Le Boudoir Littéraire et thèâtral  la plume et l'encrier

Champagne Ardennes

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Ce sont les Romains qui ont apporté la vigne lors de la conquête de la Gaule (pour la région, en 57 av. J.-C. environ).

L'apparition du vin effervescent de Champagne - fruit d'une seconde fermentation spontanée au printemps suivant les vendanges - est attestée au moins au début du XIVe siècle : les vins blancs sont alors appréciés pour leur pétillement naturel. On trouve probablement là l'ancêtre du champagne.

En 1493 apparaît le terme de « vin de Champagne », désignant le vin produit sur le territoire de l'entité géographique et administrative de la généralité de Châlons.

À la fin du XVIIe siècle, si Pierre Pérignon (1638-1715), le fameux moine cellérier de l'abbaye d'Hautvillers, près d'Épernay, plus connu sous le nom de dom Pérignon, n'a jamais été « l'inventeur » du champagne, son talent a sans doute consisté à pratiquer l'assemblage des meilleurs vins dont il disposait afin d'obtenir une qualité irréprochable.

Début XVIIIe siècle, les Champenois apprennent à faire mousser artificiellement le vin. Le 8 mars 1835, une ordonnance royale officialise l'apparition de la bouteille de champagne.

Architecture et habitat dans l'Ardenne

Les premiers bâtisseurs

Dans ces paysages grandioses sculptés par la nature, les hommes emploient leur génie à graver leur empreinte depuis la nuit des temps. Les Celtes d’abord colonisent certaines cimes et y établissent des oppida, véritables camps retranchés. Le plus souvent perdus dans les forêts et envahis par une végétation luxuriante, ceux-ci font parfois l’objet d’une mise en valeur pédagogique.

Les Romains ont aussi laissé des traces palpables. Dans les campagnes, des fouilles ont révélé d’antiques exploitations agricoles.

Châteaux

Disons-le tout net : l’Ardenne est le domaine des forteresses du Moyen Âge. Au sud du massif, on a généralement recours à de la pierre de taille calcaire, comme à Sedan ou à Montcornet. Une fois profondément enfoncé dans le relief, on rencontre de pures fortifications de montagne, des nids d’aigles aux épaisses murailles, élevées avec les moyens du bord : calcaire (Poilvache) parfois mêlé de brique (Hierges), dalles de schiste...

Tous ces sites s’adaptent à l’évolution des techniques de siège, se dotant de flanquements circulaires percés d’archères au XIIIe siècle, puis de tours à canons au XVe siècle, capables de résister à une artillerie toujours plus puissante tout en permettant l’usage d’armes à feu portatives. Le château de Sedan, par exemple, est à lui seul un catalogue d’évolution de l’architecture médiévale.

Vauban et consorts

Et puis, de temps à autre, voici qu’un Vauban vient mettre son grain de sel et bouleverse les plans originaux pour installer des garnisons pléthoriques et une artillerie dévastatrice.

Certaines places sont en revanche démantelées et sombrent dans l’oubli. Aujourd’hui, on se contente généralement de cristalliser les ruines, de les stabiliser pour freiner leur désagrégation.

Certains forts, enfin, reflètent le temps où les relations franco-allemandes étaient pour le moins tendues (doux euphémisme...) : fort des Ayvelles, appartenant au célèbre système Séré de Rivière, mis en place après la guerre de 1870 pour protéger la frontière est du pays ; fort de Villy-la-Ferté, ouvrage le plus à l’ouest de la ligne Maginot construit par les « Mozart du béton » dans les années 1930.

Églises

D’autres réalisations témoignent de la ferveur religieuse d’antan. La diversité prédomine : gothique à l’abbatiale de Mouzon ou à la basilique Notre-Dame-d’Espérance de Charleville-Mézières... Certaines abbayes de l’Ardenne, fondées au XIXe siècle ou intégralement rebâties au XXe siècle, sont de style néogothique ou néoroman.

Parfois, surtout en milieu rural, les églises se transforment... en forteresses ! Cela est particulièrement vrai en Thiérache ardennaise : aux XVIe et XVIIe siècles, sur fond d’insécurité chronique liée aux guerres successives, des communautés dotent leur sanctuaire paroissial de canonnières, de bretèches, d’échauguettes, histoire de s’y retrancher et s’y défendre en cas de péril. Pas question de se protéger ainsi d’une immense armée, mais plutôt de ces petites bandes errantes qui profitent du chaos ambiant pour s’adonner au pillage, avec tous les débordements que l’on imagine. Quelques spécimens au hasard : Bossus-lès-Rumigny, Verpel, Signy-le-Petit...

Habitat civil

C’est cette même volonté de s’abriter qui incite de petits seigneurs à bâtir des fermes ou des manoirs sommairement fortifiés, au moins jusqu’au milieu du XVIIe siècle, comme la maison à Bar, sur la commune de Mont-Dieu.

Les villages ardennais révèlent à l’air libre les matériaux qui se trouvent dans leur sous-sol : de l’ardoise et du schiste dans le massif (avec des exceptions locales), de la pierre calcaire au sud. La pierre de Dom-le-Mesnil par exemple, aisément reconnaissable à sa belle couleur ocre, confère aux maisons un esthétisme rare. L’architecte de la fascinante place Ducale de Charleville-Mézières, splendeur du XVIIe siècle, l’a largement utilisée en jouant avec goût de l’alternance de teintes, la mêlant à la brique rouge en façade et la coiffant d’ardoise grise en toiture.

Vous découvrirez par ailleurs de drôles de villages étrangement étirés, dont les habitations et les bâtiments publics (église, mairie, maison communale...) s’alignent sagement le long d’un axe unique. Ces « villages-rues » sont aussi bien présents dans l’Ardenne que dans les crêtes préardennaises ou en plaine : Malmy (commune de Chémery-Chéhéry), Termes (section de Chiny)...

Pour conclure, un mot sur le patrimoine industriel : frappé dans les années 1970 par la crise, la région a vu de nombreuses usines fermer leurs portes, et la multiplication des friches. Depuis quelques années, la tendance est à la valorisation de cet héritage architectural, avec notamment l’implantation d’activités culturelles dans des locaux où battait autrefois un cœur ouvrier : musée de la Métallurgie à Bogny-sur-Meuse, Maison de l’Ardoise de Rimogne...

 

 

Villes et villages

L'architecture champenoise. Au Moyen Age, l'habitat traditionnel champenois se caractérise par des constructions à pans de bois et dites à colombages. En général, le colombage désigne une maison sans étage, contrairement à la maison à pans de bois, une technique qui se justifie par le manque de pierres dures dans le sous-sol de la région. Les bâtisseurs puisèrent donc dans les ressources de bois de chêne des forêts du Der et de l'Argonne. Jusqu'au XVsiècle, on construisit ainsi deux types d'assemblages : le style vertical, qui domine jusqu'au XIXe, équilibre pans de bois et remplissage, et le style horizontal.

Des constructions sont composées de solives, de poteaux porteurs et de poutres savamment agencées. Le colombage consiste ainsi en une ossature de bois qui permet de soutenir l'ensemble. Le remplissage s'effectuait en pisé, hormis pour certaines constructions dotées de planches en bois engagées dans des rainures entre chaque pan de bois, un mode qu'on rencontre généralement dans des cloisons intérieures. Au XVe, les maisons sont pour la plupart étroites et hautes, les façades montrent des pignons élancés, comme à la maison Clémangis à Châlons-en-Champagne, qui présente également deux faces sur encorbellement et une toiture souvent avancée en auvent. Au XVIsiècle, la décoration évolue avec l'apparition de la croix de Saint-André, par la suite les maisons s'élargissent, les façades se décorent de multiples croix, puis les têtes de poutre à leur tour sont sculptées. Au XVIIe, le décor à base de motifs disparaît, même si le pan de bois subsiste dans ce type de construction encore un siècle. Ensuite, déprécié, il disparaît sous du staff, un enduit à base de plâtre, ou du crépi. De nombreuses façades ont ainsi mal vieilli. Désormais réhabilité, le patrimoine champenois montre fièrement ses pans de bois, comme à Troyes qui garde un riche patrimoine de toute beauté, avec un poutrage apparent et coloré dans diverses rues. A Troyes, il reste partout dans la ville historique des témoignages de ces bâtisseurs du Moyen Age : des poutres sculptées (notamment dans la rue François-Gentil), des pignons à encorbellement, c'est-à-dire avec une avancée de bois courbée, des cours intérieures pavées... Levez le nez, empruntez ces ruelles tortueuses, vous admirerez cet ensemble médiéval qui côtoie des hôtels particuliers de style XVIsiècle et Renaissance.

