André Gide

 

 

Andre Gide

 

Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent.

Repères dans la vie d'André Gide

22 novembre 1869 Naissance d'André Gide à Paris. Son père, Paul Gide, protestant d'origine cévenole, est professeur de droit romain à la faculté. Sa mère, Juliette Rondeaux, protestante d'origine normande, appartient à la riche bourgeoisie d'affaires.
1876 Premières leçons de piano, instrument dont il jouera toute sa vie.
1880 Le 28 octobre, mort de son père.
1887 Après une scolarité en pointillé, retour à l'École alsacienne en classe de rhétorique, avec Pierre Louÿs (qui lui présentera Marcel Drouin). Début du Journal.
1889 Baccalauréat. Décide de se consacrer à la littérature.
1890 Rencontre avec Paul Valéry. Publication des Cahiers d'André Walter, à compte d'auteur, chez Perrin.
1891 Barrès le présente à Stéphane Mallarmé. Rencontre avec Oscar Wilde.
1892 Publication des Poésies d'André Walter à La Librairie de l'art indépendant.
1893 Le 18 octobre, avec le peintre Paul-Albert Laurens, il embarque pour l'Afrique du Nord, patrie mythique de sa libération sexuelle. La Tentative amoureuse et Le Voyage d'Urien.
1894 En automne, séjour à La Brévine, dans le Jura suisse, pour écrire Paludes, publié l'année suivante.
1895 Le 31 mai, mort de sa mère. Hérite du domaine de La Roque-Baignard. Le 8 octobre, à Cuverville-en-Caux, mariage blanc avec sa cousine, Madeleine Rondeaux. Voyage de noces en Suisse et en Italie.
1896 En Tunisie, puis en Algérie, où Eugène Rouart et Francis Jammes rejoignent le couple. En France, en avril. Est élu maire de La Roque en mai.
1897 Amitié pour Henri Ghéon, qui durera jusqu'en 1915, date de la conversion de ce dernier au catholicisme. Collaboration à L’Ermitage, qui se poursuivra jusqu'en 1906. Il publie Les Nourritures terrestres au Mercure de France et projette d'écrire ses Mémoires.
1898 Dreyfusard, il signe la pétition en faveur d'Émile Zola, à la suite de "J'accuse". Article contre Les Déracinés, de Maurice Barrès.
1899 Rencontre avec le peintre Théo Van Rysselberghe, sa femme Maria, dite "la Petite Dame", et leur fille Élisabeth. PhiloctèteEl Hadj et Le Prométhée mal enchaîné.
1902 Publication de L'Immoraliste, tiré à trois cents exemplaires.
1903 Rencontre avec Jacques Copeau. Publication de Saül et de Prétextes. En août, à la cour de Weimar, conférence sur "L'importance du public". Sixième voyage en Afrique du Nord.
1906 Amyntas. Avec sa femme, il emménage à Auteuil dans la villa Montmorency, qu'il a fait construire.
1907 Le Retour de l'enfant prodigue.
1909 Il fonde avec Jacques Copeau, Jean Schlumberger et André Ruyters, "La Nouvelle Revue française", dotée l'année suivante d'un comptoir d'édition ayant pour gérant Gaston Gallimard. Le 21 décembre, il assiste aux obsèques de Charles-Louis Philippe.
1910 En septembre, à Pontigny, "première décade" organisée par La NRF.
1911 Isabelle paraît aux éditions de La NRF. Rencontre avec Joseph Conrad.
1912 En mai, il est juré à la cour d'assises de Rouen.
1913 Rencontre avec Roger Martin du Gard.
1914 La publication des Caves du Vatican occasionne sa rupture avec Paul Claudel. Cofondateur avec Charles Du Bos du Foyer franco-belge, il vient en aide aux réfugiés.
1916 Crise religieuse dont témoignera Numquid et tu?
1917 Début de sa liaison avec Marc Allégret.
1918 Son voyage en Angleterre avec Marc déclenche une crise conjugale. En novembre, Gide apprend que Madeleine a détruit les lettres qu'il lui adressait depuis trente ans.
1919 La Symphonie pastorale.
1921 Publication des Morceaux choisis. Premières campagnes menées par l'extrême droite intellectuelle Henri Massis et Henri Béraud contre André Gide.
1923 Le 18 avril, naissance de Catherine, la fille de Gide et d'Élisabeth Van Rysselberghe.
1924 Première édition courante de Corydon, courageuse défense de l'homosexualité.
1925 S'embarque le 19 juillet pour l'Afrique-Équatoriale française avec Marc Allégret. Reçoit en cadeau une sorte de paresseux, un pérodictique potto, appelé Dindiki.
1926 En France, parution des Faux-Monnayeurs, tandis que Gide poursuit son voyage au Congo et au Tchad. À son retour, il dénonce les exactions commises par les compagnies concessionnaires et fait des propositions pour améliorer le sort des indigènes. Si le grain ne meurt.
1927 En juin, le Voyage au Congo déclenche une vive polémique. Le 15 octobre, dans la "Revue de Paris", Gide publie un long article sur "La détresse de notre Afrique équatoriale".
