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Marie-Eve Munger : Maestrino Mozart
Voilà un nouvel album-récital, après ceux d’Elsa Dreisig, Marina Rebeka, Jodie Devos, Lisette Oropesa, Nadine Sierra, Regula Mühlemann, Sabine Devieilhe, Jeanine De Bique, Rachel Willis-Sørensen, bientôt Julie Fuchs, sans parler de celles qui sont passées sous nos radars… Sans parler non plus des mezzos (Marina Viotti !), ni des voix d’hommes, on n’en finirait pas.Par Charles Sigel
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le Conte du Jour

Bonjour
Nous sommes le 1er Fevrier
Confidences litteraires

Aujourd'hui 13 Mai

"Sur les étangs de ma province natale, les eaux baissant, août précurseur tendait une pellicule d'étain. Quand une couleuvre, longue et vigoureuse, traversait l'étang, ses petites narines au ras de l'eau, accompagnée de son sillage triangulaire, j'hésitais, enfant, à me baigner. Tant de vie secrète montait en cercles, en moires, en bulles, des vases hantées, tant de sources fusaient, de tiges tubulaires bougeaient vaguement... Pourtant la rainette, verte sur son radeau vert, pourtant la libellule brutale, et sans doute myope, me tentaient.
Même un enfant ne peut répondre à tout. Mais ses antennes frémissent au moindre appel, et à tout il préfère ce qui est fermé, brumeux, innommé, imposant.
(Journal à rebours) Image : Camille Corot - Étang au batelier (effet du soir) - 1862
À Monsieur Victor Hugo.
Vous qui, par le privilége des Raphaël et des Pitt, étiez déjà grand poète à l’âge où les hommes sont encore si petits, vous avez, comme Chateaubriand, comme tous les vrais talents, lutté contre les envieux embusqués derrière les colonnes, ou tapis dans les souterrains du Journal. Aussi désiré-je que votre nom victorieux aide à la victoire de cette œuvre que je vous dédie, et qui, selon certaines personnes, serait un acte de courage autant qu’une histoire pleine de vérité. Les journalistes n’eussent-ils donc pas appartenu, comme les marquis, les financiers, les médecins et les procureurs, à Molière et à son Théâtre ? Pourquoi donc la Comédie Humaine, qui castigat ridendo mores, excepterait-elle une puissance, quand la Presse parisienne n’en excepte aucune ? Je suis heureux, monsieur, de pouvoir me dire ainsi.Votre sincère admirateur et ami,de Balzac.
Illusions perdues : dédicace à Victor Hugo de Honoré de Balzac.

"Puisque la haine, la sottise, le délire ont des effets durables, je ne voyais pas pourquoi la lucidité, la justice, la bienveillance n'auraient pas les leurs."

"Je pensais tout le temps à Albertine, et jamais Françoise en entrant dans ma chambre ne me disait assez vite : « Il n’y a pas de lettres », pour abréger l’angoisse. Mais de temps en temps je parvenais, en faisant passer tel ou tel courant d’idées au travers de mon chagrin, à renouveler, à aérer un peu l’atmosphère viciée de mon cœur ; mais le soir, si je parvenais à m’endormir, alors c’était comme si le souvenir d’Albertine avait été le médicament qui m’avait procuré le sommeil, et dont l’influence en cessant m’éveillerait. Je pensais tout le temps à Albertine en dormant. C’était un sommeil spécial à elle, qu’elle me donnait et où, du reste, je n’aurais plus été libre comme pendant la veille de penser à autre chose. Le sommeil, son souvenir, c’étaient les deux substances mêlées qu’on nous fait prendre à la fois pour dormir. Réveillé, du reste, ma souffrance allait en augmentant chaque jour au lieu de diminuer, non que l’oubli n’accomplît son œuvre, mais, là même, il favorisait l’idéalisation de l’image regrettée et par là l’assimilation de ma souffrance initiale à d’autres souffrances analogues qui la renforçaient. Encore cette image était-elle supportable. Mais si tout d’un coup je pensais à sa chambre, à sa chambre où le lit restait vide, à son piano, à son automobile, je perdais toute force, je fermais les yeux, j’inclinais ma tête sur l’épaule comme ceux qui vont défaillir. Le bruit des portes me faisait presque aussi mal parce que ce n’était pas elle qui les ouvrait."