Cependant, la plupart de ces maisons se touchant, Troyes redoute plus que tout un incendie tel celui de 1985 qui décima la plupart des bâtisses du quartier Saint-Urbain. Deux immeubles d'habitations du XVIsiècle, 14 magasins, soit 10 000 m² de plancher, partirent en fumée, sans que les pompiers, dont les lances gelaient sous la température descendue jusqu'à moins 25 °C, ne purent grand-chose.

Si vous vous rendez à Troyes, rue Kléber, une maison jaune, typique des maisons à colombages de la ville, penche au point de nous faire croire qu'elle va s'effondrer.

Architecture religieuse

Les églises fortifiées. La Thiérache ardennaise, à l'ouest du département - une région de collines et de bocage où se retrouvent volontiers les amateurs de calme et de nature -, vécut des temps plus difficiles. Zone frontalière, elle fut le témoin de nombreuses luttes au cours de l'histoire. Dès lors, religion et stratégie belliqueuse forment une alliance pour préserver les communes. Les villageois, pour se protéger, se réfugiaient dans les églises, des édifices auxquels vinrent ainsi s'ajouter des fortifications, entre 1550 et 1700, tant pour résister aux invasions qu'aux pillards. Ainsi, l'église donnait asile et permettait de résister aux sièges des assaillants. Véritables refuges, en Thiérache, une quinzaine d'églises de ce type est à voir, entre Aouste, Prez, Liart, Signy-Le-Petit, Rouvroy-Sur-Audry, Rumigny... A Aouste, l'église Saint-Rémy est caractéristique, elle présente un extérieur robuste, la tour carrée est consolidée par des contreforts en pierre. Elle disposait d'un puits (aujourd'hui muré) et d'une vaste cheminée qui complétaient le dispositif. De Charleville-Mézières à la limite du département de l'Aisne, on emprunte une route balisée. Une boucle de 150 kilomètres, entre les forêts de Signy-l'Abbaye, emmène le visiteur à la rencontre de ces églises fortifiées métamorphosées en petits châteaux, au point de transformer les chapelles en donjons !

Architecture militaire

Les fortifications. Le territoire de Champagne-Ardenne ne manque pas d'imposantes fortifications. La ville de Langres et ses 4 kilomètres de remparts donnent un bel exemple d'architecture militaire du XIVe siècle. Rocroi témoigne de l'urbanisme militaire et de l'art de Vauban, qui apporta sa touche à cette cité en étoile, au XVIe siècle. Une ville qui fut le témoin d'une terrible bataille en 1643. Un peu plus à l'est, à Sedan, un géant surplombe la ville  : la plus imposante forteresse d'Europe due à Errrad donne à découvrir salle de garde, bastions... Elle est organisée autour de deux portes, l'une du côté du Luxembourg, et la seconde du côté de la Champagne. Depuis 1424, date de sa construction, jusqu'en mai 1940, où les Allemands contournèrent la ligne Maginot, des pages d'histoire ont été écrites ici  : 7 niveaux, 35 000 mètres carrés, il se visite à son rythme. Souvenir de la Seconde Guerre mondiale, la ligne Maginot fut le dernier bastion de cet ouvrage de défense. Des forteresses il y en a d'autres, comme Villy, et son dernier fortin de la ligne Maginot, Rocroi, et sa citadelle en étoile construite en 1555, dont les fortifications ont pratiquement gardé leur état primitif. Un urbanisme intra-muros unique en France  !

Les forts détachés. On dénombre huit forts qui sont implantés aux alentours de Langres. Pour la plupart à visiter uniquement sur demande, ils respectent des architectures différentes : par exemple, ceux de Peigney et de La Bonnelle sont en forme de trapèze, celui de Cognelot est polygonal, Montlandon qui appartient à un privé mais est très bien préservé est sous forme de trapèze ainsi que celui du Plesnoy, celui de Dampierre est triangulaire et encore propriété de l'Etat. La région est ainsi empreinte d'histoire, et rend compte du camp retranché qu'était la cité. Le fort de la Pompelle de Reims n'est pas en reste : appartenant au chemin de mémoire, vous pouvez le visiter, vous glisser dans ses galeries, et ainsi vous projeter dans une époque mouvementée.

Ouvrages d’art

 

Contes et légendes de Champagne...

Le Graal. Souvent confondue avec Troie, Troyes a, elle aussi, ses légendes auxquelles Ulysse n'a rien à envier. Chrétien de Troyes fut le premier à mentionner le terme de " Graal " qui à lui seul laisse présumer des trésors qu'abrite l'Aube. Selon lui, ce sont les Templiers qui étaient les gardiens du Graal, et les Templiers, la région en regorge, de Payns à la forêt d'Orient... d'ailleurs, cette dernière porte aussi le nom de forêt du Temple. Dense, elle était gardée par diverses commanderies à son orée, et il était aussi difficile d'y pénétrer que d'en sortir. Un nid à légendes, en somme...

L'origine de Reims. S'il est indéniable que Rome doit son nom à Romulus, on s'interroge encore sur celui de Reims. Et si Rémus y était pour quelque chose ? Parole royale : Louis XIII, lors de son sacrement à Reims, n'affirma-t-il pas que " Les gens de Remus, hors de la cité boutés/Fondèrent Reims, la cité où nous sommes " ? En effet, certains affirment que Rémus fonda la ville de Reims, dont la renommée traversa les frontières pour atteindre les oreilles de son frère. Celui-ci, jaloux de Reims et lassé des railleries sur Rome, décida de se venger par un fratricide. Le fronton de la porte de Mars, dans le prolongement de l'avenue de Laon, ne porte-t-il pas une représentation des deux frères allaités par la louve ? Nous ne casserons pas le mythe, mais la louve, lupa en latin, désignait aussi les péripatéticiennes...

Les Dames de la Meuse. Situé à Laifour (Ardennes). Entre Laifour et Revin, la Meuse creuse profondément le massif ardennais. Sur sa rive gauche, à la sortie d'un méandre, se dressent trois imposants rochers couverts de hêtres... L'origine de ce lieu est racontée par une ancienne légende  : au temps des Croisades, le seigneur de Hiergues avait trois fils : Héribrand, Geoffroy et Vauthier. Il décida de les marier aux trois filles du seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige. Peu après leur mariage, les trois jeunes chevaliers partirent en croisade pour aller libérer la ville de Jérusalem. Se sentant trahies, les trois soeurs ne tardèrent pas à remplacer leurs maris absents en recevant dans le lit conjugal trois autres chevaliers. Au moment précis où les croisés libérèrent Jérusalem, Dieu punit les trois soeurs de cet adultère en les changeant en ces trois gros rochers, les condamnant ainsi à regarder passer les voyageurs sur le fleuve pour l'éternité.

Les monstres marins. Les Ardennes abritent d'ailleurs nombre de créatures aquatiques : entre la " trécouche ", un énorme crustacé à écailles avec d'énormes pattes qui a la réputation d'enlever les enfants, le " carnabot " mi-humain, mi-marin, qui guérit les panaris, ou encore le " mawhot ", un lézard qui hante les rives de la Meuse pour empêcher les enfants de s'en approcher, gardons-nous de traîner la nuit...