1928 Le Retour du Tchad. Entre ses voyages, il vit tantôt à Paris, au 1 bis, rue Vaneau où habitent également en toute indépendance "la Petite Dame" et Marc Allégret, tantôt à Cuverville, où réside Madeleine.
1929 Gide s'éloigne de la religion et se rapproche des communistes. Il fréquente André Malraux et Julien Green. L’École des femmes et Robert.
1930 La Séquestrée de Poitiers puis L'Affaire Redureau, suivie de Faits divers, dans la collection "Ne jugez pas", qu'il a créée et dirige chez Gallimard.
1931 Œdipe. Mise en chantier de l'édition de ses Œuvres complètes.
1932 Gide exprime sa sympathie pour l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires, mais il refuse d'y adhérer.
1933 Les Caves du Vatican paraissent en feuilleton dans "L'Humanité".
1934 Le 4 janvier, il se rend à Berlin avec André Malraux, pour demander aux autorités du IIIe Reich la libération de Dimitrov et des communistes arrêtés après l'incendie du Reichstag. Il publie Perséphone, livret de l'opéra d'Igor Stravinski.
1935 Du 21 au 25 juin, à la Mutualité, il préside le premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture. Les Nouvelles Nourritures.
1936 Du 16 juin au 24 août, voyage officiel en URSS. Départ en compagnie de Pierre Herbart. Eugène Dabit, Jef Last, Louis Guilloux et Jacques Schiffrin les rejoindront début juillet. Périple classique: Moscou, Leningrad, le Caucase et la mer Noire. Le 20 juin, sur la place Rouge, Gide prononce un discours pour les funérailles de Maxime Gorki. En octobre, dans La NRF, hommage à Eugène Dabit, mort le 21 août en URSS. En novembre, la publication de Retour de l'Urss a un retentissement considérable. Les communistes accusent Gide de trahison.
1937 Avec Retouches à mon Retour de l'Urss, il poursuit son analyse critique du stalinisme.
1938 Avec Pierre Herbart, il voyage à travers le Sénégal, le Soudan et la Guinée. Il en rapporte un caméléon, qu'il donne au Muséum. Le 17 avril, Madeleine Gide meurt à Cuverville. Fin août, Gide commence Et nunc manet in te.
1939 Voyage en Égypte puis, avec Robert Levesque, en Grèce. En mai, publication du Journal 1889-1939, dans la Bibliothèque de la Pléiade. À partir de septembre il vit, à Cabris, à La Messuguière, non loin de la villa des Herbart, Les Audides, puis à Nice, chez les Bussy.
1940 Après Nice et Vence, retour à Cabris en juillet, où il séjournera pendant plus d'un an. En décembre, dans le premier numéro de La NRF de Drieu La Rochelle, il publie des Feuillets de son Journal.
1941 En février, nouveaux Feuillets à La NRF. En mars, rupture avec La NRF collaborationniste. Gide écrit pour sa fille Conseils à une jeune actrice. À partir de juillet, il réside à La Croix-Valmer, puis à Grasse et à Nice.
1942 Publication du Théâtre. Le 4 mai, il quitte la Côte d'Azur et s'embarque pour la Tunisie. Réside chez les Théo Reymond de Gentile, à Sidi-Bou-Saïd, puis à Tunis.
1943 En mars, en Suisse, publication de l'édition originale des Interviews imaginaires. Le 27 mai, il part pour Alger, où il habite chez les Heurgon. Le 25 juin, dîner avec le général de Gaulle. Septembre-décembre, au Maroc.
1944 Le 8 février, retour chez les Heurgon. Jean Amrouche et Jacques Lassagne fondent "L'Arche", sous le patronage de Gide, qui publiera régulièrement dans cette revue.
1945 Le 26 février, arrivée de Maria Van Rysselberghe à Alger. Le 6 mai, retour à Paris. Le 23 juin, avec Georges Simenon, il se rend à Cuverville, qu'il n'avait pas revu depuis la mort de Madeleine.
1946 Publication de Thésée. En avril, se rend en Égypte, puis au Liban. Le 12, conférence intitulée "Souvenirs littéraires et problèmes actuels", publiée par Les Lettres françaises de Beyrouth et vendue au profit de la Croix-Rouge libanaise. Le 17 octobre, création d'Hamlet, dans une traduction d'André Gide, par Jean-Louis Barrault, au Théâtre Marigny.
1947 Le 5 juin, il est docteur honoris causa de l'université d'Oxford. Le 13 novembre, il reçoit le prix Nobel de littérature.
1948 Notes sur Chopin.
1949 Il publie une Anthologie de la poésie française, ses Feuillets d'automne et sa correspondance avec Paul Claudel. Du 10 octobre au 14 novembre, diffusion de ses entretiens avec Jean Amrouche. Pour ses quatre-vingts ans, exposition en son honneur à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet.
1950 Il écrit Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits. Assiste aux répétitions des Caves du Vatican, que met en scène Jean Meyer. Le 13 décembre a lieu la première à la Comédie-Française, en présence de Vincent Auriol, président de la République.
19 février 1951 Mort d'André Gide, 1 bis, rue Vaneau.
1952
 