Albertine disparue de Marcel Proust.
"En réduisant les femmes à l’esclavage pour se les conserver chastes et fidèles, les hommes se sont étrangement trompés. Nulle vertu ne demande plus de force que la chasteté, et l’esclavage énerve. Les hommes le savent si bien qu’ils ne croient à la force d’aucune femme. Je n’ai pu vivre parmi eux, vous le savez, sans être soupçonnée et calomniée, de préférence à toute autre. Je ne pourrais me placer sous la protection de votre amitié fraternelle sans que la calomnie dénaturât la nature de nos relations. Je suis lasse de lutter en public et de supporter les outrages à visage découvert. La pitié m’offenserait plus encore que l’aversion ; c’est pourquoi je ne chercherai jamais à me faire connaître, et je boirai mon calice dans le secret de mes nuits mélancoliques. Il est temps que je me repose, et que je cherche Dieu dans ses mystiques sanctuaires pour lui demander s’il n’a fait pour les femmes rien de plus que les hommes."

«
Auteurs classiques Extraits

Aujourd'hui 13 Mai
VERSIFICATION DE LA RECHERCHE. "Combray II". Paragraphe 174
Un petit paragraphe de transition, tout à fait anecdotique et apparemment anodin, et cependant essentiel en ce qu'il permet de passer du toponyme à l'anthroponyme. Le constat que la promenade du côté de Guermantes n'aboutissait jamais, que la ville de Guermantes restait ainsi irrémédiablement inaccessible, ouvrait alors sur une désillusion et un désarroi profonds du héros quant à son talent de futur écrivain. Et, ô miracle, le toponyme devint anthroponyme : la ville devient duchesse, et Guermantes devient dès lors mobile. Et, ô miracle², la duchesse vient à Combray !! À défaut donc de pouvoir aller jusqu'à Guermantes, Guermantes viendra jusqu'à nous. Et la mère, comme dans l'épisode de la madeleine, joue un rôle essentiel.
Bal costumé de la princesse de Léon, 26 mai 1891? Quelques-uns des hôtes illustres de la princesse immortalisés dans l'atelier Nadar au lendemain de la réception.
Le texte originel :
"Un jour ma mère me dit : « Puisque tu parles toujours de Mme de Guermantes, comme le docteur Percepied l’a très bien soignée il y a quatre ans, elle doit venir à Combray pour assister au mariage de sa fille. Tu pourras l’apercevoir à la cérémonie. » C’était du reste par le docteur Percepied que j’avais le plus entendu parler de Mme de Guermantes, et il nous avait même montré le numéro d’une revue illustrée où elle était représentée dans le costume qu’elle portait à un bal travesti chez la princesse de Léon."
Versifié :
"Si tu tiens tant à voir Madame de Guermantes,
La duchesse au château dont chaque jour tu chantes
Les charmes surannés, le docteur Percepied,
Qui l’aurait, m’a-t-on dit, jadis très bien soignée,
Et dont la fille doit très bientôt se marier,
Aura l’insigne honneur de pouvoir se flatter
De sa présence rare et pour l’union bénie.
Tu pourras l’admirer à la cérémonie.
Me dit ma mère un jour. Mais faut-il qu’il te sied."
C’était du reste grâce au docteur Percepied
Que j’avais si souvent entendu, envoûtantes,
Les syllabes du nom : Madame de Guermantes.
Et c’était lui aussi qui nous avait montré
Dans un hebdomadaire un encart illustré
Où elle était vêtue d’un grand chapeau serti
De plumes de paon bleu lors du bal travesti
Donné par la princesse Herminie de Léon.
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Annuaire des Maisons d'ecrivains

Aujourd'hui 13 Mai
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La Une des Maisons littéraires

