Le Boudoir Littéraire et thèâtral  la plume et l'encrier

Colette vie et oeuvre

 

Avant 1873

1829

26 septembre 1829 : Naissance, au Mourillon, près de Toulon, de Jules Joseph Colette, père de l’écrivain

1835

12 août 1835 : Naissance, à Paris, d’Adèle Eugénie Sidonie Landoy, mère de Colette. — Le père : Henry Marie Landoy, né à Charleville, Ardennes, le 23 septembre 1792, mort à Lyon, le 17 janvier 1854. Surnommé « le Gorille ». La mère : Sophie Céleste Châtenay, née à Versailles en 1792, morte à Paris le 2 octobre 1835. Après la mort de sa mère, la jeune Sidonie est mise en nourrice chez un charron nommé Girard, à Mézilles, village situé à dix kilomètres de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne). Elle sera accueillie ensuite par ses frères installés dès 1840 en Belgique, où Eugène, notamment, se consacre au journalisme.

1857

15 janvier 1857 : Mariage, à Schaerbeek, près de Bruxelles, de Sidonie Landoy avec Claude Jules Joseph Robineau-Duclos, né le 9 février 1814.

1859

9 juin 1859 : Jules Colette est blessé lors de la bataille de Melegnano (« en France nous disons Marignan »). Il sera amputé de la jambe gauche. Il recevra à partir de 1860 une pension de 1.600 F par an.

10 août 1859 : Naissance, à Villiers-sur-Orge (Essonne), de Henri-Jean-Albert Gauthier-Villars.

1860

9 août 1860 : Jules Colette prête serment à la préfecture de l’Yonne, puis s’installe à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dont il s’est vu confier la perception après sa mutilation (arrêté ministériel du 2 juin 1860).

14 août 1860 : Naissance, à Saint-Sauveur, d’Héloïse Emélie Juliette Robineau-Duclos, « ma soeur aux longs cheveux » (La Maison de Claudine).

 1863

27 janvier 1863 : Naissance, à Saint-Sauveur, d’Edme Jules Achille Robineau-Duclos, que Colette sentira obscurément « frère entier par le cœur, le choix, la ressemblance ».

26 mai 1863 : naissance d’Adèle Sophie de Morny, future Missy.

1865

30 janvier 1865 : Mort de Jules Robineau-Duclos.

20 décembre 1865 : Sidonie Landoy, veuve Robineau-Duclos, épouse en secondes noces Jules Colette, à la mairie de Saint-Sauveur, et le 23 décembre, en la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles.

1866

22 octobre 1866 : Naissance, à Saint-Sauveur, de Léopold Jean Colette, dit Léo, frère de Colette.


1873-1891

1873

28 janvier 1873 : À 10 heures et demie du soir, naissance, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, de Sidonie Gabrielle Colette.

1874

14 mai 1874 : Naissance d’Emilie Marie Bouchaud, future Polaire, à Mustapha.

1876

5 avril 1876 : Naissance, à Paris, de Henry de Jouvenel, fils de Raoul Marie Bertrand de Jouvenel et de Marie Juliette Emilie Dollé, son épouse.

1880

A Saint-Sauveur, début de la construction d’un bâtiment scolaire qui comprend les classes enfantines. Colette n’ira pas en pension au collège d’Auxerre que fréquentent ses frères. « C’est la captivité de ces trois ainés qui décida de ma liberté. « Oh ! non, pas elle ! » murmurait ma mère en me regardant » (Aventures quotidiennes, « Rentrée »).

Mars 1880 : Jules Colette prend sa retraite de percepteur.

6 juillet 1880 : Jules Colette pose sa candidature aux élections du conseil général de l’Yonne. Sa fille l’accompagne quelquefois dans sa campagne électorale. (Voir « Propagande » dans La Maison de Claudine.)

8 août 1880 : Election du docteur Pierre Merlou, futur maire de Saint-Sauveur (1886), député (1889 à 1906), ministre… et personnage de Claudine à l’école, sous le nom de Dutertre.

 1884

23 février 1884 : Naissance de Jeanne Roques (Musidora).

15 avril 1884 : Juliette Robineau-Duclos épouse le docteur Charles-Gustave Roché, qui exerce à Saint-Sauveur. Ce mariage rend publique la mauvaise gestion, par le Capitaine, des biens que Sido a hérités de Jules Robineau-Duclos.

4 septembre 1884 : Partage des biens de la succession de Jules Robineau-Duclos. Attribution de la maison de Saint-Sauveur, sise rue de l’Hospice (rue Colette depuis le 30 avril 1967), à Achille Robineau-Duclos.

1885

25 juin (écrit) et 31 juillet (oral) 1885 : À l’école de Saint-Sauveur, Colette passe les épreuves du Certificat d’études primaires.

1887

14 juillet 1887 : Pose de la première pierre de la nouvelle école de Saint-Sauveur-en-Puisaye, par le maire, Pierre Merlou.

Octobre 1887 : Adjonction d’un cours complémentaire à l’école de Saint-Sauveur. Mlle Olympe Terrain, 24 ans, succède à la directrice, Mme Viellard.

1888

Henry Gauthier-Villars, associé à l’entreprise paternelle, dirige la maison d’édition. Au rez-de-chaussée du 55, quai des Grands-Augustins, son bureau devient le rendez-vous des Gourmont, de Louÿs, Mendès, Régnier, Schwob, Verlaine.

1889

Juillet 1889 : Sidonie-Gabrielle Colette obtient le brevet élémentaire, à Auxerre (1er-3), et le certificat d’études primaires supérieures (26 et 27), auquel huit élèves sont reçues sur vingt-six présentées Elle cesse ses études.

Voyage de Colette à Paris où elle ferait la connaissance de Willy.

3 août 1889 : Naissance, à Paris, 8, rue Frédéric-Bastiat, de Maurice Goudeket.

19 septembre 1889 : Naissance, à Paris, 22, rue de l’Odéon, de Jacques Gauthier-Villars, fils de Willy et de Louise Servat, non encore divorcée d’Emile Cohl, futur créateur des dessins animés.

Octobre 1889 : Willy commence à publier, dans Art et critique, des lettres sur les concerts Lamoureux, signées : « Une ouvreuse du Cirque d’été ». Colette deviendra une lectrice assidue des « Lettres de l’Ouvreuse ».