 

 

Catherine GIDE (18 avril 1923 – 20 avril 2013)

Photo de Martine Sagaert

 

Catherine Gide a œuvré, sa vie durant, pour la connaissance et le rayonnement de l’œuvre de son père. Elle avait honoré de sa présence le colloque André Gide, homme solaire, organisé par Raphaël Dupouy au Lavandou en 2001 et Actualités d’André Gide, organisé par Martine Sagaert (Université du Sud - Toulon Var) et Peter Schnyder (Université de Haute-Alsace), en 2011, à Toulon et à la villa Noailles, à Hyères. Elle repose aujourd’hui au cimetière du Lavandou. Sa disparition nous fait une grande peine.

On peut la retrouver dans « A la croisée des chemins Gide-Van Rysselberghe, Catherine, la petite varoise », dans Balade dans le VarSur les pas des écrivains (Martine Sagaert, Editions Alexandrines », 2010), dans André Gide, Un album de famille (livre et DVD de Jean-Pierre Prévost, Gallimard – Fondation Catherine Gide, 2010) et dans le livret d’hommage que Peter Schnyder a recueilli, et qui est en ligne sur le site de la Fondation Catherine Gide.

 

Ses oeuvres

 

 

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Les Faux-Monnayeurs

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Les Faux-monnayeurs est un roman écrit par André Gide, publié en 1925 dans la Nouvelle Revue française (NRF). Alors que Gide a déjà écrit de nombreuses œuvres à cette époque, telles Les Caves du Vatican, il affirmera dans la dédicace à Roger Martin du Gard que c'est son « premier roman » (qualifiant ses publications antérieures de « récits » ou de « soties »).

Construit avec minutie, ce roman multiplie les personnages, points de vue narratifs et intrigues secondaires diverses autour d'une histoire centrale. Par la liberté de l'écriture et la multiplicité des angles de vue, Gide se détache de la tradition littéraire du roman linéaire. À travers le personnage d'Édouard il montre les limites de la prétention du roman à reproduire le monde réel et ouvre ainsi la voie à la recherche plus large d'une écriture créatrice.

Ce roman aujourd'hui est considéré comme l'un des plus significatifs du xxe siècle, précurseur de mouvements littéraires comme le Nouveau Roman. En 1950, ce roman fut inclus dans la liste du Grand prix des Meilleurs romans du demi-siècle. Une adaptation télévisuelle de 120 minutes en a été effectuée en 2010 par Benoît Jacquot (scénario et réalisations).

L'homosexualité est au centre de l'action, que ce soit la rivalité entre les deux écrivains Robert et Édouard, l'enlèvement d'Olivier ou l'attirance des jeunes gens pour leurs aînés, qui permet de montrer une application pratique de la théorie exposée en 1924 dans Corydon, et à nouveau l'année suivante dans Si le grain ne meurt.

Ce roman est difficile à résumer car les intrigues et personnages sont multiples et s'enchevêtrent les uns les autres. Toutefois, il est possible de dégager une histoire centrale autour de quatre personnages, et plusieurs intrigues secondaires qui partent ou reviennent de l'histoire centrale.

L'histoire centrale est celle de quatre personnages, Bernard et Olivier, deux jeunes lycéens ainsi qu'Édouard et Robert de Passavant, deux écrivains homosexuels, et leur rivalité à la fois littéraire et pour s'attacher l'amour des jeunes gens.

Bernard, qui est sur le point de passer son baccalauréat, tombe par hasard sur des lettres d'amour adressées à sa mère et découvre qu'il est le fruit d'un amour interdit entre cette dernière et un amant de passage. Il en conçoit un profond mépris pour l'homme qui l'a élevé sans être son géniteur et qu'il pense alors n'avoir jamais aimé. Pourtant, ce père adoptif, Albéric Profitendieu, a malgré lui une préférence pour celui-ci parmi ses autres enfants. Après avoir écrit la lettre d'adieu la plus cruelle et la plus injuste qu’on puisse imaginer, Bernard fuit la maison et se réfugie chez un de ses amis et camarade de classe, Olivier. Ce dernier est un jeune homme timide qui cherche à combler son manque d'affection auprès de ses amis proches ou de son oncle Édouard, pour qui il a un penchant réciproque mais que ni l'un ni l'autre ne parviennent à exprimer. Édouard ayant déposé sa valise à la consigne de la Gare Saint Lazare et inconsciemment laissé tomber à terre le ticket, Bernard le ramasse et en profite pour s’emparer de la valise. Il fait main basse sur son portefeuille et prend connaissance de son journal intime, ce qui lui permet de savoir où le retrouver, dans un petit hôtel où séjourne sa grande amie Laura. Cette jeune femme se trouve enceinte des œuvres de Vincent, frère d’Olivier, qui l'a abandonnée et la laisse dans la plus grande détresse. Nullement rancunier, Édouard s’amuse de l’aventure de la valise disparue et retrouvée et invite Bernard à un séjour en Suisse avec Laura, lui proposant également d’être son secrétaire. De ce séjour en montagnes, Bernard éprouve un bonheur ineffable, il est épris également de l’écrivain et de la femme délaissée.

Le récit enthousiaste qu’il fait à son ami Olivier rend celui-ci terriblement jaloux et par dépit, celui-ci se laisse séduire par le comte de Passavant, écrivain à la mode, riche, dandy et amateur de garçons mais également cynique et manipulateur. Il convoitait le garçon depuis un moment et profite de ses états d'âme pour se l'accaparer. L'influence du comte sur le garçon est pernicieuse : Olivier devient mauvais, brutal, détestable même aux yeux de ses meilleurs amis. Il finit par s'en rendre compte et sombre dans une dépression noire, sans savoir comment faire machine arrière. Au cours de la soirée d'un club littéraire, les Argonautes, il se saoule et se ridiculise devant tout le monde puis sombre dans une torpeur éthylique. Il est rattrapé et soigné par l'oncle Édouard. Au matin, il tente de se suicider, non pas par désespoir dira-t-il, mais pour des raisons qu'il garde secrètes. Il finira par rester chez son oncle, grâce à la bienveillance de sa mère Pauline qui devine bien les relations affectueuses liant son demi-frère à son fils et qui ne veut pas les détruire. Bernard, quant à lui, au cours d'une discussion avec Laura et Édouard à Saas-Fee en Suisse, comprend que le lien du sang est une fausse valeur, et qu'il doit accepter Profitendieu comme celui qui l'a élevé, et donc comme père.