La Peût-Bête, c'est-à-dire le Diable, enlevait les enfants. On dit que les habitants d'Aujeures, en Haute-Marne le pétrifièrent en une statue toujours visible sur la place du village. Aujourd'hui, cette sorte de dragon de pierre crache non plus des flammes, mais de l'eau !

Langue

De la Champagne aux Ardennes, le patois local a comme partout pris place. On plaisante beaucoup sur les " a " des Aubois qui ont tendance à former un son grave plutôt proche du " o " et les Ardennais mangent non pas des quetsches, mais des " couaches ", des prunes, quoi ! A l'image du vocabulaire du Québec, les Ardennais ont leur forme de langage : ici, on use du " si il ", on " est darne " ou " vanné " (fatigué), mais on prend vite une " lichette " de vin plutôt qu'une " bibine " (mauvais alcool), soit une petite gorgée. Le patois ardennais se rapproche un peu de celui du Nord. Pour chipoter un tantinet, ajoutons que la langue parlée dans les Ardennes du Nord diffère un brin de celle parlée dans les Ardennes du Sud ! La vie se passe " piam piam " dans cette région champardennaise : le calme s'impose mais on se fend quand même la " margoulette " (la figure) ! Et si vous êtes cafteux, arrêtez-vous prendre un kawa dans un troquet ! Attention, à la pointe de Givet (08), on s'essaie aussi à la langue wallonn. Pour les passionnés, " Les Ramounis ", sorte de petite troupe amateur, jouent des saynettes dans la pure langue ardennaise !

A lire : Mon patois d'Ardenne en 40 histoires, éditions de la Société des écrivains ardennais, 105 pages, 15 € (CD inclus).

 

 

 

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Artisanat

De l'artisanat est née l'industrie... Si les orientations de l'économie moderne ont mis à mal l'industrie régionale, la Champagne-Ardenne cultive aujourd'hui ces éléments patrimoniaux.

Le haut fourneau du domaine de Vendresse, dans les Ardennes - le dernier du département -, est classé Monument historique. Six siècles de métallurgie ardennaise y sont mis en scène à travers un spectacle son et lumière.

À Nogent, dans la Haute-Marne, et dans les 22 villages du Bassin nogentais, on produit toujours des couteaux. Le musée de la Coutellerie à Nogent témoigne de ce savoir-faire.

Fayl-Billot, au sud de la Haute-Marne, est la capitale française de la vannerie, c'est-à-dire de la culture et du tressage de l'osier. La Maison de la vannerie est le centre de référence technique, culturel, historique et commercial de la profession.

À Mouzon, dans les Ardennes, se trouve un musée unique en Europe : le musée du Feutre de laine, le plus vieux textile du monde, inventé voici presque... 8 000 ans !

À Troyes et à Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, les musées de Vauluisant et le musée vivant de la Bonneterie font revivre l'histoire du textile, qui fit la gloire du département.

À Troyes encore, il faut s'intéresser à l'art du vitrail, dont la tradition consacre depuis le Moyen Âge la capitale auboise comme la « ville sainte du vitrail ».

Pour rester dans une thématique pas très éloignée, à Écordal, dans les Ardennes, on trouve le Moulin à couleurs, une étonnante fabrique de pigments naturels et bio, l'une des deux dernières en France.

Enfin, on ne saurait passer dans l'Aube sans se rendre à Bayel, où l'on travaille le verre depuis le règne de Philippe le Bel. Les maîtres verriers de la Cristallerie royale de Champagne y façonnent le cristal entièrement à la main (soufflage, taille, gravure, dorure...).

 

L'ardoise ardennaise. La pierre de l'Ardenne, c'est le schiste. Dès le Paléolithique, l'homme de Néandertal a recouru à l'ardoise pour élaborer quelques-uns de ses outils. Ce n'est que vers le XVIIIe siècle que l'exploitation débuta réellement. Cinq bassins ont produit l'ardoise dans les Ardennes  : les plus anciens sont Fumay et Monthermé, puis suivirent Rimogne, Deville et enfin Haybes. La diversité de coloris de l'ardoise ardennaise est unique  : grise, bleue, rose, verte, violette.

On ne tire plus l'ardoise du fond actuellement, les fosses ont fermé, la dernière en 1971. Deux musées situés sur d'anciens sites d'extraction perdurent la mémoire de cette longue histoire minière et la transmettent aux visiteurs. Toutefois, à Harcy, une ferronnerie relance la production en 2011 afin de produire de l'ardoise sous la forme de poudre : il faut en effet savoir qu'on y recourt pour le bitume, les insecticides, ou encore les peintures. Vous pouvez visiter le musée de l'Ardoise, à Fumay

Vous pouvez aussi participer en septembre à la Randonnée de l'ardoise (VTT, 4X4, moto enduro, moto route ou même à pied) !

L'argile, une tradition auboise. La qualité de l'argile, présent dans le sous-sol de l'Aube fit naître rapidement de nombreux sites potiers dans le département. Des fouilles archéologiques mirent à jours des fours gallo-romains au-dessus de Nogent, à Villenauxe et Chaource. Durant la période médiévale, tuiles et carreaux étaient fabriqués notamment dans les abbayes cisterciennes de Champagne.

Bonneterie. Implantée à Troyes depuis le XVIe siècle, la bonneterie sera être une nouvelle chance pour la cité. À la fin du XVIIIe siècle, la fabrication des bas et bonnets de coton prend une forme industrielle. L'hôtel de Mauroy, qui accueille les enfants pauvres et abandonnés au sein d'une institution, leur procure du travail sur des métiers de bonneterie. La formule, qui préfigure l'usine, fera recette. Au début du XIXe siècle, cette activité a pris une forme industrielle.

La région jouit d'une main-d'oeuvre qualifiée et bon marché, d'une production de qualité et de techniciens qui perfectionnent sans cesse les métiers. Si la bonneterie est aujourd'hui en retrait, elle a durablement imprimé sa marque à la ville. Troyes reste, la capitale de la bonneterie, secteur qui occupe encore le premier rang de l'activité régionale.

La coutellerie de Nogent. A l'origine, la coutellerie se développe à Langres ; signalons d'ailleurs que le père de Denis Diderot fut coutelier. Puis, petit à petit, les couteliers de Langres émigrèrent à Nogent, qui connaît ses heures de gloire au XVIIIe et XIXe siècles  ; à cette époque, la région nogentaise comptait 6 000 ouvriers. Cette activité ancienne de coutellerie et cisellerie haut de gamme est aujourd'hui complétée de l'estampage pour l'automobile, l'outillage main et l'instrumentation médico-chirurgicale.

Nogent est actuellement le premier site français de production de ciseaux. C'est donc dans tout le Bassigny que vous pourrez trouver des artisans couteliers, jusque dans les plus petits villages.

La fonte d'art. En Haute-Marne et plus particulièrement dans la région de Saint-Dizier, l'abondant minerai de la permet, du XVe au XIXe siècle, l'essor de la ville et de sa population grâce à la sidérurgie. Le déclin de cette activité au début du XXe siècle n'empêche pas la ville et ses environs de s'illustrer dans le domaine de la fonte d'art. Avec l'avènement de l'art nouveau, Hector Guimard coule ses créations dans les fonderies de Saint-Dizier, qui devient berceau de la fonte d'art.

En 1900 il crée des fontes ornementales, qui se redécouvrent aujourd'hui au gré d'un circuit qui suit ses pas dans la ville. Le patrimoine métallurgique s'illustre aussi sur la "  route du fer  ", on y trouve ainsi le haut-fourneau de Dommartin-le-Franc et les anciennes fonderies du Val-d'Osne...