1890

12 février 1890 : Achille Robineau-Duclos soutient sa thèse de doctorat devant la Faculté de médecine de Paris, dans laquelle il a fait ses études. Il s’établit ensuite à Châtillon-sur-Loing (aujourd’hui Châtillon-Coligny).

15 juin 1890 : Vente « par adjudication volontaire et pour cause de départ » de divers meubles et objets appartenant à la famille Colette.

28 septembre 1890 : A Saint-Sauveur, inauguration, par Jules Develle, ministre de l’Agriculture, des nouveaux bâtiments de l’école (achevés en février) dont une pierre d’angle porte l’inscription : « Cette pierre a été frappée par M. Merlou, conseiller général, maire de Saint-Sauveur, le 14 juillet 1887. » Sidonie Gabrielle récite la harangue officielle de remerciements.


1891-1900

1891

Réconciliation de Sido avec Juliette.

[1er novembre] 1891 : Les Colette quittent Saint-Sauveur pour s’installer 9, rue de l’Égalité à Châtillon-sur-Loing, où Achille s’est établi médecin (au 20, rue de l’Église). Au dénombrement de la population (printemps 1891), Léo et Achille habitaient 9, rue de l’Égalité, avec 1 domestique. Sido y restera jusqu’en novembre 1908.

________________________________________

1905

9 juin : Au cours d’une garden-party qu’organise chez elle Natalie Barney, 25, rue du Bois-de-Boulogne, à Neuilly, Colette figure dans une de ces pantomimes pastorales qu’affectionne la maîtresse de maison. C’est à cette occasion que se produit Mata-Hari.
23 juin : De nouveau chez Natalie Barney, Colette joue dans le Dialogue au soleil couchant de Pierre Louÿs. Elle évoque cet événement dans Mes apprentissages : « A force de trac, les r roulants de mon accent bourguignon devinrent russes. »

1906

6 février (9, 10, 13-25) : Débuts publics avec Le Désir, la Chimère et l’Amour, une pantomime de Francis de Croisset et Jean Nouguès créée sur la scène du théâtre des Mathurins. « Je joue un faune qui court après les nymphes, confie Colette Willy au journaliste Michel Georges-Michel, dans le Gil Blas, du 1er février. J’ai du poil aux oreilles, je saute un mur, je danse. »
12-14 mars : Le Désir, la Chimère et l’Amour au Palais des Beaux-Arts de Monte-Carlo.
Deuxième quinzaine de mars : Le Désir, la Chimère et l’Amour est joué à Bruxelles, au Cercle de l’Union artistique.
30 mars-16 avril : Aux innocents les mains pleines, fantaisie boulevardière en un acte de Willy et Andrée Cocote (pseudonyme d’André Trémisot), que Colette joue en travesti au Théâtre-Royal, 23, rue Royale (aujourd’hui disparu).
1er octobre-2 novembre : A l’Olympia, Colette joue La Romanichelle, pantomime de Paul Franck sur une musique d’Edouard Mathé.
18 novembre : Colette Willy participe, salle Hoche, au gala donné au profit de l’Œuvre d’Alphonse XIII. Au même programme, Caroline Otero et Liane de Pougy.
27 novembre : au Cercle des arts et des sports, Colette reprend La Romanichelle. Cette fois, Missy tient le rôle qu’interprétait Paul Franck à la création.
28-30 novembre : à Marigny, où le théâtre de l’Œuvre a provisoirement élu domicile, elle joue le rôle de Paniska dans Pan de Charles Van Lerberghe. Ses partenaires sont Lugné-Poe et, pour la première fois, Georges Wague.
Vers le 6 décembre : Pan à Bruxelles.
15 décembre : Colette et Missy donnent La Romanichelle au Moulin-Rouge, lors d’une fête organisée par le journal Les Sports.

1907

3 janvier : Première (et dernière) représentation de Rêve d’Egypte, un tableau de la revue du Moulin-Rouge. La pantomime est signée Yssim (pseudonyme transparent de Missy) sur une musique d’Edouard Mathé. La présence d’une Morny sur les planches, le baiser qu’échangent Colette et Missy vont provoquer un énorme scandale. Le préfet de police Lépine interdit alors à Missy de reparaître sur la scène. Le lendemain le titre a changé – Songe d’Orient – et Georges Wague reprend le rôle de Missy, sans que le chahut s’apaise pour autant. Le spectacle est alors définitivement interdit à Paris.
13-16 mars : Rêve d’Égypte au théâtre des Capucines, à Nice.
2 mai-31 juillet : Marigny-Revue, revue en 12 tableau de Jules Oudot, Paul Briollet et Léo Lelièvre.
1er-18 octobre 1907 : première collaboration de Colette avec Sacha Guitry pour Le Crin, comédie en un acte jouée au Tréteau-Royal.
1er-30 novembre : Au théâtre de l’Apollo, 20 rue de Clichy, débuts de Colette Willy dans La Chair – la chair, c’est le sein qu’elle dévoile – qui sera son plus grand succès. Scénario signé Georges Wague et Léon Lambert, musique d’Albert Chantrier. En fait, la pantomime a été créée six mois plus tôt, le 16 juin, au Casino de Paris avec la Belle Imperia dans le rôle de Yulka.

1908

16-19 février : La Chair, au Palais des Beaux-Arts de Monte-Carlo
20-23 février : La Chair, à Nice.
26 mars, jour de la mi-carême : Colette participe, au théâtre des Arts que dirige son ami Robert d’Humières, à la soirée donnée pour fêter la 125e représentation du Grand soir, de Léopold Kampf. Elle fait une entrée triomphale, peu vêtue, portée sur une sorte de palanquin par quatre hommes presque nus.
1er avril-4 mai : Reprise de La Chair, à l’Apollo.
9 mai-2 juin : Au théâtre Parisiana, 27, boulevard Poissonnière, Colette reprend le rôle de Claudine, naguère créé par Polaire, dans Claudine à Paris. Colette a quelque peu modifié l’adaptation de Willy et Luvey (Lugné-Poe et Charles Vayre). Sido à Colette, le 14 mai : « J’ai reçu une carte-portrait de Willy derrière laquelle il me confie combien il est ému de ton interprétation du petit personnage que tu as créé et incarné. »
28-29 août : A Genève, au Casino du parc des Eaux-Vives, Colette joue Son premier voyage, une comédie de Léon Xanrof et Gaston Guérin. Colette à Georges Wague, le 1er septembre: « J’ai touché les deux plus gros cachets de ma vie. »
29 septembre-8 octobre : La Chair, à Bordeaux, au Bouffes Variety Spectacle Hall.
[?] octobre : La Chair, à Royan.
[?] octobre : La Chair, à Vichy.
16-18 octobre : La Chair, à l’Alhambra de Rouen.
[?]-29 novembre : Quinze représentations de Claudine à Paris, à l’Alcazar de Bruxelles.
10-16 décembre : Claudine à Paris à la Scala de Lyon.