 

Autour de cette histoire centrale gravitent plusieurs intrigues secondaires :

  • celle du grand frère d'Olivier, Vincent, qui connaît avec une cousine éloignée (Laura, l'amie d'Édouard) une aventure adultère au fruit amer puisqu'il la rend enceinte. Lâchement, il abandonne ses responsabilités pour se perdre auprès de lady Griffith, amie du comte de Passavant mais plus cynique encore.
  • celle du petit frère d'Olivier, Georges, jeune garçon calculateur qui n'a pas froid aux yeux et vire à la délinquance, manipulé par un sous-fifre du comte de Passavant.
  • celle d'un ami d'Olivier, Armand, désabusé et dépressif, qui vire au nihilisme absolu dans ses attitudes et ses idées. Il finit par trouver sa voie auprès du cynisme du comte de Passavant.
  • les adultes du roman ont aussi leurs histoires : le père de Bernard, juge d'instruction qui suit une affaire de fausse monnaie, où Georges se trouve mêlé ; le père d'Olivier, tiraillé entre sa femme, sa famille et sa maîtresse ; La Pérouse, vieil organiste rempli d'amertume qui rêve de retrouver son petit-fils perdu mais se trouve terriblement déçu lorsqu'il le rencontre, etc.
  • enfin, Boris, le petit-fils de l'organiste, jeune enfant fragile rencontré dans un sanatorium en montagne par Édouard et Bernard est ramené à Paris afin de l'éloigner de la maladie de Bronja, fille de sa doctoresse, qu'il vénère, mais aussi de ses penchants à la masturbation avec ses petits amis, attitude jugée honteuse et maladive à cette époque. Perdu, désespéré, abandonné de tous, y compris d'Édouard, qui s'était pourtant juré de s'en occuper, maltraité par Georges et ses camarades, il sera la victime expiatoire, en se suicidant, d'un drame épouvantable qui clôt le roman sur une note extrêmement sombre.

Par ailleurs, le roman est construit sur une mise en abyme puisque l'oncle Édouard, écrivain, est présenté en train d'écrire un roman intitulé Les Faux-Monnayeurs, dans lequel il cherche à s'éloigner de la réalité, et qui a pour personnage principal un romancier.

La construction du roman est très complexe et loin de la narration linéaire classique. Les différentes histoires s'enchevêtrent, les points de vue sont multiples et variables, le narrateur lui-même change régulièrement. Les genres narratifs sont, par ailleurs, multiples : journal intime, lettre... Il arrive même que l'auteur s'adresse directement au lecteur. La narration est ainsi fondée sur une ambiguïté constante.

À travers cette œuvre, l'auteur montre les limites du roman traditionnel et son échec dans sa prétention à décrire la complexité du monde réel. Il souhaite libérer ainsi la littérature de son carcan narratif pour faire du roman une œuvre d'art créatrice à part entière, plutôt que le simple réceptacle d'une histoire racontée.

Les personnages

  • Bernard Profitendieu est l'un des trois personnages principaux de l'histoire. Adolescent difficile et impulsif, il prétend au début du roman ne pas aimer son père et ne supporte pas l'éducation qu'il lui a donnée. Lorsqu'il découvre les lettres de sa mère et apprend que ce n'est pas son vrai père, il se sert de cela comme motif pour quitter la maison. Il rompt toute attache avec sa famille et s'enfuit pour vivre sa vie. Il est le meilleur ami d'Olivier et devient le secrétaire d'Édouard pour un temps. Garçon fier et généreux, il cherche à aider ceux qui ont des problèmes même s'il n'est pas toujours très adroit.
  • Olivier Molinier est le personnage central de l'histoire, même s'il n'en est pas le principal, tout le roman ou presque gravite autour de lui, ainsi que les personnages qui lui sont liés soit par le sang, soit par une histoire le concernant. Garçon timide et sensible, en manque d'affection, il recherche cette dernière chez ses amis. Admiratif et amoureux de son oncle Édouard, il désespère de pouvoir le lui exprimer, et s'en veut de sa maladresse quand il est en sa présence. Lorsqu'il voit Bernard et Édouard ensemble sans lui, il se sent trahi et jaloux - de dépit, il se laissera séduire par le cynique comte de Passavant.
  • L'oncle Édouard est le troisième personnage principal de l'histoire. Il entretient un journal personnel dans lequel il relate les différents événements de sa vie et dans lequel il note l'avancée de son projet littéraire les Faux-monnayeurs. C'est en cela qu'il permet à Gide de montrer la difficulté pour un roman d'échapper au réel, et même son impossibilité. Édouard n'arrivera pas à rédiger son roman comme il le voulait. C'est aussi ce personnage qui entraînera Bernard à l'aventure, amènera Boris, le petit-fils de Monsieur de La Pérouse, à son grand-père.

sources Wilkipédia

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L’Immoraliste

publié en 1902

 

Un personnage rapporte la longue confidence que Michel, « l'immoraliste », a faite devant quelques amis. Érudit peu concerné par la chair, celui-ci a jadis épousé, sans réel amour, une femme dévouée, Marceline, qui éprouve pour lui des sentiments plus vifs.

Au cours de leur voyage de noces en Afrique du Nord, il tombe gravement malade et lutte contre la mort à Biskra, en Algérie. La contemplation des jeunes garçons pleins de santé lui redonne le goût de la vie et il met toute sa volonté à guérir. Le convalescent est bientôt un homme neuf, attentif à son corps, au monde présent et sensuel qui l'entoure.