Métallurgie et coutellerie. Au XIIe siècle, les moines de Clairvaux fondent leurs forges à Wassy, la vallée de la Blaise est en effet une très vieille région métallurgique. L'industrie du fer se développe, encouragée par les monastères, dans la forêt du Der et celle d'Othe.

Au XIVe siècle, la coutellerie et de grandes maisons apparaissent à Langres, de nombreux artisans s'installent à Nogent, illustrant le dynamise de ce secteur au XIXe siècle, la coutellerie fine, la ciselure haut de gamme, la fabrication d'instruments médicaux et chirurgicaux, des outils... Aujourd'hui des ateliers subsistent à Nogent, Biesles...

Dans les Ardennes aussi la métallurgie est présente, l'industrie de la clouterie, puis de la boulonnerie dans la région de Bogny-sur-Meuse, la ferronnerie à Nouzonville, la fonderie à Revin...

Le Point de Sedan. Dans les Ardennes, l'industrie drapière de Sedan remonte aux guerres de Religion. La manufacture du Point Sedan, atelier d'Art, inscrit au Patrimoine industriel national et faisant partie des richesses françaises s'est vu contrainte de fermer à son tour ses portes en 2008. Cette manufacture datant du XVIe siècle offrait une prestation unique au monde, produisant des tapis de laine sur canevas de lin. Les grands de ce monde ne s'y trompaient d'ailleurs pas, puisque parmi ses plus célèbres clients, on peut citer  : le pape Pie XII, le général de Gaulle, le président J.-F. Kennedy, la duchesse de Windsor.

.. C'est donc tout un pan de l'histoire artisanale et culturelle de la région qui s'étiole au fil des départements. Avec le XVIe siècle, Troyes développe ses activités autour de la draperie et du velours, la bonneterie apparaît avec bonnets et bas tricotés à la main. Au XVIIIe siècle, les métiers à tisser font leur apparition et les bas de Troyes sont très prisés au XIXe siècle, l'activité de la bonneterie se développe dans tout le département de l'Aube.

La vannerie. Situé au sud du département de la Haute-Marne, le pays de Fayl-Billot est au coeur d'une tradition  : la vannerie. On y cultive l'osier dont les brins servent à la fabrication de plus de 800 articles : paniers, malles, présentoirs, objets décoratifs, huches à pains ou hottes de vendangeurs.

Aujourd'hui encore, les artisans travaillent l'osier comme au XVIIe siècle  : ni la machine, ni le robot, n'a remplacé la main de l'homme. Le vannier est l'un des rares ouvriers qui produit une matière - l'osier - et la façonne de son origine à son destin final. L'école nationale d'osiériculture et de vannerie de Fayl-Billot, installée depuis 1905, propose des formations préparant au travail de l'osier  : un cas unique en France. Les habitants de Fayl-Billot apprennent peu à peu l'art de la vannerie, qui prend tout son essor au XIXe siècle.

On compte à cette époque plus de 600 vanniers, et la culture de l'osier couvre 500 ha. La récolte traditionnelle se pratique à la serpette, chaque brin étant coupé le plus près possible de la souche. Triés en fonction de leur taille, les brins d'osier "  vert  " sont mis en bottes. On dispose les bottes par rangs de taille, les grandes au nord et les plus petites au midi, pour obtenir un ensoleillement maximum.

Décortiqués après la remontée de sève du printemps, les brins d'osier blanchis sèchent durant deux jours au soleil et demeurent encore quatre mois au sec. La fin de l'été arrive et après un long travail, l'osier peut enfin être tressé.

Patrimoine industriel

Des fonderies ardennaise et haut-marnaises réputées ont fait la renommée de la région. Demeurent de vieilles usines du XIXe et du début du XXe siècle, des cheminées de brique que l'on aperçoit de loin, au fil des villes et des communes, des quartiers ouvriers aux maisons alignées... Sedan et Charleville sont devenus historiquement et industriellement les deux pôles magnétiques des Ardennes avec une centaine de fonderies de fer, de fonte et d'acier.

 La plupart d'entre-elles fondent notamment la fonte pour fabriquer des appareils de chauffage et de cuisine, qui constituent une des productions emblématiques du département. Les établissements Deville à Charleville, Faure et Arthur-Martin à Revin étaient les fers de lance de cette activité.

De nombreux sites ont été rasés, d'autres sont en friche mais présentent encore des vestiges remarquables comme l'usine Thomé-Cromback à Nouzonville construit en 1930 par l'architecte Chansoux sur des plans ramenés de Philadelphie. A travers toutes ces fonderies, la clouterie, la boulonnerie et la ferronnerie tiennent une haute place. A Nouvion-sur-Meuse, résiste la dernière usine de quincaillerie de France.

En 1856, la Haute-Marne, se place au premier rang des départements pour la production de fonte et de fer en assurant 20 % de la production nationale. Le département est aussi le berceau incontestable de la fonte d'art avec les usines du Val d'Osne et de Sommevoire. Rasée en 1980, la fonderie des Ardennes, dans la rue du Bois-d'Amour, a laissé place à un terrain qui va devenir à terme des jardins communaux. Le haut fourneau de Vendresse (Ardennes) est inscrit au supplément des monuments historiques depuis 1972. Il a cessé ses fonctions dans les années 1870 et a été reconverti depuis en site culturel. Vous pouvez aussi choisir de suivre la Route du Savoir Fer...

La Route du Savoir Fer :
Domaine du Haut-Fourneau
Rue du Haut-Fourneau
08160 Vendresse

 

Bar-sur-Seine et la verrerie des Frères Viard

La ville de Bar-sur-Seine est célèbre, tout comme la région, pour ses verriers, fleurons de l'industrie locale à une époque. Elle est notamment le refuge de la verrerie de Bligny, qui a déménagé. En cette terre de champagne, la verrerie des Frères Viard devint célèbre. Le maître verrier Marinot y a également installé un atelier. Il y teste les inclusions, les jeux d'émail, et fut salué par l'exposition internationale des Arts décoratifs de 1925. Il réinvestit ses voyages au sein de son art et a réalisé près de 2 500 pièces, soufflées ou non, délaissant l'émail pour illluminer le verre. Un livre est mis en avant avec la parution de l'ouvrage Cage en verre d'Olivier Adam et Philippe-Emmanuel Champain.

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Le cristal de Bayel.

 Au carrefour de la Lorraine et de la Bourgogne, Bayel, dans le département de l'Aube, connaît le travail du verre depuis l'an 1300. Le soufflage à la bouche, la taille et la gravure à la main, la gravure au sable et à l'acide, satinage, dorure, dépôt de platine, émaillage, autant de techniques pour parler de la magie du cristal, un art entretenu par les savoir-faire des maîtres verriers.

Au XVIIe siècle, sur les conseils de Colbert, le maître verrier Jean-Baptiste Mazzolay quitte l'Italie et vient s'installer en 1666 à Bayel, où tous les atouts pour travailler la verrerie (privilège nobiliaire) se trouvent réunis  : un château, du sable, de l'eau et du bois. Depuis cette date, les feux n'ont jamais été éteints, relancés énergiquement par Alexis Marquot en 1853.

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Musée du cristal de Bayel

et son atelier du verre à Bayel ...

www.aube-champagne.com ›

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Le Musée du Cristal de Bayel permet de découvrir l'histoire du Verre et du Cristal de l'Antiquité à nos jours. Conçu comme un écomusée, ce sont les habitants de Bayel qui lui ont donné son âme. Des maquettes réalisées par des verriers de la Cristallerie permettent de découvrir que les outils et les techniques sont restés tels que du temps de l'Encyclopédie. De nombreux chefs-d'oeuvre sont présentés dans un véritable "trésor" de la grande période des Arts décoratifs.