1909

9 janvier 1909 : Au théâtre des Arts, Colette danse dans La tour du silence, pièce en trois actes du suédois Gustaf Collijn interprétée par Edouard De Max, Véra Sergine et Lou Tellegen.
22 janvier-4 février : En complément de programme, le théâtre des Arts affiche En camarades, deux actes signés Colette Willy qui interprète le principal rôle féminin.
5 février-1er mars : En camarades poursuit sa carrière à la Comédie-Royale, 25, rue Caumartin. « « Elle n’est pas encore rompue à la discipline du métier d’artiste ; sa voix n’est pas mélodieuse, sa diction n’est pas naturelle ; elle roule les r à la façon des vieux comédiens de l’Ambigu, son allure est contrainte, sa physionomie inexpressive. » (Adolphe Brisson, Le Temps, 15 février 1909).
Jeudi 25 février : Colette participe à une soirée de bienfaisance au théâtre Marigny, au cours de laquelle elle interprète une « danse égyptienne », accompagnée à la flûte et à la harpe.
14 avril-16 mai : Première tournée Baret avec Claudine à Paris. Trente-deux villes en trente-trois jours. Sido à Colette, le 29 mars : « Tu vas bientôt partir pour ta grande tournée, mon pauvre Minet. Je ne vois pas ces déplacements avec plaisir : c’est si fatigant ! » Le 11 avril : « Je suis ravie que Missy parte avec toi et de penser que tu as près de toi quelqu’un qui t’aime pour tout de bon. »

Nevers, 14 avril.
Auxerre, 15 avril. Sido à Colette, le 11 avril : « C’est la représentation à Auxerre à laquelle je voudrais assister ! Ce ne sera pas banal, je crois, mais le voyage est long et coûteux. Je pense que tu feras salle comble ! Peut être irai-je… » .
Belfort, 16 avril : « Si la pièce a été convenablement jouée par tous les acteurs, il faut naturellement mettre hors de pair Mme Colette Willy [qui] nous a charmés par sa spontanéité, sa grâce ingénue, sa voix, dans laquelle résonnaient par instants des accents naïfs et rustiques. » ( Le Haut-Rhin républicain, 25 avril 1909).
Nancy, 17 avril.
Besançon, 18 avril.
Dijon, 19 avril.
Chalon-sur- Saône, 20 avril.
Avignon, 21 avril : « Dans le train qui nous emmène de Chalon-sur Saône à Avignon, je m’endors. Quand je m’éveille, je puis croire, pour un somme de deux heures, avoir vieilli de deux mois… C’est le printemps […] l’exubérant, l’éphémère, l’irrésistible printemps du Midi… »
Marseille, 22 avril.
Toulon, 23 avril.
Nice, 24 avril.
Salon-de-Provence, 25 avril.
Nîmes, 26 avril.
Montpellier, 27 avril.
Toulouse, 28 avril.
Pau, 29 avril.
Bayonne, 30 avril.
Bordeaux, 1er et 2 mai : « Chaleur, fatigue, oh ! fatigue… Trois représentations en deux jours… »
Nantes, 3 mai.
Lorient, 4 mai.
Brest, 5 mai.
Rennes, 6 mai.
Caen, 7 mai.
Cherbourg, 8 mai.
Évreux, 9 mai.
Rouen, 10 mai.
Amiens, 11 mai.
Douai, 12 mai.
Lille, 13 mai.
Liège, 14 mai.
Valenciennes, 15 mai.
Saint-Quentin, 16 mai.

4-7 juin : La Chair, à l’Eldorado-Casino de Marseille.
23 août : Claudine à Paris, au Cercle d’Aix-les-Bains.
24 août : Claudine à Paris à Genève, au Casino du parc des Eaux-Vives.
19-25 octobre : Colette et Georges Wague jouent La Chair au Casino-Kursaal de Lyon. C’est à cette occasion qu’elle fait la connaissance de Maurice Chevalier.
26 octobre : La Chair à l’Éden-Concert de Saint-Étienne.
27 octobre : La Chair à Grenoble.
19 novembre-9 décembre : Colette Willy crée le rôle d’Adèle Glaviault dans C’te pucelle d’Adèle, une acte de Sacha Guitry à l’affiche de la Gaîté-Rochechouart. Sido à Colette, le 5 novembre : « Tu vas jouer une paysannerie dis-tu ? Je crois que tu auras du succès. »
10-21 décembre : La Chair, à la Gaîté-Rochechouart.

1910

4-17 février : La Chair, donnée à Bruxelles pour l’inauguration des Folies-Bergère, rue des Croisades, à deux pas de la place de Brouckère. « La pantomime La Chair […] a été interprétée avec conviction par Colette Willy, Christine Kerf et Georges Wague. » (Le Soir, 6 février)
24 février-28 février : La Chair, au Casino-Kursaal de Grenoble.
1er et 2 mars : La Nuit sicilienne, de Lucien Mayrargue, musique de Willy Redstone. Réglée par Georges Wague, cette pantomime a été créée par Christine Kerf le 9 mai 1909, au théâtre Michel, à Paris.
4-7 mars : La Chair, à l’Eldorado de Nice.
5 avril-4 mai : seconde tournée Baret, avec trente villes. Au programme, trois pièces en un acte : La Bigotte de Jules Renard ; La Cruche ou J’en ai plein le dos de Margot, de Georges Courteline et Pierre Wolff (avec Colette Willy et Jacques Marey) ; La Peur des coups, de Georges Courteline (avec Colette Willy et Auguste Mévisto). C’est Courteline lui-même qui dirige les répétitions : « Ce grand écrivain se double, vous le savez, d’un acteur inimitable, dont les moindres indications, les moindres intonations sont pour nous des traits de lumière. Avec lui, on travaille avec joie, avec fierté, sans effort. Je vous assure qu’en sortant de ses mains, j’aurai du talent ! » (entretien « Colette Willy en tournée » Comœdia, 3 avril 1910)
Sido à Colette, le 4 avril : « Je regarde la liste de ton itinéraire et je suis effrayée du nombre de villes où tu vas jouer et je crains que tu aies entrepris une tâche au-dessus de tes forces mais… heureusement, Missy est là. »