Dans un premier temps, en partie par reconnaissance pour les soins qu’elle lui a prodigués, Michel entoure Marceline d’affection et le couple file en Italie le parfait amour. Puis ils rentrent en France pour vivre en Normandie et à Paris, où Michel obtient une chaire au Collège de France. Il rencontre alors Ménalque, dont la philosophie, proche de ce qui est devenue la sienne, lui procure à la fois exaltation et irritation.

Marceline, enceinte, fait une fausse couche et demeure maladive. Au lieu de lui laisser le temps de guérir en Suisse, où ils se sont installés, Michel l’entraîne dans une fuite en avant qui les ramène à Biskra, avant un dernier voyage vers Touggourt. Là, Marceline meurt, d’épuisement, de délaissement et d’amertume. Michel y mène une vie désœuvrée, avant de demander à ses amis de l’en arracher.

La lettre à Monsieur D.R.
Les Noces, Le voyage en Afrique du Nord
La maladie

 

 

     L'Immoraliste s'ouvre sur une lettre à Monsieur D. R., Président du Conseil. Cette lettre, d'un scripteur dont nous ne connaîtrons pas le nom, forme le cadre dans lequel le récit de Michel est enchâssé. On y apprend, qu'appelés par leur ami qu'ils n'ont plus revu depuis son mariage, Denis, Daniel et le scripteur précisément ont rejoint Michel en Algérie, à Sidi b. M.

     Michel ne veut d'autre secours que celui de pouvoir parler et ajoute, comme une conclusion anticipée de son récit : « Savoir se libérer n'est rien ; l'ardu, c'est savoir être libre. » (p.17). Son histoire commence par leur dernière rencontre : c'était aux environs d'Angers, à l'occasion de son mariage avec Marceline qu'il n'a épousée que pour « complaire à [s]on père » mourant (p.18).

     De sa vie antérieure, de sa jeunesse, nous ne saurons que peu de choses, sinon que « le grave enseignement huguenot » (p.19) d'une mère tôt décédée, aura donné à Michel ce goût du travail qu'il reporte, sous l'impulsion de son père, sur l'étude des langues et des civilisations mortes.

     Le jeune couple, après une cérémonie très sobre, s'embarque pour Tunis. Dès leur arrivée en Afrique du Nord, la santé de Michel commence à se détériorer. Dans la diligence qui les mène de Sousse à El Djem, où Michel veut visiter les ruines d'un amphithéâtre romain, les premiers symptômes de la tuberculose apparaissent. Le lendemain, en repartant vers Sousse, Michel crache le sang. Dans un premier temps, il cherche à dissimuler son malaise à Marceline par « haine de tout abandon par faiblesse » (p.27) ; puis, vexé de ce que son épouse n'ait rien su voir, il le lui annonce brutalement.

     On fait venir un médecin ; Michel comprend qu'il ne reste que peu d'espoir de guérison et sans regret envisage la mort prochaine. Pourtant Marceline n'abandonne pas ; par « violence d'amour », elle l'arrache à Sousse et l'entraîne en Algérie : « C'est à Biskra que je devais guérir. » (p.30).

Chapitre 2

Bachir
Rechute et nouvelles résolutions
Renoncement à l'aide de Dieu

 

     Après des jours d'agonie et après que « la mort l'a touché de son aile » (p.31), Michel, grâce aux soins constants de Marceline, revient peu à peu à la vie. Un jour, pour distraire son époux convalescent, Marceline ramène un petit Arabe, Bachir. Devant cet enfant débordant de santé, Michel reste admiratif ; l'observer déjà l'emplit du goût de la vie. Mais la maladie n'en est pas vaincue pour autant. Un jour, jouant aux billes avec Bachir, il a un nouveau crachement de sang.

     De cette rechute Michel conclut qu'il ne s'était pas guéri comme il l'aurait fallu : pour guérir, il fallait le vouloir de toutes ses forces. Dès lors, prenant des résolutions pratiques pour une nouvelle hygiène de vie, il est conduit -- inconsciemment encore -- à subordonner la morale à la guérison : « il fallait juger bon, nommer Bien, tout ce qui m'était salutaire » (p.37).

     Ne comptant désormais plus que sur sa volonté propre et sur le soutien de son épouse, Michel, apprenant que Marceline priait pour lui, repousse l'aide de Dieu : « Il ne faut pas prier pour moi, Marceline. » (p.39).

 

Chapitre 3

Le corps, Les exercices
Le jardin public
La redécouverte des sens

 

     La nécessité de guérir a fait s'intéresser Michel à ce qui jusque-là ne le préoccupait guère : son corps. Progressivement, grâce à des exercices méthodiques et quotidiens, il parvient à « en finir avec ces premiers bégaiements de santé » (p. 42) ; à présent, il peut découvrir le jardin public et la vie nouvelle qui s'y attache. Ce sont surtout les enfants qui l'attirent et qui l'amusent ; Marceline, si prévenante, souvent le gêne dans ses promenades qu'à présent il entend faire seul, ou accompagné de Bachir.

     Dans ce nouvel environnement, tous les sens se réveillent et s'exaspèrent. A travers cette sensation « aussi forte qu'une pensée » (p.47), Michel découvre un passé enfoui, la réminiscence de « [s]a première enfance ».

 

Chapitre 4

Les vergers
Moktir et le vol des ciseaux

 

     Sa santé s'améliorant, Michel découvre en compagnie de Marceline les vergers de l'oasis. Dans ce paysage idyllique où des bergers, joueurs de flûtes, d'un jardin l'autre se répondent, Michel goûte « l'exaltation des sens et de la chair » (p. 50). Curieux de tout, désireux de faire des rencontres, il y retourne tous les jours jusqu'à l'arrivée de l'hiver. Le mauvais temps de nouveau l'oblige à rester cloîtré dans la demeure où un jour, il a « une curieuse révélation sur [lui]-même ».