Un film vidéo de 15 min., tourné dans les ateliers de la Cristallerie, illustre toutes les étapes de fabrication : soufflage à la bouche, taille à la main, gravure au sable, satinage, dorure, émaillage... Exposition permanente sur la technique de fabrication de la Pâte de Cristal à Bayel. Magasin de vente directe de la Cristallerie à côté du Musée.

Pour les enfants, un carnet de jeux de 11 pages propose des activités ludiques pour comprendre l'histoire de la Cristallerie Royale de Champagne et la fabrication des pièces en cristal. Un carnet de jeux "Souffler n'est pas jouer" pour les enfants de 7 à 11 ans pour comprendre la fabrication des pièces en cristal tout en s'amusant.Rébus, charade, mots codés et bien d'autres jeux encore vous attendent !!!

 

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La littérature occupe une place prépondérante en Champagne-Ardenne. Les écrivains qui y sont liés sont légion.

A Langres, Diderot, natif de la ville, est mis à l'honneur par un musée. Le philosophe des Lumières en faisait notamment l'éloge politique, célébrant le fait que cette cité avait su ne jamais abandonner le parti de ses rois. Autre philosophe : Voltaire, qui profita de son amour pour Emilie du Châtelet et du château de Cirey (52) pour aiguiser sa plume autour de la métaphysique et de la philosophie de Newton. Troyes a d'ailleurs son pont Voltaire, au dessus de la ligne de chemin de fer.

La Champagne-Ardenne est aussi la terre des poètes, notamment avec les sulfureux Verlaine et Rimbaud. A Juniville (08), L'Auberge du Lion d'Or a sans doute abreuvé le poète de fée verte, l'absinthe étant un des péchés mignons du poète. Aujourd'hui reconvertie en musée Verlaine, c'est sur 1 500 m2 que vous pourrez revivre celui pour qui " Il y a en France des contrées aussi belles que les Ardennes, il n'y en a peut-être pas de plus belle..

". Rimbaud n'est pas en reste : le Vieux Moulin de Charleville abrite notamment des manuscrits, dont celui de Voyelles, qui nous rappelle la synesthésie dont Rimbaud faisait preuve. La Maison Rimbaud a été inaugurée en 2015, mais c'est aussi Patty Smith qui en 2017 a investi dans une maison appartenant à la famille du poète. Rimbaud s'y était réfugié quand Verlaine lui avait tiré dessus.

Le général De Gaulle trouva, quant à lui, son inspiration et son refuge à Colombey-les-Deux-Eglises. Il décrit de son bureau ouvert sur les plaines, sa traversée du désert mais aussi la puissante inspiration du paysage : " Par-dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé ".

Louis-Ferdinand Céline, plus polémique, resta un temps à Revin. Toutefois, son Bardamu dresse un portrait peu flatteur des Ardennes dans son Voyage au bout de la nuit. Flaubert lui aussi vécut à Courtavant, dans l'Aube... En somme, en Champagne-Ardenne, tout semble propice à l'écriture. Essayez en envoyant une carte postale..

 

 

La région a inspiré nombre d'écrivains. Denis Diderot est l'icône à la ville de Langres où il naquit en octobre 1713, mais aussi à toute la Haute-Marne. La place de la cathédrale porte alors déjà le nom des Diderot, que Denis quittera vers quinze ans. Le Musée des Lumières Denis Diderot, avec près de 250 pièces, met à la disposition des visiteurs nombre d'ouvrages littéraires inédits : un exemplaire du Supplément au voyage de Bougainville posthume, des écrits épistolaires, mais aussi une comédie de théâtre, talent moins connu, Est-il bon, est-il méchant ?,

dernière oeuvre dont Diderot a annoté plusieurs pages. Voltaire, lui, se réfugia en Haute-Marne, à Cirey. Poursuivez ainsi vers le château de Cirey-sur-Blaise (52), ouvert au public en été. Ici, il vécut une grande histoire d'amour avec Emilie du Châtelet de 1734 à 1749.

Ce siècle de tolérance a sans aucun doute permis aux poètes de se libérer. Verlaine et Rimbaud ont ainsi marqué leur passage dans les Ardennes, une route balisée y évoque leurs pérégrinations.

De la maison natale de Rimbaud, à Charleville, au musée qui se consacre à son oeuvre et sa vie, on ira aussi à Roche voir le lavoir où il écrivit Une Saison en enfer. A l'entrée du cimetière de Charleville se trouve une boite à lettres de la Poste, jaune, mais à l'effigie de Rimbaud. Les lettres seraient archivées au musée.

Mais l'Aube a aussi hébergé le père de Flaubert qui délaissa son Rouen de prédilection plusieurs fois, pour prendre le cadre de Nogent-sur-Seine, notamment dans l'Education sentimentale. Emile Coué est aussi né dans la cité des templiers. Quant à Abélard et Héloïse, c'est au Paraclet (10) qu'ils se réfugièrent.

www.chateaudecirey.com (Voltaire)

www.charleville-mezieres.fr/Culture-patrimoine-et-jumelages/Rimbaud-et-Charleville-Mezieres/Les-musees (Rimbaud)

www.musees-langres.fr (Diderot)

 

 

A Essoyes, dans l'Aube, on cultive la vigne et le souvenir des Renoir. C'est dans cette petite commune, village natal de sa femme, que le peintre Auguste Renoir s'est installé vers 1882. Il achète la maison où il réside tous les ans, de mai à octobre et adopte ce pays de campagne et de coteaux plantés de vignes qui lui a inspiré plusieurs toiles. Après de nombreux appels à souscription, la maison renaît de ses cendres, tel un phénix. C'est désormais plus qu'une maison, un véritable centre culturel, qui vous est ouvert. Mais l'Aube est aussi la terre d'asile de Camille Claudel à compter de 1876.

En 2014, on a célébré les 160 ans de la naissance de l'artiste. Elle y impressionne déjà Alfred Boucher, sculpteur lui aussi. C'est ainsi qu'elle fit ses premiers pas artistiques dans la ville, travaillant notamment le marbre et la terre glaise. On comprendra aisément que la ville ait choisi de mettre en avant un pôle de sculptures, à travers cette triade : Paul Dubois (dont le père fut maire de Nogent mais surtout sculpteur, qui désormais habille les couloirs du Louvre et du Quai d'Orsay), Alfred Boucher et Camille Claudel.

Son premier musée mondial a désormais ouvert ses portes. L'environnement lumineux rend un bel hommage à la sculptrice, mais a aussi été partenaire du centenaire Rodin. Le patrimoine artistique ne saurait s'affranchir des ressources religieuses. La région Champagne-Ardenne s'enorgueillit de posséder le plus grand nombre de vitraux anciens d'Europe, datant du XIIIe au XIXe siècle. Linard Gonthier et la famille Vinum, maîtres verriers, ont contribué à leur conservation.

Un conservatoire du vitrail, la Cité du vitrail, aux côtés de l'Apothicairerie et des canaux, permet de charmer les yeux des visiteurs au-delà des nombreuses églises troyennes. Vouée à s'étendre jusqu'à 2 000 m², elle sera un échantillon louable des 9 000 m² de baies vitrées et savamment travaillées que compte l'Aube.

Cité du vitrail, à l'Hôtel-Dieu-le-Comte, à Troyes. 

 

La sculpture se taille une place prometteuse...

La région est riche d'artistes. A Reims, rendez-vous au monument de l'Armée noire, réplique de la sculpture de Paul Moreau-Vauthier détruite sous l'Occupation qui a trouvé sa place sur un socle légendaire. En effet, le socle précédent se trouve en quelque sorte au coeur de l'arche, tandis que l'armature plus moderne permet de faire revivre l'oeuvre, commémorant ainsi la guerre 1914-18 avec un fort symbolisme. La Fileuse, friche artistique à Reims, accueille désormais les artistes en résidence.