Lille, 5 avril
Amiens, 6 avril
Saint-Quentin, 7 avril
Reims, 8 avril
Nancy, 9 avril
Verdun, 10 avril
Belfort, 11 avril : « Ma chère maman, ne t’inquiète donc pas de ma fatigue ! Succès personnel extrêmement vif, mais La Bigote (pièce de lever de rideau dont je ne suis pas) éloigne, par son titre seul, le public clérical qui est nombreux. Je m’en fiche, je touche un cachet fixe, sans intêret sur la recette. Et c’est une rude leçon pour Baret, l’impresario, qui m’a fait cette crasse de prendre La Bigote au lieu de ma pièce En camarades. »
Besançon, 12 avril
Saint-Étienne, 13 avril
Marseille, 14 avril
Nice, 15 avril
Cannes, 16 avril
Menton, 17 avril
Toulon, 18 avril
Nîmes, 19 avril
Montpellier, 20 avril
Toulouse, 21 avril
Bayonne, 22 avril
Pau, 23 avril
Tarbes, 24 avril
Bordeaux, 25 avril
Nantes, 26 avril
Brest, 27 avril
Rennes, 28 avril
Évreux, 29 avril
Rouen, 30 avril
Dieppe, 1er mai
Cambrai, 2 mai
Arras, 3 mai
Boulogne-sur-mer, 4 mai

14 juillet : La Chair, à Ostende.
21-29 septembre : Au Royal-Kursaal de Dijon, La Chair. Colette à Missy: « Hier en répétant j’ai conduit l’orchestre et ça allait bien. Le soir ça a été un désastre, non seulement pour nous, mais pour tous les numéros du spectacle, et c’était un concert de hurlements et de malédictions dans les coulisses ! Cela s’explique tout simplement : nous avons appris que le chef d’orchestre n’a jamais été chef d’orchestre, il est marchand de vin ! »
4-6 octobre : La Chair, à l’Alcazar-Léon Doux de Marseille.
[ ?] octobre : La Chair, à Biarritz.
9-[ ?] octobre : La Chair, à la Gaîté-Montparnasse, à Paris.
22 octobre : Claudine à Paris, à Nice, au théâtre des Capucines.
6-[ ?] décembre : De nouveau La Chair à la Gaîté-Montparnasse.
9 décembre : Au théâtre de la Renaissance, à 16h30, 5e vendredi de la Parisienne. Colette Willy se produit dans des « danses improvisées ». Au même programme : Cléo de Mérode, Paul Franck, Lucien Rosenberg.
16-18 décembre : La Chair, au Casino-Kursaal de Lyon.
21-23 décembre : Au théâtre des Capucines, à Nice, Claudine à Paris.
24 décembre-4 janvier 1911 : Au théâtre des Capucines, à Nice, Colette interprète la danseuse Daphnis dans Xantho chez les courtisanes, comédie en vers de Jacques Richepin, musique de Xavier Leroux. Colette à Missy : « Ce soir je joue encore Claudine et à minuit ½ on répète Xantho, il faut que je sois là pour la musique, et pour connaître le plan dont je disposerai pour danser (un fond d’assiette à dessert, à peu près ?)

1911

13-20 janvier : La Chair, à l’Etoile-Palace, 41, avenue de Wagram.
14-22 février : À Nice, Colette reprend Xantho chez les courtisanes au théâtre des Capucines. Elle est accompagnée par Auguste Hériot ; ils séjourneront aussi à Beaulieu et à Monte-Carlo.
Mars : A Tunis, Colette joue Claudine à Paris et danse dans Xantho chez les courtisanes.
14-27 avril : La Chair, à la Gaîté-Montparnasse.
Avril ou mai : La Chair, à Marseille.
23-29 juin : La Chair, à l’Apollo-Théâtre de Genève.
30 juin-2 juillet : La Chair, au Kursaal de Lausanne, où Henry de Jouvenel vient la retrouver.
28 août-11 septembre : À Ba-Ta-Clan, 50, boulevard Voltaire, création de Aux Bat. d’Af ., mimodrame de Georges Wague, tiré d’un roman d’Aristide Bruant et Arthur Bernède, musique d’Albert Chantrier. En jupon court et bas noirs, Colette joue le rôle de la Pouliche, danseuse éprise d’un déserteur de la Légion. Colette à Christiane Mendelys : « Ça s’est très bien passé hier soir, malgré l’orchestre indiscipliné, malgré les répétitions insuffisantes, malgré Colette qui remplace une science chorégraphique par la plus aimable fantaisie et un culot qu’elle ne tient pas de sa mère. Quatre rappels, c’est bien pour Ba-Ta-Clan, tu sais, et pour 28 degrés à l’ombre. »
12-18 septembre : À Ba-Ta-Clan, reprise de La Chair.
29-30 septembre : La Chair, aux Folies-Bergère du Havre.
28 octobre-5 novembre : Colette Willy et Paul Franck dans La Romanichelle, à Ba-Ta-Clan.
17-30 novembre : La Chair, à l’Étoile-Palace.
1er-14 décembre : L’Oiseau de nuit, mimodrame de J.M. Alène et Georges Wague, musique d’Albert Chantrier, danses réglées par Cernusco. À la Gaîté-Rochechouart.

