que les solutions aux problèmes qu’il rencontre ne se trouve pas forcément là où il lui semblait naturel d’aller les chercher.

 

4 – Terminer le conte par une morale

C’est là une constante propre à tous les contes. Même pour les contes dit de Noël. Un conte se termine toujours par une morale.

Autrement dit, un enseignement. C’est pourquoi ils sont si marquants. Tout ce qui précède la fin d’un conte est, en réalité, une démonstration et une illustration à l’appui de cette fin.

C’est en quoi un conte s’apparente à une quête et à une élévation morale ou à un apprentissage du personnage central.

 

Terminer le conte par une morale
Terminer le conte par une morale

Contrairement à ses apparences, un conte est donc quelque chose de très sérieux. Et les enfants à qui il est principalement destiné, mais pas toujours, ne s’y trompent pas. Car précisément, ils sont en recherche d’explications sur le monde dans lequel ils vivent et de la meilleure façon de s’y comporter.

 

Du conte au roman

Du conte au roman, il n’y a qu’un pas. D’ailleurs, Lewis Carroll avait d’abord conçu, à l’origine, son ouvrage comme un roman et en plus, destiné à des adultes. Beaucoup de ses personnages sont même des caricatures de ses collègues universitaires. Question de choix du style de récit. D’où notamment, la longueur du texte.

De sorte qu’on peut naturellement s’inspirer du conte et de sa mécanique pour écrire un roman. Bien sûr, ce dernier obéit aussi à d’autres règles, surtout s’il est basé sur des faites réels. Cela permet d’éviter d’inutiles longueurs ou des propos qui ne permettent pas de faire progresser le lecteur, tout en le divertissant.

Mais, avant de passer au mode « roman », le mode « conte » recèle suffisamment de potentialités, avec ses nombreuses variantes et la multiplicité de ses thèmes, pour absorber pleinement tout écrivain qui a su garder son âme d’enfant et le goût des univers magiques.

Auteur : CoolLibri Impression de livre

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