A Troyes, des personnages de bronze ont pris domicile dans la ville. Lili vous accueille, coiffée d'un majestueux chapeau, oeuvre du sculpteur hongrois András Lapis, dont on peut croiser la " jumelle ", rue Bonaparte à Paris, dans une pose plus méditative et l'amour est célébré par deux oeuvres. L'arbre d'amour, oeuvre des compagnons du devoir marnais, planté aux abords de la nouvelle cité du vitrail et le Coeur de la ville, inondant de ses lumières le canal dès la tombée de la nuit, quai Dampierre. L'hôpital de Troyes s'ouvre sur un portrait en métal de Simone Veil, juste à l'entrée. On se souvient que le sculpteur aubois Jean-Paul Méline avait rendu hommage à l'Abbé Pierre les années précédentes, sur le même procédé.

A Langres, on célèbre Denis Diderot, avec l'ouverture d'une Maison des Lumières, où l'on peut se confronter notamment au buste de bronze de l'Encyclopédiste, signé Houdon ou à la toile impressionnante de Van Loo qui rend hommage au philosophe. Au sein de huit salles, vous retrouverez tout le brillant esprit de ce siècle de lutte contre l'intolérance.

A Reims, une sculpture dénommée Ball Machine a été offerte à l'hôpital américain afin que les enfants puissent s'évader ludiquement, l'espace d'un instant.

 

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Henriette Bernier

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« Il y avait du trafic sur cette voie d’eau, le canal de l’Est branche Nord, qui relayant les tronçons de la Meuse navigable traversait le département d’une extrémité à l’autre, des confins de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges aux Ardennes. Une connexion avec le canal de la Marne au Rhin permettait en outre d’élargir l’activité vers le Bassin parisien et le grand Est, jusqu’à Strasbourg. Dans le nord de la Meuse, le canal cédait la place au fleuve, pour la traversée de la Belgique et des Pays-Bas, jusqu’à l’embouchure où il mêlait ses eaux à celles du Rhin. »

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Henriette Bernier est née le 1er octobre 1937 dans la Meuse.

Après avoir terminé ses études à l’Ecole Normale de Bar-le-Duc, Henriette Bernier débute sa carrière en tant qu’institutrice puis professeur au collège, d’abord dans la Meuse puis dans la Marne.

La venue de la retraite en 1989 lui permet de se consacrer entièrement à l’écriture.

En 1996, elle décide de revenir dans sa région natale et s’installe à Bantheville, petit village meusien dont elle s’inspire pour proposer à ses lecteurs une promenade dans le monde rural d’aujourd’hui et d’antan.

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

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Jean-Lurçat

https://www.fondation-lurcat.fr/

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Créateur infatigable, Lurçat est un artiste aux multiples facettes : peintre, poète, illustrateur, il se passionne pour les techniques de la céramique et de la tapisserie dont il est le plus illustre représentant du XXe siècle.​

Engagé dans son époque, et passionnément curieux du monde, Jean Lurçat est né dans les Vosges à Bruyères, où Lucien, receveur des postes, et Charlotte engendrent une descendance de créateurs : Jean le peintre et André l’architecte.

Jean Lurçat se forme dans l’atelier de Victor Prouvé, chef de file de l’École de Nancy, puis vient s’immerger dans l’effervescence artistique et intellectuelle de Paris, il a alors vingt ans. Il complète sa formation en marge des circuits officiels, fonde avec des amis la revue Les feuilles de mai, et décide alors d’entamer une carrière de peintre fresquiste, mais le projet tourne court à cause de la guerre. Jean Lurçat, engagé volontaire, subit le sort terrible des fantassins ballottés dans la tourmente : cela le marquera à vie.

Un Lurçat, impatient et ne tenant pas en place, s’exprime durant la décennie des années vingt. Il se fait connaître par sa peinture, en France et aux Etats-Unis. Peintre de renommée internationale, il figura parmi les artistes les plus significatifs de son temps, tout en restant en marge des courants esthétiques contemporains. Il collabore avec Pierre Chareau, architecte-décorateur connu par l’intermédiaire de ses amis Jean et Annie Dalsace, les commanditaires de l’iconique maison de verre rue Saint-Guillaume. Il produit aussi de grands canevas brodés par son épouse et donne des projets de tapis.

La collectionneuse Marie Cuttoli fait tisser à Aubusson des tapisseries d’après des œuvres de Lurçat et des autres artistes de sa collection, et cette expérience ouvre la voie de la renaissance de la tapisserie par son ambition esthétique. Parallèlement, aux Manufactures nationales, un salon des Illusions d’Icare est tissé ; destiné à l’ambassade de France en URSS, il ne sera jamais mis en place à cause de la guerre.​

Lurçat, à cette époque, abandonne la peinture de chevalet. L’étape décisive est franchie lorsqu’il s’approprie la technique de la tapisserie de lisse et s’implique dans la technique du langage de la laine. L’Apocalypse d’Angers qu’il découvre en 1938 confirme son intuition. Il perçoit le potentiel immense et l’originalité de cet art.

Grosseur du point, gamme limitée et carton chiffré, il n’aura de cesse de prôner les avantages d’une méthode qui revient aux fondamentaux de la technique du Moyen âge, période qu’il estime celle des plus grands chefs d’œuvre de la tapisserie. Afin de soutenir les manufactures d’Aubusson, lourdement touchées par la grande crise et en panne de création, l’administrateur des Manufactures nationales, Guillaume Jeanneau, imagine de confier une grande commande à des artistes contemporains.

Lurçat a un temps d’avance, lorsque l’administrateur des Manufactures nationales lui demande de venir à Aubusson en septembre 1939 pour une commande d’une tenture des Quatre saisons : en effet il s’y trouve déjà, Gromaire et Dubreuil suivront. Il est déjà doté d’un acquis d’expérience notamment grâce à François Tabard, l’entreprenant et éclairé directeur d’un vieil atelier familial. Son inspiration se renouvelle du tout au tout. Il développe une cosmogonie poétique et humaniste portée par une invention plastique sans cesse jaillissante. Retenu par les circonstances à Aubusson puis contraint de se cacher dans le Lot, il exprime dans ses tapisseries une protestation souvent douloureuse (Liberté, Centre Georges-Pompidou).

Dans sa retraite il retrouve ses amis poètes (Aragon, Tzara, mais aussi Tériade et Pierre Betz), et participe activement à la presse clandestine de la Résistance. Mais la paix ouvre enfin la voie aux grands projets : à Saint-Céré, les Tours Saint-Laurent, forteresse médiévale partiellement ruinée qu’il achète sur un coup de cœur, lui offrent le cadre nécessaire pour déployer de grandes compositions, et des assistants venus du monde entier viennent s’initier chez lui à la tapisserie.

La majestueuse tapisserie du Vin du Musée de Beaune, exceptionnellement présentée aux Gobelins, est un hymne à la joie de vivre, à la poésie et à la musique

. L’Apocalypse pour l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce, construite par Maurice Novarina au plateau d’Assy, impose sa gravité dans un autre registre. Par sa puissance de création et l’originalité du monde poétique qui l’habite, Lurçat projette la tapisserie dans le vingtième siècle. Il savoure le plaisir du travail en équipe, la satisfaction de travailler pour des œuvres destinées à être vues de tous.

Lurçat réussit, lui-même, et tous les peintres qu’il entraîne à sa suite, à rendre progressivement la prospérité aux ateliers d’Aubusson-Felletin et à en relever l’éclat. On peut parler désormais de « renaissance de la tapisserie ».

 

œuvre commentée

œuvre commentée

Il peuple désormais les murs des cinq continents dans les lieux de prestige et de pouvoir (Paris et Rome, collection Mobilier national pour l’ambassade de France à Rome, Les trois Soleils, aéroport d’Orly... ).