1912

8 février : Au Cercle de l’Union artistique, Colette parle du café-concert, et exécute une « danse assyrienne » puis une « danse montmartroise », avec Christine Kerf.
15-28 février : reprise de En camarades, au théâtre Michel.
3 mars : À 14h.30, La Romanichelle, avec Colette Willy et Paul Franck, au Casino-Palais du Soleil à Monaco. Les mêmes, à 20h.30, au Casino municipal de Beausoleil.
6-7 mars : Colette et Paul Franck jouent La Romanichelle à l’Eldorado-Casino de Nice.
29 mars : Au cours d’un spectacle organisé au théâtre Antoine, en matinée, par la Société des dessinateurs humoristes, Colette Willy interprète un extrait de ses Dialogues de bêtes, avec Firmin Gémier (Toby-Chien) Suzanne Després (Kiki-la-Doucette), Colette étant la petite chienne en visite.
4 avril-4 mai : À Ba-Ta-Clan, dans la revue Ça grise, Colette joue un tableau intitulé La Chatte amoureuse, pantomime humoristique réglée par Georges Wague sur une musique de Roger Guttinguer. Dans la même revue figure Musidora.
18 septembre-4 octobre : À Ba-Ta-Clan, reprise de L’Oiseau de nuit.
25-31 octobre : L’Oiseau de nuit, à l’Apollo-Théâtre de Genève.
Novembre : L’Oiseau de nuit, à la Gaîté-Montparnasse. À ce propos, le chansonnier Georgius ( Au lycée PapillonÇa c’est de la bagnole !) a laissé un curieux témoignage (passé en vente publique à Drouot, le 16 mai 2014). A l’époque jeune chanteur, il est sous contrat à la Gaîté lorsque s’y produisent Colette, Wague et Christine Kerf : « Une fille bizarre un peu bohémienne demandait asile un soir d’orage à un couple de paysans. Le mari tombait amoureux de cette sauvageonne. La femme, jalouse, finissait par tuer cet oiseau de malheur. Pour jouer ce personnage, Colette portait une grande robe de volants. Elle virevoltait, tournait tour à tour dans les bras du rustre qu’elle voulait séduire, ou dans ceux de la femme qui désirait la chasser. Colette, pour faire plus vrai, jouait les pieds nus et, ce qui était plus audacieux, ne portait ni culotte ni cache-sexe, si bien que les spectateurs des premiers rangs plongeaient avec curiosité sur son intimité. Dès la première représentation, les artistes et le directeur en firent le sujet de toutes leurs conversations. A cette époque, la Gaîté-Montparnasse gardait la tradition des vieux caf’conc’. Les spectateurs avaient droit à la cerise à l’eau-de-vie, au bock ou au café crème. Les garçons qui évoluaient au milieu des travées pour déposer les consommations sur des petites planches placées devant les clients se disputaient le droit de desservir le premier rang.[…] Et chaque fois qu’ils rentraient à l’office avec leur plateau vide, ils échangeaient invariablement cette réflexion :
— Qu’est-ce que je t’avais dit ? C’est une vraie brune, hein ?
Dès lors, le directeur, fit réserver les premiers fauteuils à ses habitués. Parmi eux un baryton célèbre de l’Opéra Comique. Comme notre directeur lui demandait son impression, le chanteur répliqua :
— Ça me rappelle ce que je chante dans Carmen : « Un oeil noir me regarde… »
Un soir, il s’adressa à Galtier-Boissière :
— Alors, votre avis ?
— Elle a un indéfrisable. »
Décembre : Sept représentation de L’Oiseau de nuit à Marseille.


Les Pantomimes

Le Désir, la Chimère et l’Amour (1906)

Mimodrame de Francis de Croisset (argument) et Jean Nouguès (musique). Colette joue le rôle d’un faune. Argument : « Faune égaré dans un délicieux jardin, situé sur la lisière d’un bois, que fréquentent des couples amoureux, Mme Willy se substitue au dieu de marbre dont la beauté séduit les jeunes femmes. Dans sa rigide immobilité, le Faune reçoit à son tour les hommages et les baisers de tout un monde galant venu pour admirer la statue ; et finalement il parvient à faire la conquête d’une des jeunes filles qu’il entraîne au fond du bois. »

La Romanichelle (1906)

Pantomime de Paul Franck. musique d’Édouard Mathé. Colette est la romanichelle. Argument : Pas de résumé précis, on sait qu’elle apparut « sous la forme charmante, mais inattendue, d’une petite bohémienne capricante et sauvage, à peine vêtue de loques qui laissent voir sa nudité blanche… » (selon Curnonsky).

la romanichelle

Pan (1906)

De Charles Van Lerberghe, musique de Robert Haas, « drame satyrique en trois actes, en prose ». Colette est Paniska. Sujet de la pièce : « Pan est mort », criait une voix sur la mer, selon Plutarque. Non, il n’est pas mort, dit Van Lerberghe ; la preuve en est qu’il entre dans l’humble maison d’un couple dont il va aimer immédiatement la fille, Paniska, qui le lui rendra bien ; ils s’unissent sans être passés devant M. le bourgmestre et M. le curé : les autorités civiles et religieuses sont bafouées. Un printemps anormal et exubérant salue cette union contractée sous les auspices du libre amour. On veut imposer à Pan un concordat aux termes duquel il pourrait rester dans la commune. Il le refuse. Le rideau tombe sur son triomphe.

Rêve d’Égypte (1907)

Pantomime de Missy, musique d’Édouard Mathé. Argument : Dans un intérieur quelconque, un homme en complet marron consulte un vieux livre. Au fond, un sarcophage laisse apercevoir une momie. Celle-ci s’anime et vient mimer une scène d’amour avec l’égyptologue, vers qui elle s’avance, quêtant le baiser qui doit la rendre à la vie. Colette est la momie à laquelle l’égyptologue enlève les bandelettes.

115

La Chair (1908)

Scénario de Georges Wague et Léon Lambert ; musique d’Albert Chantrier. Colette interprète Yulka. Argument : « Yulka vit avec le farouche contrebandier Hokartz qui l’aime de toute la force de son âme sauvage, mais Yulka lui est infidèle de toute la force de sa beauté. Elle reçoit en l’absence d’Hokartz, les visites d’un jeune sous-officier dont elle est amoureuse. Le contrebandier surprend leur rendez-vous, et surgit tout à coup : il désarme et assomme à moitié le séducteur, qu’il jette ensuite dehors. Restés seuls, l’amant exige une explication, il veut savoir. Yulka reste muette ; il la tuerait peut-être si, dans la lutte, son vêtement se déchirant, ne laisse apparaître « la Chair » dont il est sauvagement épris. Yulka fuit, épouvantée, tandis que dans la folie de son désespoir et l’impossibilité de la posséder encore il se tue devant la porte irrévocablement fermée. » – C’est le plus grand succès de Colette ; elle reprend régulièrement, pendant près de cinq ans, le spectacle, à Paris, en province, dans les pays limitrophes (Suisse, Belgique).