Aujourd'hui 13 Mai
Voici quelques actualités récentes concernant les maisons d'écrivains
Ainsi se termine la mise à jour des informations |
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La Plume de Camus
Aujourd'hui 13 Mai
l'Etranger
Le soir, Marie est venue me chercher et m’a demandé si je voulais me marier avec elle. J’ai dit que cela m’était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l’aimais. J’ai répondu comme je l’avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l’aimais pas. « Pourquoi m’épouser alors? » a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n’avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D’ailleurs, c’était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J’ai répondu : « Non ». Elle s’est tue un moment et elle m’a regardé en silence. Puis elle a parlé. Elle voulait simplement savoir si j’aurais accepté la même proposition venant d’une autre femme, à qui je serais attaché de la même façon. J’ai dit: « Naturellement. »
Elle s’est demandé alors si elle m’aimait et moi, je ne pouvais rien savoir sur ce point.
Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j’étais bizarre, qu’elle m’aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons. Comme je me taisais, n’ayant rien à ajouter, elle m’a pris le bras en souriant et elle a déclaré qu’elle voulait se marier avec moi. J’ai répondu que nous le ferions dès qu’elle le voudrait. Je lui ai parlé alors de la proposition du patron et Marie m’a dit qu’elle aimerait connaître Paris. Je lui ai appris que j’y avais vécu dans un temps et elle m’a demandé comment c’était. Je lui ai dit: « C’est sale. Il y a des pigeons et des cours noires. Les gens ont la peau blanche. »
Puis nous avons marché et traversé la ville par ses grandes rues. Les femmes étaient belles et j’ai demandé à Marie si elle le remarquait. Elle m’a dit que oui et qu’elle me comprenait. Pendant un moment, nous n’avons plus parlé. Je voulais cependant qu’elle reste avec moi et je lui ai dit que nous pouvions dîner ensemble chez Céleste. Elle en avait bien envie, mais elle avait à faire. Nous étions près de chez moi et je lui ai dit au revoir. Elle m’a regardé: « Tu ne veux pas savoir ce que j’ai à faire? » Je voulais bien le savoir, mais je n’y avais pas pensé et c’est ce qu’elle avait l’air de me reprocher. Alors, devant mon air empêtré, elle a encore ri et elle a eu vers moi un mouvement de tout le corps pour me tendre sa bouche.
Extrait de "L'étranger" d'Albert Camus.
La Plume de Proust
la Plume de Colette
Aujourd'hui 29 Avril
(Colette, "La Naissance du jour", 1928)
« Imaginez-vous, à me lire, que je fais mon portrait ? Patience : c’est seulement mon modèle. »
(La naissance du jour).
Au cours des heures où je me sens inférieure à tout ce qui m’entoure, menacée par ma propre médiocrité, effrayée de découvrir qu’un muscle perd sa vigueur, un désir sa force, une douleur la trempe affilée de son tranchant, je puis pourtant me redresser et me dire : « [...] Je suis la fille d’une femme qui, dans un petit pays honteux, avare et resserré, ouvrit sa maison villageoise aux chats errants, aux chemineaux et aux servantes enceintes. Je suis la fille d’une femme qui, vingt fois désespérée de manquer d’argent pour autrui, courut sous la neige fouettée de vent crier de porte en porte, chez des riches, qu’un enfant, près d’un âtre indigent, venait de naître sans langes, nu sur de défaillantes mains nues… Puissé-je n’oublier jamais que je suis la fille d’une telle femme qui penchait, tremblante, toutes ses rides éblouies entre les sabres d’un cactus sur une promesse de fleur, une telle femme qui ne cessa elle-même d’éclore, infatigablement, pendant trois quarts de siècle…»
Au bout de la Plume ... un auteur

Bonjour et Bienvenue
Dans cette rubrique nous vous présenterons des Plumes célébres,des oeuvres et des extraits
la Plume du jour

Aujourd'hui 5 Mars
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Marcel Proust |
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A la Une de la littérature classique
Littéraire classique
Nous vous invito,ns à suivre l’actualité vivante de la littérature classique : rééditions rares, manuscrits exhumés, hommages aux auteurs intemporels, ou adaptations modernes qui redonnent voix aux chefs-d’œuvre oubliés. Ici, chaque jour est une occasion de redécouvrir la beauté des mots anciens et leur résonance dans notre monde contemporain. Bienvenue dans le salon des lettres éternelles.
Aujourd'hui 22 Août
Rubrique Littérature Classique
Le Boudoir Littéraire la Plume et l'encrier
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Françoise Sagan ( 21 juin 1935 - 24 septembre 2004). A l’âge de 18 ans, en 1954, son premier roman, Bonjour tristesse, est publié...Un certain sourire, Aimez-vous Brahms, Château en Suède, La Chamade, Des bleus à l'âme, Avec mon meilleur souvenir...
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Regard sur le chef d'Oeuvre du jour
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Focus sur Une Oeuvre
Santa Barbara une grisaille à huile
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sur panneau de bois de chêne fabriquée en 1437 par le peintre flamand
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conservée au Koninklijk Museum voor Schone Kunsten ("Musée royal des beaux-arts") à Anvers, en Belgique. C'est le plus vieux tableau inachevé trouvé entre la Belgique et les Pays-Bas. Via Power of Arts |
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Quand Van Eyck inventait la réalité virtuelle
À l’aide de l’informatique, un chercheur est parvenu à élucider la technique de la perspective du peintre flamand Van Eyck, alors qu’elle était jusqu’ici considérée comme l’apanage des artistes italiens de la Renaissance.Enquête










































Petit retour en images de notre participation à la 