Il devient en quelque sorte un ambassadeur du goût français et de la place retrouvée de la France. Les circuits de la diplomatie, des Manufactures nationales et des institutions de l’État portent son art dans le monde. Il conçoit dans le même temps des pièces plus intimes où il s’invente un bestiaire familier et fabuleux (Tenture aux tortues, Le jardin du rêveur... ) et poursuit des essais dans ses multiples coqs si célèbres, illustre des livres, publie un recueil de poèmes Mes domaines, fait éditer des tissus...

Infatigable voyageur et créateur toujours en alerte, on lui doit aussi une œuvre de céramiste avec les ateliers de Sant Vicens avec lesquels il travaille à partir de 1951. La céramique lui a ouvert un nouveau champ d’expérimentation et de liberté à travers des pièces du quotidien et de grandes compositions murales. Durant la trentaine d’années au cours de laquelle Lurçat s’est consacré à la tapisserie, des centaines de cartons sont nés, qui ont pris place sur les murs de particuliers, de firmes, de bâtiments publics, en France et à l’étranger. La Galerie La Demeure en a été l’exceptionnel relais, et pour l’Allemagne et la Suisse la Galerie Alice Pauli. Il s’est risqué aussi à entreprendre de son propre chef, sans aucune commande, Le Chant du monde, exposé à Angers, où sur près de 500 mètres carrés s’expose sa magistrale vision du monde.

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La Maison Atelier

La maison-atelier de Jean Lurçat, incontestable chef-d’œuvre de modernité fut construite en 1925 par son frère l’architecte André Lurçat, membre important du Mouvement moderne d’après guerre avec Le Corbusier, Perret et Mallet-Stevens.

La Villa Seurat est une cité d’artistes située à Paris dans le 14e arrondissement. Elle fut conçue en grande partie par André Lurçat. Elle constitue, avec les deux villas édifiées par Le Corbusier rue du Docteur Blanche, et la rue Mallet-Stevens dans le 16e, l’un des trois ensembles importants réalisés à Paris au début du XXe siècle par les plus grands représentants du Mouvement moderne.

C’est par l’intermédiaire de son frère Jean, qu’André Lurçat reçut les commandes d’artistes désireux d’habiter dans des maisons modernes en périphérie du marché immobilier coûteux de Montparnasse. La connivence qu’on peut deviner entre André Lurçat et sa clientèle d’artistes qui, pour la plupart furent influencés à un moment donné de leur carrière par le cubisme, s’affiche sur les façades aux lignes épurées de la Villa Seurat où on ne dénombre pas moins de huit maisons-ateliers réalisées par André Lurçat entre 1924 et 1928.

D’autres architectes de renom apposèrent leur griffe Villa Seurat. Ainsi, au numéro 7 bis, Auguste Perret construisit en 1926 un atelier pour le sculpteur Chana Orloff tandis que l’architecte Jean-Charles Moreux dessina la maison-atelier du sculpteur Robert Couturier.

La Villa Seurat attire très vite une communauté d’artistes ; elle abrita entre autres Dali, Foujita, Hasegawa, Gromaire, Derain, Soutine, Magnelli… les écrivains Antonin Artaud, Samuel Beckett, Henry Miller y écrivit au numéro 18, son roman Tropique du Cancer.

La maison-atelier de Jean Lurçat est la première qu’André Lurçat construit dans l’impasse. Inscrite au titre des Monuments historiques depuis juillet 2015, elle possède également le label XXe siècle (Label officiel français créé en 1999 par le ministère de la Culture et de la communication). Cet édifice est caractéristique du travail d’André Lurçat dont l’œuvre s’illustrera notamment par la continuité de son style.

La blancheur de ses façades aux enduits lisses, la longueur des fenêtres ou du vitrage de l’atelier, la couverture en terrasse, l’absence d’ornementation témoignent de l’esthétique des années vingt et du dialogue qui a dû se nouer entre les deux frères, tous deux influencés par les nouvelles tendances esthétiques de l’époque. La simplicité, le jeu des volumes, des plans et des surfaces ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’esprit de certaines œuvres picturales de Jean Lurçat. Pour André Lurçat, « le premier objet de l’architecture [était] […]

sa destination sociale ». Ses œuvres illustrent son souci d’inventer un nouvel espace de vie qui soit en rupture avec le mode de vie bourgeois du siècle précédent et ses conventions. Ainsi, il fuit le futile au profit de l’utile. Le meuble, par exemple, ne doit plus être considéré comme un ornement, il doit être « la juste réponse à sa destination ». C’est ainsi qu’on trouve dans la maison-atelier de Jean Lurçat des réalisations de ce qu’André appelait le « mobilier-immeuble ». Intégré à l’architecture d’une pièce, par opposition au « mobilier volant », il est le prolongement de l’architecture, l’une des composantes d’une « œuvre totale », au même titre que peut l’être le jardin.

Un site inscrit dans le tissu historique et artistique local  |  Le quartier du parc Montsouris a connu une urbanisation tardive par rapport au reste du 14e arrondissement. Il a acquis son caractère particulier grâce aux nombreux artistes qui, ne trouvant plus à se loger à Montparnasse, y trouvèrent un havre de paix et de verdure ainsi que des terrains à des prix abordables.

Ces artistes firent appel aux architectes les plus novateurs de leur temps, c’est pourquoi toutes les tendances du style architectural moderne apparu dès les années 1920 s’illustrent dans ce périmètre.La création du parc Montsouris et les travaux urbanistiques d’Haussmann ont par ailleurs marqué un tournant décisif dans l’histoire du quartier. Du parc Montsouris, on fit partir de nouvelles rues de manière à relier le site au reste de la ville.

Parmi celles-ci, l’avenue Reille où Le Corbusier construisit l’atelier Ozenfant en 1922-1923, la rue Nansouty où André Lurçat édifia une villa pour le peintre zurichois Walter Guggenbülh, la rue Gazan où l’architecte Jean-Pelée de Saint Maurice bâtit en 1930 un immeuble d’ateliers-logements pour artistes.La Villa Seurat reste aujourd’hui encore le modèle le plus singulier de cette migration artistique.

André Lurçat, architecte

(1894-1970)

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Un homme engagé, architecte de la retenue   Architecte de renom, représentant du Mouvement moderne, André Lurçat, frère de Jean, est né à Bruyères en 1894. Il entre aux Beaux-Arts de Nancy en 1911, puis aux Beaux-Arts de Paris où il étudie de 1919 à 1923. Il entreprend ensuite de nombreux voyages en Europe, d’abord en Italie où il découvre l’architecture du Moyen Âge et de la Renaissance, puis en Belgique où il rencontre Hoffmann. Il se rend ensuite en Allemagne où il fait la connaissance de Gropius, qui l’invitera en 1926 à l’inauguration du Bauhaus, et aux Pays-Bas où il rencontre les frères Taut et l’architecte Oud.

Se plaçant dans le courant moderne des années vingt, il commence sa carrière par une série de maisons particulières Villa Seurat à Paris, dont la maison-atelier de son frère Jean, et celle des peintres Bertrand, Gromaire et Goerg. Architecte-citoyen, voire architecte-militant, André Lurçat est guidé par ses idéaux. L’expérience de la Première guerre mondiale, et son engagement sur le front, sont pour lui l’occasion d’une réflexion sur l’architecture et celle d’une réaction devant les manifestations de l’ordre social existant et l’absurdité des massacres dont il est témoin. Tout en tirant de la tradition une leçon de rigueur et d’intégrité, il rompt très tôt avec l’académisme institutionnalisé des Beaux-Arts

et adhère aux principes du « réalisme socialiste ». Il s’attache à dépasser la rigueur des lois formulées en invoquant « l’imagination créatrice » ou le « talent de l’artiste », mais c’est avec pudeur que ses œuvres expriment ses convictions, car il s’intéresse davantage à la fonction de l’architecture et à son articulation à l’urbanisme qu’à l’expression d’un modernisme outrancier, auquel il est opposé. Membre fondateur des CIAM (Congrès internationaux d’architecture moderne) avec, entre autres, Le Corbusier, les œuvres d’André Lurçat attirent très vite l’attention. En 1929, il construit l’hôtel Nord-Sud à Calvi et obtient peu après la commande du groupe scolaire Karl-Marx pour la municipalité de Villejuif.