Colette interprète une « Danse égyptienne », musique d’Ingelbrecht, dans La Tour du silence, pièce en trois actes du Suédois G. Collijn (1909). Elle est accompagnée à la flûte et à la harpe.
Elle a aussi des scènes dansées dans Xantho chez les courtisanes (1910), comédie en vers de Jacques Richepin, musique de Xavier Leroux.

vie_slide09

Aux Bat. d’Af. (1911)

Mimodrame tiré par G. Wague d’un roman d’Aristide Bruant et Arthur Bernède, musique de Chantrier. Elle joue la Pouliche.

L’Oiseau de nuit (1911)

Mimodrame en un acte de J. Alene et G. Wague, musique de Chantrier, danses réglées par Mme Cernusco. Argument : La scène se passe au Pays basque. Après le fandango qui clôt un jour de fête, une étrange visiteuse s’introduit chez une maison où vivent deux couples, les parents et le ménage du fils ; la nuit, elle veut y introduire un complice, mais elle est surprise par le fils. Pour le réduire au silence elle cherche à l’affoler et y réussit ; il perd la tête et veut la violenter : « Il y a là une scène d’une intensité indescriptible… Mais la quiétude du foyer un instant troublée par la venue de cet oiseau magnifique est rétablie ; l’épouse chasse l’aventurière de la maison si tranquille et si heureuse, où elle avait failli semer le désespoir, la trahison et la mort. »

Elle exécute (1912), lors d’une conférence sur le music-hall, une « Danse assyrienne », puis une « Danse montmartroise ».

177-B

La Chatte amoureuse (1912)

Pantomime humoristique, musique de Roger Guttinguer, dans la revue Ça grise. Argument : Le sculpteur Pygmalion tombe amoureux de sa statue, Galatée. Par un concours de circonstance des plus extraordinaire une chatte se trouve près de la statue quand un magicien lui donne vie ; la chatte prend taille humaine, tout en restant chatte, et tombe amoureuse, comme Galatée, non pas de Pygmalion, mais de son bel esclave, Ganymède. La chatte est jalouse quand elle est amoureuse ; elle tente par tous les moyens de déranger les amants et quand ses efforts se révèlent vains, elle les fait surprendre par Pygamalion. Les dieux viennent au secours de l’amoureux bafoué et envoient la foudre qui remet bon ordre : la statue redevient statue et la chatte retrouve sa taille d’animal…

178-B

Minet-Chéri

"Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son oeuvre, - « chef-d'oeuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d'accord... Je l'étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu'à mon retour, et de ma supériorité d'enfant éveillé sur les autres enfants endormis." (Sido, 1930).

la maison natale

"Grande maison grave, revêche avec sa porte à clochette d'orphelinat, son entrée cochère à gros verrou de geôle ancienne, maison qui ne souriait qu'à son jardin. Son revers, invisible au passant, doré par le soleil, portait manteau de glycine et de bignonier mêlés, lourds à l'armature de fer fatiguée, creusée en son milieu comme un hamac, qui ombrageait une petite terrasse dallée et le seuil du salon... Le reste vaut-il la peine que je le peigne, à l'aide de pauvres mots ? Je n'aiderai personne à contempler ce qui s'attache de splendeur, dans mon souvenir, aux cordons rouges d'une vigne d'automne que ruinait son propre poids, cramponnée, au cours de sa chute, à quelque bras de pin…" (La Maison de Claudine, 1922)

L'Éden perdu

"Ô géraniums, ô digitales... Celles-ci fusant des bois-taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, c'est de votre reflet que ma joue d'enfant reçut un don vermeil. Car "Sido" aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix-de-Malte, des hortensias et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret-alkékenge, encore qu'elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais..." (Sido, 1930).

Sido

"Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouettée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme (…)." (La Naissance du jour, 1928)

Colette-Claudine

"Je m'appelle Claudine, j'habite Montigny ; j'y suis née en 1884 ; probablement je n'y mourrai pas. Mon Manuel de géographie départementale s'exprime ainsi : "Montigny-en-Fresnois, jolie petite ville de 1.950 habitants, construite en amphithéâtre sur la Thaize ; on y admire un tour sarrasine bien conservée..." Moi, ça ne me dit rien du tout, ces descriptions-là !" (Claudine à l'école, 1900)

Colette à l'école

En professionnel de la réclame, Willy organise le lancement et encourage le succès des Claudine par de nombreux produits dérivés (cigarettes, poudres, parfums, pâtisseries...). Colette est elle-même mise contribution et pose sur une série de cartes postales signées Gerschel en écolière aux côtés de Toby et parfois de Willy présenté comme le "père des Claudine"...

colette et Missy

" Quand on a rencontré une amie comme la mienne, on a atteint le bout de sa vie, le bout d'une impasse bienheureuse et fermée, où l'on se couche posée jusqu'à la mort. " (Colette à propos de Missy)

Colette artiste de music-hall

"J'ai devant moi, de l'autre côté du miroir, dans la mystérieuse chambre des reflets, l'image d'"une femme de lettres qui a mal tourné". On dit aussi de moi que "je fais du théâtre", mais on ne m'appelle jamais actrice. pourquoi ? Nuance subtile, refus poli, de la part du public et de mes amis eux-mêmes, de me donner un grade dans cette carrière que j'ai pourtant choisie... Une femme de lettres qui a mal tourné : voilà ce que je dois, pour tous, demeurer, moi qui n'écris plus, moi qui me refuse le plaisir, le luxe d'écrire..." (La Vagabonde, 1910)

Écrire...