     En effet, Moktir -- l'un des enfants que le couple a pris l'habitude de faire venir chez eux -- étant seul dans la chambre avec Michel et ne se sachant pas observé, escamote une paire de ciseaux. Le curieux est que Michel ne bronche pas et même ne dénonce pas le petit à Marceline. Moktir, qu'il n'aimait jusqu'alors que médiocrement, devient son préféré.

 

Chapitre 5

Le printemps
La dernière nuit à Biskra
« Maintenant tu te ceins toi-mêmeŠ »

 

     Le printemps éclate à Biskra en même temps que le rétablissement de Michel. C'est l'occasion de prendre de nouvelles résolutions. Réalisant combien jusqu'à présent il a délaissé Marceline, Michel se promet de l'aimer mieux à l'avenir.

     Avec l'arrivée des grandes chaleurs, le couple décide de quitter Biskra ; la dernière nuit, Michel, ne pouvant trouver le sommeil, sort sur la terrasse. Le calme qui règne dans la petite cour, l'immobilité des palmes ; tout cela lui inspire une sorte d'effroi, et soudainement il est envahi par « le sentiment tragique de [s]a vie » (p. 58). Avant de se recoucher, ouvrant au hasard la Bible, il tombe sur ce passage de l'évangile selon Saint Jean : « Maintenant tu te ceins toi-même et tu vas où tu veux aller ; mais quand tu seras vieux, tu étendras les mainsŠ »

 

Chapitre 6

Le voyage du retour
Un nouvel être
Ravello

 

     De Tunis, Marceline et Michel regagnent Syracuse, puis l'Italie. Là, sur une terre culturellement familière, Michel réalise qu'il est changé : son goût pour l'histoire s'est altéré. Son horreur de la mort, à laquelle il associe l'immobilité de la petite cour à Biskra, lui rend toutes choses figées détestables. S'il s'intéresse encore à l'histoire, ce n'est qu'en « l'imaginant au présent » (p. 61).

     Tout désormais lui fait pressentir qu'un être nouveau, longtemps étouffé par l'instruction et les habitudes sociales, cherche à se faire entendre : « (Š) je me comparais aux palimpsestes. » (p. 63). Cet être, Michel l'imagine libre, fort, respirant la santé. A Ravello, prenant exemple sur les paysans aux « belles peaux hâlées », il s'impose des bains de mer et de soleil. Après quelques jours, sa cure porte des fruits : il se trouve « non pas robuste encore, mais pouvant l'être, harmonieux, sensuel, presque beau. » (p. 68).

 

Chapitre 7

Michel se fait raser à Amalfi
Premières appréhensions

 

     Pour faire apparaître physiquement l'être nouveau, pour se débarrasser d'un ornement qu'il juge à présent ridicule, Michel décide de se faire raser la barbe à Amalfi : l'ultime masque tombe sous les ciseaux du barbier. Pour la première fois, Michel s'effraie de sa transformation : « (Š) il me semblait qu'on voyait à nu ma pensée (Š) ». Redoutant que Marceline ne s'aperçoive de sa métamorphose et qu'elle n'entrave son évolution, il cherche à la lui dissimuler. Tout en étant conscient du problème moral que pose cette dissimulation, il n'en prend pas moins plaisir à ce jeu : « (Š) je finis par trouver plaisir à cette dissimulation même, à m'y attarder, comme au jeu de mes facultés inconnues. » (p. 71)

 

Chapitre 8

L'accident de voiture
La nuit de Sorrente

 

     Parti seul pour Positano où Marceline doit le rejoindre, Michel manque de se faire écraser par une voiture folle : le cocher, complètement soûl, fouette violemment le cheval affolé et Marceline -- car c'est la voiture de Marceline -- risque d'être précipitée dans la mer. Après que le cheval s'est abattu, Michel vole au secours de Marceline et réussit à maîtriser le cocher. Michel, l'érudit, vient de mettre à l'épreuve sa force physique et l'incident va unir le couple véritablement : « Ce fut cette nuit-là que je possédai Marceline. » (p. 74).

 

Chapitre 9

Les Goths
Une chaire vacante
Retour en France

 

     A Sorrente, le couple vit un amour sans faille sous le ciel calme et souriant. Mais Michel, maintenant guéri, se sent désoeuvré et songe à reprendre quelques travaux d'histoire. Sous l'influence de ce qui est en train de devenir sa « nouvelle philosophie », Michel s'intéresse surtout aux dernières années de l'empire des Goths, et plus particulièrement au jeune roi Athalaric qui s'est regimbé contre son éducation latine et qui a goûté quelques années durant « une vie violente, voluptueuse et débridée » (p. 77).

     A Naples, une lettre d'un ami lui apprend qu'une chaire est vacante au Collège de France ; le couple, las des voyages et de la vie errante, décide alors de rentrer en France et de s'installer à La Morinière, une propriété de rapport, entre Lisieux et Pont L'Evêque, que Michel a héritée de sa mère.

 

Deuxième partie

 

Chapitre premier

La Morinière
Marceline enceinte
Bocage et Charles
Départ pour Paris

 

     Le couple arrive en Normandie au début de juillet où, peu après, Marceline annonce à son mari qu'elle est enceinte. La Morinière, longtemps inhabitée, se réveille d'un long sommeil.

     Michel se met au travail et prépare ses cours pour la rentrée ; son expérience propre et l'exemple de cette terre lourde et opulente « où tout s'apprête au fruit » (p. 83), reflètent cette éthique qui s'élabore dans son esprit et qui devient peu à peu une « science de la parfaite utilisation de soi par une intelligente contrainte » (p. 84).