Cette réalisation marquante de la nouvelle architecture française, pour laquelle Jean Lurçat compose des peintures murales, est inaugurée en 1933 en présence de 20 000 personnes. Cette école, conçue après la consultation d’éducateurs, de psychologues, de médecins et d’enseignants, méthode d’analyse alors sans précédent, reste une des œuvres majeures d’André Lurçat, véritable manifeste de son engagement pour la cause du logement de masse et l’éducation populaire.

 

En 1932, Lurçat ouvre un atelier collectif, rue Daguerre à Paris. Il y reçoit des étudiants du monde entier et le conçoit comme un centre de recherche dédié à l’architecture. Très lié aux intellectuels communistes français et russes, il part travailler à Moscou en 1934. Il regagnera la France en 1937.
Après avoir participé à la création du Front national des architectes résistants pendant la Seconde guerre mondiale, André Lurçat est chargé en 1945 du plan de reconstruction de Maubeuge.

Fidèle à ses convictions, il s’y révèle attentif aux attentes de la population et sensible à la forme urbaine antérieure. Membre du Conseil d’architecture du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme, professeur à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris puis à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de 1945 à 1947, André Lurçat reçoit après 1955 plusieurs commandes de municipalités de la banlieue parisienne. Devenu architecte en chef de la ville de Saint-Denis, il s’attache à y concevoir des «cités-jardins verticales» préfabriquées, constituant des entités distinctes dans la ville.

Dans Formes, Composition et lois d’harmonie, son ouvrage phare publié au milieu des années cinquante, il expose un ensemble de réflexions théoriques sur l’esthétique architecturale en réaction à son expérience soviétique.
 André Lurçat s’éteint à Sceaux en 1970, laissant à la postérité plusieurs centaines de projets ou d’édifices.

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Lurçat ailleurs

L’œuvre de Jean Lurçat, consacré académicien en 1964, s’est ancrée dans le patrimoine français grâce à la ferveur des collectionneurs, aux commandes publiques passées à l’artiste, à quelques acquisitions de l’Etat puis à la générosité de Simone Lurçat, sa veuve. Par l’intermédiaire de donations successives, celle-ci a favorisé l’émergence des lieux patrimoniaux : l’atelier des Tours-Saint-Laurent à Saint-Céré et le musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine à Angers. Elle a également enrichi les collections de la Cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé à Aubusson et contribué à la création du Lurçat - Museum d’Eppelborn (Allemagne).

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​​Atelier-musée de Saint-Céré

Donnée par Simone Lurçat au Conseil Général du Lot en 1986, la demeure de Jean Lurçat aux Tours-Saint-Laurent est une forteresse médiévale qu’il acquiert en 1945. Ce lieu aux immenses murs permet à l’artiste, durant vingt ans, la création des cartons de tapisserie et l’accueil et la formation d’assistants peintres-cartonniers. Lurçat partageait sa vie entre sa résidence Lotoise, sa maison Villa Seurat et ses nombreux voyages. À sa mort, Simone Lurçat a légué un ensemble d’œuvres pour enrichir la collection restée in situ.

> musees.lot.fr

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Musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine – Angers

Suite à l’achat de la tenture Le Chant du Monde par la municipalité d’Angers en 1968, l’Hôpital Saint-Jean a accueilli cet ensemble de dix tapisseries. Simone Lurçat, par ses dons ultérieurs, a également constitué un noyau de collection représentatif de la pluralité de l’œuvre de l’artiste. Celui-ci, enrichi par des acquisitions complémentaires, offre des aperçus de la carrière de Jean Lurçat.

> musees.angers.fr

Cite internationale de la tapisserie et de l'art tissé – Aubusson

Inaugurée le 10 juillet 2016, la Cité internationale de la tapisserie et de l’art tissé d’Aubusson est le prolongement du Musée départemental de la tapisserie. Ce musée est né de la volonté de créer un établissement relatant l’extraordinaire pérennité de cet art en Creuse. Il était inclus dans un Centre culturel et artistique Jean Lurçat inauguré en 1981 et devenu Scène nationale.

> cite-tapisserie.fr

Lurçat – Museum Eppelborn (Saarland, Allemagne)

Fondé à partir de la collection de Paul Ludwig et créé à l’initiative d’une association en 2002, le musée a bénéficié du soutien de Simone Lurçat. Hébergé par la municipalité, le musée, dirigé par Matthias Marx, a constitué une importante collection de tapisseries, peintures, dessins, gravures et céramiques de l’artiste.

> jean-lurcat.de

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BIBLIOGRAPHIE

ROMAN

Roger ou les à-côtés de l’ombrelle (1926)

ESSAIS

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Le Travail de la tapisserie du Moyen-Âge (1947)

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Le Bestiaire de la tapisserie au Moyen-Âge (1947)

POÉSIE

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Géographie animale (1948)

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Reims

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Librairie la Belle image

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A deux pas du centre, poussez la porte de cette charmante librairie indépendante et plongez dans un univers enchanteur peuplé de livres en tout genre et de belles images qui font rêver. Les petits comme les grands seront ravis de s'attarder dans le rayon jeunesse qui déborde d'albums, romans et beaux livres illustrés finement sélectionnés par des libraires passionnés. D'ailleurs n'hésitez pas à solliciter leurs avis et conseils avisés.

A la Belle Image, vous trouverez aussi des références de bandes dessinées et romans graphiques pointus qui séduiront immanquablement les amateurs du genre, ainsi qu'un vaste choix de livres pratiques, essais, romans classiques et contemporains. 

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A deux pas du centre de Reims, La Procure c'est «la librairie des coups de cœur colorés». Dans ses rayons, on découvre les notes hautes en couleur qui ornent les livres et sur lesquels les libraires partagent leurs avis passionnés.

Vous y découvrirez une sélection des dernières sorties littéraires contemporaines, un beau rayon consacré à la littérature jeunesse ainsi qu'un espace entièrement dédié aux ouvrages et à l'artisanat religieux au premier étage.

Et tout au long de l'année, la librairie organise des rencontres et dédicaces pour les amoureux des livres.

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Stéphane Bern

Lieu : Paris VIe

Stéphane Bern viendra à la librairie La Procure

Paris VIe le mardi 7 avril 2020 de 18 h 30 à 19 h 30

pour présenter sa dernière bande dessinée :

 Notre-Dame de Paris,

la nuit du feu paru aux éditions Glénat.

 

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14 MAI. 18h30

François Sureau

Lieu : Paris VIe

François Sureau viendra à la librairie La Procure Paris VIe

 le jeudi 14 mai 2020 de 18 h 30 à 19 h 30

pour présenter et dédicacer son dernier livre :

 L'Or du temps à paraître aux éditions Gallimard.

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VIVRE LE CARÊME

AVEC LA PROCURE,

LE DOSSIER DE LA PROCURE

Vivre le carême avec La Procure

Pour vous aider à vivre le temps du Carême et la préparation des fêtes pascales avec les enfants et les adultes, nous vous proposons un choix d'ouvrages de spiritualité et de livrets pour accompagner ce temps.

Le Carême, un temps pour cheminer, 40 jours pour se préparer.

Temps d’intériorité et d’examen de conscience, temps d’ouverture et de gratuité, le Carême offre tout cela à la fois. Six semaines  pour se redire ou découvrir combien la vie en Christ est source de paix, d’amour et de joie.

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Le magazine Boudoir littéraire

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