"Ecrire ! pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d'une tache d'encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l'orne d'antennes, de pattes, jusqu'à ce qu'il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique,envolé en papillon fée..." (La Vagabonde, 1910)

 

Mère et fille

"Être la fille de... Je dirais, sans prendre l'affaire trop au sérieux, que c'est un fichu métier." (Colette de Jouvenel)

 

L'institut de beauté

En 1932, Colette ouvre, 6 rue de Miromesnil à Paris, un institut de beauté avec pour slogan "Croyez-vous au second métier de l'écrivain ?" : "Voilà qu'à l'âge où d'autres finissent, je prétends recommencer. Mon cas est grave." (Colette)

 

Désapprendre d'écrire

" Désapprendre d'écrire, cela ne doit pas demander beaucoup de temps. Je vais toujours essayer. Je saurai dire : "Je n'y suis pour personne, sauf pour ce myosotis quadrangulaire, pour cette rose en forme de puits d'amour, pour le silence où vient de se taire le bruit d'affouillement que produit la recherche d'un mot. Avant de toucher but, je m'exerce. Je ne sais pas encore quand je réussirai à ne pas écrire ; l'obsession, l'obligation sont vieilles d'un demi-siècle. (...) Un esprit fatigué continue au fond de moi sa recherche de gourmet, veut un mot meilleur, et meilleur que meilleur. " (L'Etoile Vesper, 1947)

 

"J'aime être gourmande"

"Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine." (Prisons et paradis, 1936)

La bonne dame du Palais-Royal

« N’allez pas croire qu’elle ressemblait à la dame tartine et à la sainte nitouche qu’on voulut en faire. Jamais nous ne laverons assez Madame Colette de cette fausse bonhomie dont la légende l’affuble. » (Jean Cocteau)

Regarde !

" Ô découvertes, et toujours découvertes ! Il n'y a qu'à attendre pour que tout s'éclaire. Au lieu d'aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du cœur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c'est moi qui m'éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert. Découvrir qu'il n'y a pas de désert: c'est assez pour que je triomphe de ce qui m'assiège. " (Le Fanal bleu, 1949)

Minet-Chéri

"Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or » ; elle regardait courir et décroître sur la pente son oeuvre, - « chef-d'oeuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ce temps-là ne sont pas toujours d'accord... Je l'étais à cause de mon âge et du lever du jour, à cause des yeux bleus assombris par la verdure, des cheveux blonds qui ne seraient lissés qu'à mon retour, et de ma supériorité d'enfant éveillé sur les autres enfants endormis." (Sido, 1930).

la maison natale

"Grande maison grave, revêche avec sa porte à clochette d'orphelinat, son entrée cochère à gros verrou de geôle ancienne, maison qui ne souriait qu'à son jardin. Son revers, invisible au passant, doré par le soleil, portait manteau de glycine et de bignonier mêlés, lourds à l'armature de fer fatiguée, creusée en son milieu comme un hamac, qui ombrageait une petite terrasse dallée et le seuil du salon... Le reste vaut-il la peine que je le peigne, à l'aide de pauvres mots ? Je n'aiderai personne à contempler ce qui s'attache de splendeur, dans mon souvenir, aux cordons rouges d'une vigne d'automne que ruinait son propre poids, cramponnée, au cours de sa chute, à quelque bras de pin…" (La Maison de Claudine, 1922)

L'Éden perdu

"Ô géraniums, ô digitales... Celles-ci fusant des bois-taillis, ceux-là en rampe allumés au long de la terrasse, c'est de votre reflet que ma joue d'enfant reçut un don vermeil. Car "Sido" aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix-de-Malte, des hortensias et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret-alkékenge, encore qu'elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais..." (Sido, 1930).

Sido

"Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouettée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme (…)." (La Naissance du jour, 1928)

Colette-Claudine

"Je m'appelle Claudine, j'habite Montigny ; j'y suis née en 1884 ; probablement je n'y mourrai pas. Mon Manuel de géographie départementale s'exprime ainsi : "Montigny-en-Fresnois, jolie petite ville de 1.950 habitants, construite en amphithéâtre sur la Thaize ; on y admire un tour sarrasine bien conservée..." Moi, ça ne me dit rien du tout, ces descriptions-là !" (Claudine à l'école, 1900)

Colette à l'école

En professionnel de la réclame, Willy organise le lancement et encourage le succès des Claudine par de nombreux produits dérivés (cigarettes, poudres, parfums, pâtisseries...). Colette est elle-même mise contribution et pose sur une série de cartes postales signées Gerschel en écolière aux côtés de Toby et parfois de Willy présenté comme le "père des Claudine"...

colette et Missy

" Quand on a rencontré une amie comme la mienne, on a atteint le bout de sa vie, le bout d'une impasse bienheureuse et fermée, où l'on se couche posée jusqu'à la mort. " (Colette à propos de Missy)

Colette artiste de music-hall

"J'ai devant moi, de l'autre côté du miroir, dans la mystérieuse chambre des reflets, l'image d'"une femme de lettres qui a mal tourné". On dit aussi de moi que "je fais du théâtre", mais on ne m'appelle jamais actrice. pourquoi ? Nuance subtile, refus poli, de la part du public et de mes amis eux-mêmes, de me donner un grade dans cette carrière que j'ai pourtant choisie... Une femme de lettres qui a mal tourné : voilà ce que je dois, pour tous, demeurer, moi qui n'écris plus, moi qui me refuse le plaisir, le luxe d'écrire..." (La Vagabonde, 1910)

Écrire...

"Ecrire ! pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d'une tache d'encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l'orne d'antennes, de pattes, jusqu'à ce qu'il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique,envolé en papillon fée..." (La Vagabonde, 1910)

 

Mère et fille

"Être la fille de... Je dirais, sans prendre l'affaire trop au sérieux, que c'est un fichu métier." (Colette de Jouvenel)

 

L'institut de beauté

En 1932, Colette ouvre, 6 rue de Miromesnil à Paris, un institut de beauté avec pour slogan "Croyez-vous au second métier de l'écrivain ?" : "Voilà qu'à l'âge où d'autres finissent, je prétends recommencer. Mon cas est grave." (Colette)

 

Désapprendre d'écrire

" Désapprendre d'écrire, cela ne doit pas demander beaucoup de temps. Je vais toujours essayer. Je saurai dire : "Je n'y suis pour personne, sauf pour ce myosotis quadrangulaire, pour cette rose en forme de puits d'amour, pour le silence où vient de se taire le bruit d'affouillement que produit la recherche d'un mot. Avant de toucher but, je m'exerce. Je ne sais pas encore quand je réussirai à ne pas écrire ; l'obsession, l'obligation sont vieilles d'un demi-siècle. (...) Un esprit fatigué continue au fond de moi sa recherche de gourmet, veut un mot meilleur, et meilleur que meilleur. " (L'Etoile Vesper, 1947)

 

"J'aime être gourmande"

"Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine." (Prisons et paradis, 1936)

La bonne dame du Palais-Royal

« N’allez pas croire qu’elle ressemblait à la dame tartine et à la sainte nitouche qu’on voulut en faire. Jamais nous ne laverons assez Madame Colette de cette fausse bonhomie dont la légende l’affuble. » (Jean Cocteau)

Regarde !