     La « parfaite utilisation de soi » signifie aussi pour Michel « parfaite utilisation de ce qui lui appartient ». C'est cette science de la gestion, cette intelligence pragmatique qui attire Michel chez Charles, le fils du vieux garde Bocage. Avec Charles, il commence à s'intéresser à ses terres, à entreprendre des travaux d'entretien, à réorganiser l'exploitation de ses fermes. C'est encore sous son influence que Michel, irrité de constater que tous ont profité de son ignorance, congédie deux fermiers qui laissaient certaines pièces de terre inexploitées.

     Au début de l'automne, Michel et Marceline repartent à Paris pour y passer l'hiver.

 

Chapitre 2

La vie à Paris
Ménalque
Marceline malade

 

     Le couple s'installe luxueusement à Passy ; le cours au Collège de France, un livre à paraître et les nouveaux rendements des fermes sont censés leur assurer une existence aisée. Cependant la vie à Paris déplaît à Michel ; il ne trouve d'interlocuteur ni auprès de ses amis, ni auprès de ses collègues. C'est que, n'ayant pas frôlé la mort, ils ne connaissent pas le prix de la vie, ils n'ont pas comme Michel « un secret de ressuscité » (p. 105).

     Le premier cours est un échec. La philosophie de Michel, qu'il a reportée sur son sujet, n'est pas comprise : les uns blâment une tendance, les autres une méthode. Mais l'incompréhension du grand nombre se trouve annulée par la sympathie du seul Ménalque venu assister à cette première leçon. Cet explorateur, dont on a essayé de salir l'honneur par « un honteux procès à scandale » (p.107), est un être mystérieux, solitaire et fier. Les deux hommes, qui jadis avaient peu d'estime l'un pour l'autre, se trouvent à présent des points communs.

     Le soir même, Michel retrouve Ménalque à son hôtel. Ce dernier, ayant retrouvé par hasard ses traces à Biskra, a appris que Michel avait été malade. Intrigué, il a interrogé ceux que Michel a côtoyés. Il a fini par retrouver le petit Moktir qui lui a raconté l'histoire des ciseaux volés ; car Moktir s'était aperçu que Michel l'avait observé dans la glace !

     Trois semaines après cette première rencontre, les deux hommes se retrouvent chez Michel, lors d'une soirée. Ménalque, qui vient d'être chargé d'une nouvelle mission par le Ministère des Colonies, s'apprête à partir ; il voudrait revoir une dernière fois Michel et l'invite à venir passer avec lui la nuit de veille.

     Après cette soirée, la santé de Marceline décline ; on fait appel à un spécialiste qui ordonne un régime strict, ainsi que de la quinine « à des doses dont (Š) son enfant pouvait souffrir ». (p. 120)

     Le soir que Michel avait promis à Ménalque arrive. Marceline semble aller un peu mieux et Michel se rend chez Ménalque dans un « état de surtension, d'exaltation singulière » (p.121).

     Cette nuit-là, Ménalque expose à Michel ses idées, son expérience de la vie. Dans cet éloge du nomadisme, de l'instant présent, Michel reconnaît ses propres pensées et se regimbe ; en le quittant le lendemain, il rentre chez lui, plein de « haine contre la joie cynique de Ménalque » (p.125).

     De retour à l'appartement, il apprend que dans la nuit, son épouse a fait une fausse couche. Affaiblie, Marceline tombe malade ; une phlébite, puis une embolie la mettent entre la vie et la mort. Elle se remet doucement mais « la maladie était entrée en Marceline, l'habitait désormais, la marquait, la tachait » (p.129).

 

Chapitre 3

Retour à La Morinière
Charles
Heurtevent, Bute et Alcide
Braconnage

 

     Marceline a besoin de repos ; le couple retourne à La Morinière à la belle saison. Michel retrouve avec bonheur ses terres ; il les parcourt souvent et préfère de plus en plus la compagnie des gens de la ferme à celle des quelques amis venus habiter avec eux pour l'été.

     Au même moment, Charles revient de la ferme modèle, près d'Alençon, où il a été parfaire son apprentissage. Mais ce n'est plus le même jeune homme ; depuis l'automne précédent, c'est devenu « un absurde Monsieur, coiffé d'un ridicule chapeau melon » (p.136).

     Fuyant Charles, dont la compagnie le gêne, Michel s'aventure dans la forêt, que les bûcherons du père Heurtevent -- le marchand de bois -- ont envahie. Michel s'y lie avec Bute, l'un des garçons de la ferme qui lui dévoile les sombres histoires de la maison Heurtevent, « un lieu brûlant, à l'odeur forte » (p. 140). Il apprend que le père Heurtevent couche avec sa fille, qu'avec un de ses fils, il a violé une servante... Bute lui apprend également que Bocage a un deuxième fils, Alcide, qui tous les soirs braconne dans les bois. Prenant le contre-pied de son attitude de l'année précédente, où il se montrait soucieux de bien gérer ses biens, Michel s'amuse à présent à braconner, en compagnie d'Alcide, ses propres forêts. Il se montre même cynique au point de jouer double jeu, donnant dix sous à Alcide pour chaque gibier braconné et dix sous à son père pour chaque collet pris. Lorsque Charles découvrira la supercherie, il lui en fera le reproche : « Il faut prendre ces devoirs au sérieux et renoncer de jouer avecŠ ou alors c'est qu'on ne méritait pas de posséder » (p.150).

     Réalisant que sur ce point Charles a raison, il lui annonce tout à trac qu'il met en vente La Morinière. Il décide de partir le plus vite possible avec Marceline ; ailleurs, pense-t-il, il l'aimera de nouveau, comme il l'a aimée à Sorrente. Vers la fin de l'été, le couple quitte la France et reprend une vie nomade « comme pour de nouvelles noces ».

 

Troisième partie

 

     Dès leur arrivée à Neufchâtel, l'état de santé de Marceline se détériore. Un médecin, venu de Lausanne, diagnostique la tuberculose ; Michel, qui de plus en plus souvent se cache l'évidence, n'en veut rien croire. Sur les conseils du spécialiste, ils repartent vers les hautes Alpes. Dans la diligence qui les mène de Coire à Saint-Moritz, Marceline, comme naguère Michel à Sousse, crache le sang.

     Pourtant, arrivés à Saint-Moritz, Marceline se remet doucement. Mais déjà, dans cette Suisse trop honnête, Michel s'ennuie. Ses études historiques ne l'intéressent plus ; seule le préoccupe la question : « Qu'est-ce que l'homme peut encore ? ». (p.158)

     Désireux de retrouver le climat plus doux du sud, Michel convainc son épouse de passer le plus rapidement en Italie : Côme, Milan, Florence ; Rome enfin où ils arrivent au printemps. Mais Marceline, lasse, supporte mal la violence de la saison ; lorsque Michel achète un bouquet de fleurs d'amandiers pour en décorer la chambre, elle se trouve mal. Elle est faible et sait son époux intolérant : « (Š) je comprends bien votre doctrine -- car c'est une doctrine à présent. Elle est belle, peut-être (Š) mais elle supprime les faibles » (p.162).

     Sorrente, n'est plus qu'une pâle copie de la ville de leurs amours ; tout semble y grelotter. On pousse plus loin : Naples, Palerme, SyracuseŠ Avec l'augmentation de la chaleur, Michel se laisse aller plus librement à son vice : la nuit, quittant Marceline, il erre dans les quartiers malfamés, sympathisant avec les vagabonds, dilapidant son argent pour encourager le vice de chacun.

     Mais c'est l'Afrique que Michel désire rejoindre ; on embarque pour Tunis, on regagne Biskra : « C'est donc là que je veux en venirŠ » (p. 171). Sitôt arrivés, Michel délaisse Marceline pour retrouver les enfants qu'il avait tant aimés. Mais ils ont grandi, terriblement. Les uns sont devenus laids, les autres sont mariés... Seul Moktir est resté fidèle à lui-même.

     Avec lui, Michel désire aller voir Touggourt : il entraîne Marceline une nouvelle fois. Peut-il croire encore qu'il cherche à guérir sa femme ? Elle tousse, elle est fatiguée ; son état de jour en joue empire. A Touggourt, Michel se laisse entraîner par Moktir dans un café maure et ne revient que tard dans la nuit. Marceline est à l'agonie ; elle refuse le chapelet que Michel lui tend et s'éteint...

     L'histoire de Michel s'arrête là. Il est désoeuvré ; ses jours s'écoulent, dit-il, dans un « insupportable loisir ». Mais il n'a plus assez de force pour s'en détacher ; il compte sur ses amis pour l'y aider : « Arrachez-moi d'ici ; je ne puis le faire moi-même. » (p.181).

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                                                                 Parution en 1919, 
                                                                Editeur Gallimard    

                                                                Collection:Nouvelle Revue Française

 

Gertrude, une jeune fille aveugle et orpheline de sa tante qui vient de mourir, est recueillie par un pasteur qui lui offre de vivre avec sa femme, Amélie, et ses cinq enfants dans une petite chaumière du Jura neuchâtelois, en Suisse. Dans son journal, le pasteur raconte l’éducation protestante qu’il offre à Gertrude, dont il finit par tomber amoureux. Son fils Jacques tombe également amoureux de Gertrude. Lorsque le pasteur s’en rend compte, il lui ordonne de partir.

Une opération donne la vue à Gertrude et, voyant le père et le fils, elle tombe amoureuse de Jacques plutôt que du pasteur, même si encore aveugle, elle avait davantage de sentiments amoureux pour ce dernier. Entre temps, Jacques s'est converti au catholicisme, rejetant ainsi définitivement son père pasteur, et a endossé l'habit de moine. Il renonce donc également à ses penchants pour Gertrude. La vue permet à Gertrude d’observer tout ce que le pasteur lui avait caché, le Mal et le péché, durant des années pour protéger le sentiment de bonheur qu’il avait tenté de susciter chez elle. Attristée par ses découvertes et après une tentative de suicide au cours de laquelle elle s’est presque noyée, Gertrude finit par mourir de folie quelques semaines après l’opération qui lui a permis de voir.

 

  • Les décisions et prises de position du pasteur sont conditionnées par son interprétation de la Bible et par l'enseignement qu'il en a reçu. Si sa morale protestante lui a jadis permis de goûter au bonheur, elle finit par le rendre malheureux en suscitant un immense sentiment de culpabilité à l'égard de ses sentiments envers Gertrude et de son fils Jacques.
  • Gide, dans ce roman, est influencé1 par Hegel (La conscience malheureuse)Rousseau et Condillac (l'éducation).
  •  

Autour de l'œuvre

 

  • Le titre du roman vient de la symphonie éponyme de Ludwig van Beethoven. Au premier quart du livre, le pasteur emmène Gertrude écouter cette symphonie qui la transporte au point de lui demander si la campagne est réellement aussi belle que la « scène au bord du ruisseau ».

 

 

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