" Ô découvertes, et toujours découvertes ! Il n'y a qu'à attendre pour que tout s'éclaire. Au lieu d'aborder des îles, je vogue donc vers ce large où ne parvient que le bruit solitaire du cœur, pareil à celui du ressac. Rien ne dépérit, c'est moi qui m'éloigne, rassurons-nous. Le large, mais non le désert. Découvrir qu'il n'y a pas de désert: c'est assez pour que je triomphe de ce qui m'assiège. " (Le Fanal bleu, 1949)

 

 

Images 2020 03 30t171823 409

____________________________________

Bibliothèque de Colette

_____________________

Telechargement 2020 03 30t165729 300Telechargement 2020 03 30t165812 863Telechargement 2020 03 30t165853 058Telechargement 2020 03 30t165930 186Telechargement 2020 03 30t170012 326Telechargement 2020 03 30t170052 004Telechargement 2020 03 30t170137 759Telechargement 2020 03 30t170227 295Images 2020 03 30t170331 770Images 2020 03 30t170413 985Images 2020 03 30t170456 174Images 2020 03 30t170542 130Images 2020 03 30t170623 579Images 2020 03 30t170706 509Images 2020 03 30t170753 782Images 2020 03 30t170842 904Images 2020 03 30t170932 907Images 2020 03 30t171016 396Images 2020 03 30t171059 342Images 2020 03 30t171147 804Images 2020 03 30t171539 580Images 2020 03 30t171237 556Images 2020 03 30t171334 988Images 2020 03 30t171441 602

Images 2020 03 30t171710 739

________________________________________________________

Oeuvre choisie

dans la Bibliothèque

________________________

 

L'ingénue libertine par Colette

LIRE UN EXTRAIT
Éditeur :

 LE LIVRE DE POCHE 

(01/01/1978)

--------------------

Des yeux noirs superbes, des cheveux si blonds qu'ils paraissent argentés, élancée, Minne est une ravissante personne adorée par sa maman.

Elle suit les cours des demoiselles Souhait pour y rencontrer des jeunes filles bien élevées et s'y instruire à l'occasion... Tout a été arrangé pour que Minne ait une vie des plus douillettes. Mais Minne rêve d'autre chose, elle veut connaître ce qu'elle appelle l'Aventure.

Mariée, déçue, humiliée mais maintenant renseignée et ayant compris que l'Aventure, c'est l'Amour, Minne va alors chercher avec détermination l'homme qui lui donnera ce bonheur merveilleux dont toutes les femmes qu'elle connaît parlent et tous les livres aussi.

Minne, mi-ange, mi-démon

Minne, une charmante jeune fille, côtoie régulièrement son cousin Antoine, lycéen boutonneux, amoureux en secret de la jeune fille mais dédaigné par elle. Il faut dire que sous son apparence d’enfant sage, Minne rêve surtout de l’étreinte des bras virils des mauvais garçons dont elle peut lire les exploits dans la presse, et en particulier d’un chef de bande appelé « Le Frisé ». Lassée de sa vie routinière, elle songe de plus en plus à s’échapper de la demeure où elle vit avec sa mère pour essayer de le retrouver dans les bas quartiers de la ville.

La prose de Colette est une sorte de gazouillis enchanteur, mélodieux ; l’oiseau qui en est à l’origine est Minne, qui apparaît tout d’abord comme une « petite fille modèle », laissant attendre tout d’abord une lecture gentillette et assagie. Minne s’avère en fait aussi virevoltante que capricieuse, aussi inconstante que cruelle.

Celui qui en fait les frais est Antoine, son cousin. De chicaneries en disputes, d’attirances en rejets entre les deux êtres, le récit prend alors du relief et s’empare de la question du désir, violent, fantasmé, inassouvi, thématique qui est à nouveau au cœur du sujet de la seconde partie. On y voit en effet, quelques années plus tard, Minne, marié à Antoine, et le trompant sans scrupule et sans vergogne, recherchant le plaisir physique auprès d’hommes aux beaux atours dont aucun ne la comble pourtant.

L’ingénue libertine fera partie pour moi de ces romans très éloignés de l’idée que je m’en faisais d’eux, c’est-à-dire une image plutôt bucolique. Bien sûr dans l’écriture de Colette cette dimension-là est très présente : la poésie de la nature, les petites choses du quotidien, les sentiments, évoquées avec une grande délicatesse.

Mais cette tendresse, cette frivolité parfois, mélangée à une ambiance de vaudeville qui baigne la deuxième partie du livre, côtoie l’Amour triste, les sentiments mélancoliques, l’ennui de la routine. Ce décalage, très homogène pourtant, offre beaucoup de personnalité à l’ensemble. L’ingénue libertine m’a ainsi, à vrai dire, parfois décontenancé mais surtout m’a beaucoup plu, servi par un style enlevé et par cet étonnant contraste.

Le personnage de Minne, mi-ange, mi-démon, à la fois libérée et asservie par le désir des hommes et le sien propre, domine les deux récits qui constituent le livre et est une figure pour laquelle il est difficile de rester indifférent.

 

_________

 

____________

 

____________

 

_____________________________________________________

Ouevres

______________

 

________________

 

__________

 

___________

 

_________

 

__________

 

___________

 

____________

 

__________

_______

___________

____________

_____________________________________________________________

Oeuvres

_____________

_________________

______________

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 

Le magazine Boudoir littéraire

est consacré aux jeunes auteurs indépendants

Je vous ferez découvrir leurs actualités,leurs romans

Telechargement 35

Vous êtes auteurs indépendants;

vous voulez vous faire connaître

contactez moi

__________________________

Les écrivains bientôt dans le Magazine